Écouter et croire nos enfants

Écouter et croire nos enfants
Prévention
  • De la petite enfance à l’entrée dans l’âge adulte, le Département veille sur les enfants.
  • Prévention, repérage systématique, éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité, il fait de la protection de l’enfance une priorité.

Au moment où vous lisez ces lignes, des enfants sont en danger. En France, chaque semaine un·e enfant meurt sous les coups de ses parents. Et toutes les trois minutes, un·e enfant est victime de violences sexuelles.

« Le problème principal (qui n’est pas seulement un problème judiciaire) c’est que la société ne prend pas suffisamment au sérieux la parole des enfants qui révèlent des violences… comme si ça n’était jamais le bon moment pour révéler les violences que l’on subit. » regrette le juge des enfants Édouard Durand. Alors en poste au tribunal de Bobigny, le magistrat travaillait avec l’Observatoire départemental des violences faites aux femmes de Seine-Saint-Denis pour que les enfants soient reconnu·es co-victimes des violences conjugales.

Le Département s’engage pour la sécurité des enfants, à tous les niveaux possibles. Avec la campagne « Ça va mal, dis-le », il veut sensibiliser l’ensemble des professionnel·les qui travaillent avec les enfants au repérage systématique. Que ces enfants aillent à la crèche, à l’école, fréquentent l’hôpital, la PMI, pratiquent un sport, que tous les enfants soient entendu·es et cru·es. Également engagée, la Cellule de recueil des informations préoccupantes (Crip), qui traite toutes les alertes, tous les appels au 119 (lire notre reportage). 

Prévenir dès le plus jeune âge

Le Département réalise chaque année des bilans de santé dans les écoles maternelles (consultation vue, ouïe, motricité…). C’est là que des infirmières puéricultrices, des auxiliaires de puériculture de PMI, vérifiant l’état de santé et le développement de tous les enfants âgé·es de 3-4 ans, peuvent aussi déceler d’éventuelles violences vécues par les enfants.

Le Département permet aux collégien·nes d’avoir accès à une Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et à la Sexualité (Evars). L’an dernier, des élèves du collège Pablo-Neruda à Pierrefitte ont créé une revue sur ces questions encore taboues avec l’association Citoyenneté Jeunesse et la journaliste Louise Bartlett. De nombreux articles portaient sur le consentement, sur le type de relations qui permettent de « dire oui ou non, que ce soit en famille, entre ami·es, ou avec son amoureux·se. Au début, ils et elles étaient plutôt réticent·es à parler du projet à leur entourage. Maintenant, au contraire, ils et elles en sont très fier·es » explique la journaliste. 

Des lieux à l’écoute

Il y a 20 ans, à Rosny-Sous-Bois, dans le Centre commercial Rosny 2, le Département créait Tête à Tête pour informer les 13-25 ans. Un lieu sans jugement, ni sujet tabou qui permet aux jeunes de parler santé, relations, sexualité ou difficultés personnelles. La Seine-Saint-Denis a depuis multiplié les lieux d’écoute puisqu’elle étend les compétences de ses PMI à la santé sexuelle pour les plus de 16 ans. Elle soutient aussi de nombreuses associations où la parole est libre. Comme Etap’ados à Pantin, un lieu où on peut être écouté·e de jour comme de nuit. Pour pouvoir protéger les enfants, le Département outille davantage ses professionnel·les de l’enfance pour qu’ils et elles repèrent mieux les signes de violences. L’objectif : mieux accueillir la parole d’un·e enfant.

FLORA AUTEFAGE DIRECTION DE L’AIDE SOCIALE À L’ENFANCE
« Nous formons nos professionnel·les de terrain, organisons des groupes de travail avec des assistantes familiales, avec toujours ce message-là : écouter et croire les jeunes. Nos équipes viennent ensuite affiner cette parole et cette analyse des besoins. Écouter et croire, c'est le cœur de la politique de protection de l'enfance. »
FLORA AUTEFAGE DIRECTION DE L’AIDE SOCIALE À L’ENFANCE
ÉDOUARD DURAND  JUGE DES ENFANTS ET EX-PRÉSIDENT DE LA CIIVISE (COMMISSION INDÉPENDANTE SUR L’INCESTE ET LES VIOLENCES SEXUELLES FAITES AUX ENFANTS)
« Parce que l'agresseur impose le silence à l'enfant victime, il faut que les professionnel·les qui travaillent avec des enfants pratiquent le repérage par le
questionnement systématique.»
ÉDOUARD DURAND JUGE DES ENFANTS ET EX-PRÉSIDENT DE LA CIIVISE (COMMISSION INDÉPENDANTE SUR L’INCESTE ET LES VIOLENCES SEXUELLES FAITES AUX ENFANTS)
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