Un podcast sur la vraie vie des champion·nes

Un podcast sur la vraie vie des champion·nes
Média sportif
  • La Montreuilloise Diane Von Kerssenbrock et Camille Nabeth, escrimeuses en équipe de France, ont lancé le podcast "Sous pression" sur la vie des sportif·ves de haut niveau.
  • Les deux amies interviewent souvent à domicile et dans une ambiance détendue des athlètes olympiques, un arbitre, un préparateur mental...
  • Rencontre avec celles qui mènent de front entraînements, compétitions, carrières dans des groupes internationaux.

Vous êtes bardées de médailles nationales et internationales (championnes de France, bronze en Coupe du monde en 2026…). A quoi ressemble la journée de deux athlètes comme vous ? 

Diane : On essaie de concilier notre passion pour notre sport et nos activités à savoir mon travail d’auditrice dans un groupe de conseil et celui de chargée de marketing pour Camille. Nous avons la chance d’avoir des contrats aménagés nous permettant de travailler à mi-temps en étant payées. On s’entraîne à l’INSEP une à deux fois par jour, soit une vingtaine d’heures par semaine, en répétant avec l’entraîneur des gammes techniques en épée, des déplacements, de la muscu, de la préparation mentale… Ceci donne des journées denses, où l’on passe très vite du monde de l’entreprise à celui du haut-niveau mais qui s’emboîtent bien si tout le monde joue le jeu. On est dans un système d’ultra-performance, nécessitant une bonne planification en amont pour mener de front tous nos projets. Nous sommes portées par l’engouement de nos collègues ou de notre entourage avec qui on partage beaucoup sur nos grands rendez-vous sportifs.

Pourquoi avoir lancé ce podcast baptisé « Sous pression » sur la vie des champions des sportif·ves de haut  niveau ? 

Camille : On se connaît avec Diane depuis qu’on a 15 ans. Assez tôt, nous avons commencé à faire des compétitions et on a été repérées par l’INSEP où on s’est entraînées et où on est devenu amies. Là, il nous a fallu un peu de temps pour comprendre qu’il fallait vraiment cravacher, être hyper engagées physiquement, mentalement pour avoir des résultats et relever plus tard les challenges d’être championnes de France ou d’Europe. Nous nous entendons très bien ensemble et on voulait partager notre expérience d’athlètes de haut niveau, en sortant un peu de l’aspect ultra-sérieux des créations audiovisuelles existant sur cet univers. L’objectif aussi était de faire découvrir d’autres sports olympiques à nos auditeurs dans une ambiance décontractée, déconstruire les clichés sur le sport international comme l’idée que notre hygiène de vie est absolument impeccable ou qu’une rivalité féroce règnerait entre tous les athlètes internationaux.

Quels sportifs avez-vous interviewés ? 

L’épéiste Paul Allègre est interrogé par ses deux amies escrimeuses.

Camille : On a commencé par l’escrimeur Paul Allègre, un de nos supers potes. Puis on a employé notre réseau pour contacter d’autres athlètes : le plongeur olympique Benjamin Auffret qui s’est entraîné à la piscine de Montreuil, la trampoliniste Léa Labrousse, le pentathlète Jean-Baptiste Mourcia qui fait partie du Top 15 mondial, l’ex championne du monde cycliste (500 mètres) Marie-Divine Kouamé…
Nombre d’entre eux ont participé aux Jeux olympiques de Paris : Paul a atteint la 4ème place par équipe, Jean-Baptiste Mourcia a atteint la 7ème place en finale, Marie-Divine a été éliminée en 16ème de finale, Benjamin Auffret qui était consultant pour France Télévisions a commenté les épreuves de plongeon au Centre aquatique olympique à Saint-Denis…
On essaie de diversifier les profils avec aussi un podcast d’un arbitre international ou d’un préparateur mental que nous sommes en train de monter.

Que vous confient-ils sur la vraie vie des champions olympiens ou de niveau international ? 

Diane : Certaines rencontres se sont faites chez Camille dans une ambiance amicale, autour d’une bière « Sous pression », en hommage au nom de notre podcast. Ils étaient cash sur leur performance, le côté ultra-chronophage des entraînements, l’imprévisibilité des compétitions de haut-niveau où la victoire ou la défaite se jouent souvent sur un fil… Les discussions sont très libres et on aborde tous les sujets sans tabou dans une ambiance bienveillante avec par à-coups des questions rigolotes et en oubliant presque le micro. Les athlètes nous racontent les bons mais aussi les mauvais côtés du top-niveau. La trampoliniste Léa Labrousse nous a ainsi confié ne prendre quasiment jamais de vacances car la saison est dense et elle a trop de mal à reprendre et maintenir ses performances. De même, le plongeur Benjamin Auffret a confessé la peur qu’il ressent en se lançant à 10 mètres au dessus-de l’eau, les risques de traumatismes crâniens, les blessures récurrentes qui ont engendré chez lui des troubles de l’équilibre. Mais le sport de haut-niveau, c’est aussi de belles histoires d’amitié avec des athlètes qui se retrouvent lors des rendez-vous internationaux et qui savent oublier la concurrence, avec par exemple les escrimeuses italiennes avec qui on fait la fête après les grandes compétitions.

Quel jugement portez-vous sur l’impact des Jeux de Paris 2024 en Seine-Saint-Denis ? 

Camille : D’abord, on l’a vécu indirectement. J’étais remplaçante de l’équipe de France féminine d’épée, qui a atteint la finale mais on s’est incliné face à l’Italie après une fin de match particulièrement serrée. En individuel, on a quand même récolté deux médailles d’argent pour les garçons et l’argent pour Auriane Mallo-Breton, ce qui était de très beaux moments pour nous. Les Jeux de Paris ont eu des retombées phénoménales sur la Seine-Saint-Denis avec la construction du Village des athlètes, le centre aquatique olympique à Saint-Denis, le PRISME à Bobigny, les rénovations de gymnases comme à la Grande Nef de l’Île des Vannes à l’Île-Saint-Denis… Il y a eu je crois aussi de nouvelles passerelles, des aménagements en terme de transport… Les Jeux ont aussi laissé un autre héritage plus immatériel en créant des passions, des  histoires de vie et en faisant aimer le sport à tout le monde… Par exemple, il y a de bons clubs d’escrime dans le département, comme le FLAM de Montreuil, le cercle d’escrime Jean-Moret à Livry-Gargan, l’AS Bondy escrime, l’AC Bobigny escrime qui s’illustre régulièrement. Pas mal de compétitions nationales sont organisées en Seine-Saint-Denis. Il faut se rappeler que les athlètes internationaux ont tous commencé dans des clubs locaux qui n’étaient pas destinés au haut niveau mais qui nous ont donné la passion du sport et le goût de la compétition. Donc, on profite de l’occasion pour leur rendre hommage comme l’ont fait une grande partie des sportifs et professionnels du sport qui se sont emparés de nos micros pour participer à notre podcast.

Le podcast de Camille Nabeth et Diane Von Kerssenbrock est disponible sur podcasts.apple.com, ou sur Spotify, Deezer, You Tube Music…

Diane Von Kerssenbrock a participé avec l’équipe de France aux Championnats du monde d’escrime fin juillet à Hong Kong. Les épéistes ont atteint les quarts de finale avant de s’incliner face aux Estoniennes.

Crédit-photo : Diane Von Kerssenbrock

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