Une exposition pour habiter le temps
- Demeure, la prochaine exposition de Poush* est une 1ère en France.
- Venez découvrir au cimetière parisien de Pantin les œuvres d’artistes contemporain·es, renommé·es ou émergent·es, dès le 30 mai.
« Dans le silence étendu du cimetière, l’art s’avance à pas feutrés » rassurent Ines Massonie et Patrice Chazottes, commissaires de cette exposition. Plasticien·nes et photographes ont pensé les œuvres pour qu’elles s’intègrent dans cet environnement de pierre, de terre et de lumière, qu’au fil des saisons elles se fondent dans la végétation, légères comme un drap qui sèche au vent… Dans leurs ateliers de la rue du Sucre et du Sel à Aubervilliers, où Poush vient de s’installer, chacun·e y travaille.
Valentine Prissette connaît bien ce cimetière pour l’avoir souvent traversé. « Il est quadrillé avec plein d’allées. L’exposition va avoir lieu dans l’une d’elles, longue d’1 km, parallèle à l’allée principale, mais un peu cachée, enfouie dans la nature. Ce que je trouve assez beau. » Celle qui aime à la fois suspendre les draps de nos grands-mères à des tringles pour en faire des installations et décortiquer les couronnes mortuaires est heureuse d’exposer en plein air, en pleine nature.
Max Fouchy imagine un « gardien de cimetière ». Une pierre sertie de globes oculaires « comme si la nature nous observait très discrètement ». Ce cerbère aux yeux surréalistes s’installera dans une stèle comme « s’il veillait sur ce paysage depuis très longtemps ». L’artiste a aussi taillé, poncé des doigts aux ongles vernis à partir de bois flotté. « J’aimerai les installer dans des arbres, entremêlés de lierre. Et pour alléger le propos de réincarnation, amener un peu de couleurs avec du nail art. »
L’artiste Éric Stéphany a rapporté des garde-corps d’Athènes métalliques rouillés qu’il assemble comme le plongeoir de la Tombe du plongeur de Paestum. « Le plongeon était chez les Grecs un rituel de passage de l’adolescence à l’âge adulte. Cette fresque du Ve siècle avant J-C représente une métaphore du passage de la vie à la mort. » Son Ode à la jeunesse culmine à près de trois mètres, mais sa taille de guêpe (guère plus de 2 cm) lui garantit de se fondre dans la végétation.
*Poush regroupe un centre d’art et des ateliers de travail pour 270 artistes de plus de 30 nationalités.
Informations pratiques :
Demeure, au cimetière parisien de Pantin, allée des Sophoras,
Du 30 mai au 15 novembre, gratuit.
Parcours artistique sur 1 km avec une vingtaine d’artistes dont Gaëlle Choisne, prix Marcel- Duchamp 2025, Bianca Biondi finaliste du prix Marcel-Duchamp 2024, Luca Resta chez Yvon Lambert, Laurent Grosso chez Perrotin, Isabelle Boccon-Gibod, Alice Anderson, Thibault Lucas, Andy Warhol…