La Saison Méditerranée, c’est aussi en Seine-Saint-Denis

La Saison Méditerranée, c’est aussi en Seine-Saint-Denis
Culture
  • La Saison Méditerranée est un événement culturel qui va se dérouler partout en France au cours des 6 prochains mois.
  • La Seine-Saint-Denis a choisi de prendre part à cette manifestation, en portant une dizaine d’événements célébrant les héritages et influences culturelles de tout le bassin méditerranéen.
  • Une semaine spéciale Méditerranée est notamment prévue au parc départemental Georges-Valbon de La Courneuve, du 22 au 26 juillet prochains.

« La Seine-Saint-Denis n’est peut-être pas près de la mer Méditerranée, mais ses 135 nationalités, dont une bonne partie issues du bassin méditerranéen, nous en rapproche. » Stéphane Troussel, président de la Seine-Saint-Denis, a lancé jeudi 21 mai la Saison Méditerranée dans ce département multiculturel. La Saison Méditerranée, c’est un hommage aux cultures de tout le bassin méditerranéen qui sera porté au cours des 6 prochains mois par l’Institut français, et dans lequel s’inscrit donc aussi le 93.

Msemens et huile d’olive

Des dizaines d’événements célébrant les musiques, films, livres et arts de la table de cette région très fertile mais aussi traversée par les drames (voir encadré) seront présentés en Seine-Saint-Denis à l’initiative de plusieurs institutions culturelles. Villes des Musiques du Monde, association basée à Aubervilliers, a ainsi choisi la transmission, en invitant plus d’une centaine d’enfants de Seine-Saint-Denis et de Marseille à chanter ensemble le répertoire de la compagnie Rassegna qui célèbre le patrimoine méditerranéen en arabe, espagnol, italien, corse ou turc…

Les Renault 12 de Mohamed El Khatib

La semaine du 22 au 26 juillet sera particulièrement riche en événements. Dans cette semaine spéciale Méditerranée, le parc Georges-Valbon à La Courneuve accueillera des propositions musicales, culinaires et festives qui mettront en évidence toute la richesse du dialogue entre les cultures.

Retenez avant tout : les installations artistiques « Renault 12 » de Mohammed El Khatib. Ce dramaturge français d’origine marocaine a choisi de rappeler les fameux « voyages au bled » de son enfance à travers des modèles de Renault 12 ou de Peugeot 504 chargées à bloc à l’aller comme au retour.

Il sera ensuite temps de passer par les cuisines : le collectif Les Poussières d’Aubervilliers souhaite célébrer les olives dans tous leurs états le 22 juillet, tandis que la compagnie « Ca Fait Du Bien » vous invite à composer votre propre msemen, galette de semoule typique du Maghreb, le 25.

1,2,3 Valbon !

Gnawa Difffusion

Puis direction le dance floor. Canal 93, engagé dans un grand hommage à la musique raï jusqu’en octobre, revisitera les différents courants de ce mouvement festif, mais aussi très politique. Ceux qui n’étaient pas nés en 1986- date du premier grand concert raï en France (à Bobigny !) – auront droit à une session de rattrapage, puis seront aussi célébrés les héritages du raï aujourd’hui, à travers des créations comme celles de l’Algéro-Montreuillois DJ Kore ou Samira Brahmia. Le 26 juillet, Gnawa Diffusion et ses rythmes endiablés seront le point d’orgue de cette semaine sentant bon le soleil et la fleur d’oranger. Allez yalla, vamos, venez à Valbon !

Christophe Lehousse

Photos: ©Nicolas Friess

Une Saison Méditerranée aussi placée sous le signe de la solidarité

Camille M’jati, chercheur à l’Institut de Recherches Méditerranée Moyen-Orient, François Thomas, président de SOS Méditerranée et Catherine Wihtol de Wenden, spécialiste au CNRS des questions des migrations.

Lors du lancement de la Saison Méditerranée en Seine-Saint-Denis, l’atmosphère s’est faite moins joyeuse au moment d’évoquer les nombreuses guerres et traversées tragiques qui secouent actuellement cet espace du monde. « En 10 ans, la Méditerranée s’est transformée en un véritable cimetière, situation qu’on doit très largement à un abandon de l’Europe », a notamment rappelé François Thomas, président de SOS Méditerranée. Avec son bateau Ocean Viking, cette association humanitaire vient depuis 2016 en secours aux migrants qui, sur des embarcations de fortune, traversent la Méditerranée. Bien souvent au péril de leur vie : si SOS Méditerranée a pu sauver 43 350 personnes en 10 ans, on dénombre plus de 35 000 morts sur la même période. « L’un des pires obstacles auxquels nous nous heurtons est l’indifférence, a poursuivi François Thomas. Indifférence des opinions publiques, mais surtout de l’Union européenne qui nous fixe de plus en plus d’obligations pour empêcher de mener nos missions de sauvetage. Comme celle de quitter la zone de sauvetage sitôt celui-ci réalisé ou des routes vers des ports d’attache toujours plus loin. Cela empêche tout simplement de sauver d’autres vies. » Financée à 80 % par des fonds privés, SOS Méditerranée l’est aussi par quelques collectivités locales (à hauteur de 9%) dont la Seine-Saint-Denis.

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