Un Village pour aider les aidant·es
- La Semaine nationale des retraité·es et des personnes âgées, appelée Semaine bleue, se déroule début octobre.
- Le Département et ses partenaires proposent les 6 et 7 octobre à Saint-Denis un Village dédié au bien-être des personnes dépendantes et de leurs proches.
- Isma Zalambani et Stéphanie Gourdol, responsables de pôles de la Direction Autonomie du Département nous en disent plus.
Pourquoi avoir mis en place un Village des aidant·es dans l’atrium du Pulse ?
Isma Zalambani, responsable du Pôle Bientraitance, Aidants et Lien Social du Département :
Le Département a toujours mené des actions au bénéfice des aidant·es, qui consacrent beaucoup de temps à un proche dépendant. Lors de certains événements comme la Caravane des aidants, nous avons observé la souffrance morale et physique de nombre d’entre eux·elles.
Pour les soutenir, la collectivité organise ainsi deux journées* les 6 et 7 octobre au Pulse à Saint-Denis afin de leur faire connaître leurs droits et les ressources existantes sur le territoire : plateformes de répit, dispositifs adaptés… Une vingtaine de structures incluant la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), la CAF, les associations Une luciole dans la nuit (qui accompagne les malades du cancer et leurs proches), Ma boussole Aidants… seront présentes et animeront des stands, des conférences, des films, des témoignages, des ateliers de yoga, sophrologie, de théâtre…
Quels enjeux représentent la vieillesse dans le département le plus jeune de France métropolitaine ?
Stéphanie Gourdol , cheffe de projets du pôle Prévention et inclusion du Département :
Notre territoire compte plus de 300 000 habitant·es de plus de 60 ans et on va connaître dans les prochaines années une augmentation importante du nombre de personnes âgées. 15% d’entre eux·elles sont en situation de dépendance selon les données de l’INSEE. Le territoire compte également près de 180 000 personnes en situation de handicap, soit 10% de la population. Certain·es de ces Séquano-Dionysien·nes connaissent également une précarité économique et un isolement qui altèrent leur quotidien. Chef de file de l’action sociale, le Département cherche à favoriser leur bien-être et leur insertion dans leur quartier.

L’entrée de la Maison de l’autonomie et des aidant·es (MDAA) à Saint-Denis
A quoi ressemble le quotidien des ces aidant·es ?
Stéphanie Gourdol : Nous avons fait récemment une étude d’impact sur le site web aidant.seinesaintdenis.fr mis en place pour accompagner les proches de seniors ou de personnes handicapées dépendantes. On a constaté que plus de la moitié des aidant·es sont âgées, 75% sont des femmes s’occupant de leur conjoint ou des mères isolées avec des enfants en situation de handicap. Les aidant·es salarié·es subissent souvent une triple journée, en travaillant le jour, en passant ensuite chez leurs parents âgés pour prendre soin d’eux puis en s’occupant de leurs propres enfants. Il y a aussi les jeunes aidant·es invisibilisé·es qui subissent des problèmes de décrochage scolaire, de fatigue et une charge mentale lourde à supporter à un âge où l’on devrait être insouciant·e.
Quelles actions mène le Département contre l’isolement des seniors ?
Isma Zalambani : Il y en a énormément ! A titre d’exemple, notre collectivité a mis en place 14 tiers-lieu Autonomie comme l’espace Le Tilia au Blanc-Mesnil qui sont des lieux d’échanges ouverts à tous·tes, avec une attention portée aux seniors, aux personnes handicapées et à leurs proches. Ces espaces, très fréquentés, proposent des activités collectives (ateliers créatifs, sportifs, numériques, sorties, repas partagés…) et des services d’entraide et d’accompagnement. Une dizaine de tiers-lieux Autonomie vous ouvrent ainsi leurs portes du 5 au 11 octobre pour faire connaître leurs services et leur programmation.
Le Département soutient aussi entre autres l’habitat inclusif en finançant des « projets de vie sociale et partagée » créant des lieux en commun ou des initiatives de vivre-ensemble dans des résidences. Depuis 2022, 34 habitats inclusifs ont été conventionnés bénéficiant à 200 habitant·es.
Pourriez-vous citer certaines actions récentes en Seine-Saint-Denis ?
Stéphanie Gourdol : La Maison de l’autonomie et des aidant·es ouverte début 2026 accueille des ateliers et des permanences à destination des aidant·es et fait connaître les actions ou dispositifs portés par les acteurs locaux, au plus proche des personnes concernées. Cet espace les accompagne sur des questions diverses : demandes d’allocations, orientation médico-sociale, accompagnements divers…
La plateforme téléphonique gratuite et anonyme Solitude écoute a également été mise en place (au 01 84 72 94 72) pour soutenir les proches de personnes dépendantes qui en exprimeraient le besoin.
Et en termes de loisirs, le Département propose aux habitant·es de plus de 60 ans la carte Ikaria favorisant leurs sorties, pratiques culturelles, sportives, citoyennes. En mai une campagne a permis de mieux faire connaître les avantages de cette carte offrant des réductions ou des privilèges auprès de plus de 200 structures partenaires : cinémas, musées, salles de spectacles, clubs sportifs.
Un bal Ikaria sera d’ailleurs organisé pour les seniors samedi 10 octobre au Pulse à Saint-Denis. Pendant ce moment festif, des stands seront présents pour présenter les différentes actions mises en place pour leur épanouissement. On vous donne rendez-vous !

Village des aidant·es mardi 6 et mercredi 7 octobre de 9h30 à 16h au pulse, 44 rue Proudhon à Saint-Denis.
La programmation complète du Village est accessible en ligne.
Une dizaine de tiers-lieux Autonomie sera ouverte au public du 5 au 11 octobre et vous propose des activités gratuites autour du bien vieillir, du lien social, de la prévention santé, du numérique et de la culture…
Les Petits frères des pauvres soutient les seniors précaires
Le 1er octobre, de nombreux·euses professionnel·les assisteront à la présentation du dernier rapport des Petits frères des pauvres, une association qui intervient depuis 26 ans auprès des Séquano-Dionysien·nes âgé·es défavorisé·es en organisant des visites à domicile, des séjours de vacances, des sorties, des actions de solidarité via un bus itinérant…
Pendant cette journée co-portée avec le Département, des personnes accompagnées ayant eu des difficultés liées à la mobilité témoigneront ainsi qu’une chercheuse, un sociologue… Ce sera l’occasion de partager les bonnes pratiques entre professionnel·les médico-sociaux·ales, élu·es, agent·es de l’Etat ou de collectivités locales et d’imaginer de nouvelles solutions pour leur inclusion.
Crédit-photo : Bruno Lévy, Nicolas Moulard et Franck Rondot