Département de la Seine-Saint-Denis
Séance du 15 octobre 2026
Vœu de soutien à la mobilisation des lycéennes et lycéens de Seine-Saint-Denis et de condamnation de la répression dont elles et ils sont victimes
Ces dernières semaines, les lycéennes et lycéens se sont massivement mobilisé·es en faveur de l’amélioration de leurs conditions d’études. Elles et ils dénoncent le manque de professeur·es et de personnels médicaux, sociaux et d’éducation et les conséquences de cette situation : classes surchargées, emplois du temps intenables. Dans bien des endroits, lycéennes et lycéens ont également dénoncé la dégradation du bâti scolaire. Elles et ils se sont encore levé·es contre les difficultés d’accès aux soins et à l’accompagnement social auquel elles et ils ont droit, et les discriminations dont elles et ils sont victimes.
Les revendications des lycéennes et des lycéens rejoignent celles portées depuis de nombreuses années par les organisations syndicales et les parents d’élèves de notre Département, qui réclament un plan d’urgence pour l’Éducation en Seine-Saint-Denis.
Ces revendications s’appuient sur le constat de la faiblesse des dépenses de l’État pour chaque élève. Dans notre département, cet investissement est encore plus faible, puisque l’État dépense en moyenne 30 % de moins pour un·e élève séquano-dionysien·ne que pour un·e élève d’un autre département en France. En outre, depuis la dernière loi de finances, l’Éducation nationale n’est plus le premier budget de la Nation.
Les lycéennes et lycéens s’élèvent aussi contre Parcoursup, qui les plonge, avec leurs familles, dans un profond état d’inquiétude et d’incertitude, qui les empêche de se projeter dans l’avenir. Parcoursup opère par ailleurs un véritable tri social à l’entrée de l’enseignement supérieur et est utilisé comme moyen de ne pas augmenter les moyens accordés à l’université. Il est non seulement nécessaire de mettre fin à Parcoursup mais l’État doit se donner les moyens de mettre fin à l’effet ciseaux de l’enseignement supérieur en augmentant les places proposées dans la formation publique pour faire face au nombre croissant de lycéens qui ont la capacité d’accéder aux études supérieures
Ainsi, les revendications des lycéennes et lycéens, mais aussi de leurs parents, de leurs professeur·es et de l’ensemble de la communauté éducative de notre Département sont légitimes, et nous les avons soutenues de longue date.
Dans ce contexte, la répression qui s’abat sur les lycéennes et lycéens mobilisé·es est d’autant plus intolérable.
Plutôt que d’entendre la colère et les revendications de la jeunesse, le gouvernement a fait le choix assumé de la répression et des accusations fallacieuses sur la prétendue instrumentalisation de ce mouvement, à l’unisson des médias qui insistent sur les débordements de ces mobilisations plutôt que sur les revendications des lycéennes et lycéens.
Nous ne pouvons à cet égard accepter qu’en Seine-Saint-Denis comme dans tout le pays, des lycéennes et lycéens soient blessé·es à l’occasion de ces manifestations du fait de la répression des forces de l’ordre, alors que ces dernières sont censées, en démocratie, assurer la sécurité des manifestations.
Face à la volonté de notre jeunesse de pouvoir étudier dans de bonnes conditions, la réponse ne peut pas consister dans les coups de matraque, les gaz lacrymogènes et les placements en garde à vue.
Face à la légitime colère, la réponse ne peut pas être policière.
Le conseil départemental de Seine-Saint-Denis :
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Apporte son soutien à la mobilisation des lycéen·nes, des parents d’élèves, des enseignant·es et des personnels d’éducation, médicaux et administratif·ves mobilisé·es.
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Dénonce la répression violente à laquelle sont soumis·es les lycéen·nes mobilisé·es.
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Interdire l’usage des LBD face à des jeunes.
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Demande au ministre de l’Éducation nationale la suppression du dispositif Parcoursup. La création d’un nouveau dispositif plus transparent mais qui doit s’accompagner de la création de places dans la formation publique pour faire face au nombre croissant de lycéens en capacité d’accéder aux études supérieures.
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Exige du ministre de l’Intérieur et du préfet de police qu’ils garantissent le droit pour les lycéen·nes de manifester en toute sécurité et de renoncer aux poursuites contre les lycéen·nes mobilisé·es.
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Appelle le préfet de Seine-Saint-Denis à retirer les arrêtés portant interdiction de manifester aux abords des établissements scolaires.
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Appelle le gouvernement et les parlementaires à refaire du budget de l’Éducation nationale le premier de la Nation, et à donner les moyens aux collectivités territoriales pour qu’elles puissent assumer les missions qui leur sont dévolues par la loi pour assurer le service public de l’Éducation.
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Appelle à l’ouverture par le ministère de l’Éducation nationale de négociations sur l’amélioration des conditions d’études des lycéen·nes, et sur les moyens accordés par l’État à la communauté éducative en Seine-Saint-Denis, en faveur d’un plan d’urgence pour l’éducation dans notre Département.
Tous les commentaires1
Waouh ! Je tiens à remercier très chaleureusement l’exécutif départemental pour la constance et la détermination avec lesquelles il agit en faveur de la jeunesse. Je mesure chaque jour la chance et la fierté de travailler au Département de la Seine-Saint-Denis, aux côtés d’élu·es qui placent les jeunes, leurs droits et leur avenir au cœur de leur engagement. Dans une période où l’éducation et les services publics sont soumis à de fortes tensions, cette volonté collective est précieuse : elle nous permet de défendre l’égalité d’accès aux droits, de faire vivre un service public de qualité et de donner aux jeunes du territoire la possibilité de construire un avenir avec dignité et confiance.
De la place qui est la mienne, je ressens combien le travail que je mène ici, au service des jeunes et de leur avenir, a du sens. Appartenir à ce collectif engagé, solidaire et profondément attaché au service public nourrit ma fierté et donne, chaque jour, une force toute particulière à mon action. Mille mercis.