L’Aide au film court, 20 ans déjà

L’Aide au film court, 20 ans déjà
Création
  • « Notre Salut », le 2e long métrage d’Emmanuel Marre, primé au dernier festival de Cannes, sort le 30 septembre.
  • L’occasion de revenir sur l’Aide au film court en Seine-Saint-Denis, dont a bénéficié le réalisateur pour deux courts-métrages en 2015 et 2018.
  • Créée en 2006, cette Aide financée par le Département et coordonnée par l’association Cinémas 93 a profité à 197 courts-métrages.

Le 30 septembre, « Notre Salut » d’Emmanuel Marre viendra à nouveau interroger la collaboration durant la Seconde Guerre Mondiale, comme l’avaient déjà fait « Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli.

Même s’il n’est pas originaire de Seine-Saint-Denis, Emmanuel Marre a bénéficié en 2015 et 2018 de l’Aide au film court, aide créée en 2006 par le Département pour soutenir la jeune création cinématographique.

Talent multiformes, Emmanuel Marre en avait profité pour réaliser « Le Film de l’été », fiction aux allures de road-movie, puis pour « D’un château l’autre », documentaire sur une colocation intergénérationnelle sur fond de campagne électorale.

Servir de tremplin pour de jeunes cinéastes en devenir, c’est en effet le but de l’Aide au film court, dispositif qui fête déjà ses 20 ans. Depuis 2006, ce soutien porté par le Département et coordonné par l’association Cinémas 93 aura profité à 197 courts-métrages. Chaque année, 10 films profitent du dispositif, bénéficiant ensuite d’une aide à la post-production et à la diffusion comprise entre 5 000 et 20 000 euros. Outre Emmanuel Marre, d’autres réalisateurs aidés par le Département ont ensuite fait parler d’eux : Sophie Letourneur, Thomas Cailley ou encore Olivier Babinet.

Celui qui s’était fait connaître en 2016 pour « Swagger », portrait vibrant de jeunes Aulnaysiens scolarisés au collège Debussy, avait commencé par être épaulé par le Département pour son court-métrage « C’est plutôt genre Johnny Walker » en 2008. Clin d’œil amusant : « Swagger » vient de rentrer dans la sélection « Collège au Cinéma » du CNC, une collection de films jugés à intérêt pédagogique.

Sophie Letourneur, Thomas Cailley ou Yassine Qnia

On peut aussi citer Yassine Qnia parmi les bénéficiaires : après « Fais croquer », soutenu en 2011, ce cinéaste avait eu le bonheur de réaliser son premier long-métrage en 2021, « De bas étage », polar cafardeux sur un escroc à la petite semaine.

« Cette aide, c’est une vraie aubaine pour les jeunes réalisateurs, juge-t-il. Obtenir l’aide au film court avait vraiment bonifié mon court-métrage. Grâce à elle, « Fais croquer » a pu bénéficier d’une vraie post-production avec un montage, un mixage, un étalonnage pros… Et puis, cette aide avait aussi renforcé notre confiance et visibilité : grâce à elle, j’ai pu aller au festival Premiers Plans d’Angers, une vraie chance », se souvient ce réalisateur qui a grandi à Aubervilliers.

Pourtant, nul besoin d’être originaire de Seine-Saint-Denis pour bénéficier de ce précieux coup de pouce. « Il y a certes eu une réforme en 2024 qui a renforcé le critère de territoire dans le comité de présélection des courts. Mais le critère de qualité artistique du film reste premier », insiste Emma De Griève, responsable de cette aide à l’association Cinémas 93, qui coordonne entre autres actions l’attribution de l’Aide au film court.

En 2026, 10 films vont encore être sublimés ou même exister grâce à l’Aide au film court, parmi lesquels « La dernière saison », beau documentaire de Yohan Guignard sur l’amitié de jeunes filles jouant chez les Louves de l’AC Bobigny Rugby. Avec l’Aide au film court, c’est en tout cas une certaine idée du cinéma, faisant la part belle à la diversité et à la création, qui s’exprime.

Christophe Lehousse

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