Tremblay handball, 50 ans de combat et de formation
- 8ème du dernier championnat de D1, son meilleur résultat depuis 2011, le Tremblay Handball a fêté dignement ses 50 ans d’existence.
- La première montée en D1 en 2005, la finale de Coupe des Coupes perdue en 2011 sont les moments qui reviennent le plus à l’heure d’évoquer les souvenirs.
- Petit coup d’œil dans le rétro pour ce demi-siècle avec quelques mémoires du club.

Au match aller de la finale de Coupe des Coupes contre Gummersbach, Tremblay s’était incliné 28-30 au Palais malgré les efforts de Damien Waeghe.
« Je ne suis pas trop dans la nostalgie, mais Tremblay tiendra forcément toujours pour moi une place à part. Parce que c’est le club phare de mon département de naissance. Et parce que c’a été une belle aventure collective, où je me suis réalisé comme coach, aussi bien dans le haut niveau qu’à la formation. » Au téléphone, Stéphane Imbratta évoque avec plaisir ses années jaunes et bleues, celles qui l’auront vu structurer le centre de formation du club avant de prendre les rênes de l’équipe première.
L’actuel directeur du centre de formation de Chambéry regarde encore d’un œil aiguisé les résultats du secteur jeunes de Tremblay. Le premier titre de champion de France des U18 cette année contre Montpellier ne lui a ainsi pas échappé.
On pourrait croire que dans le témoignage d’Imbratta, coach de l’équipe première entre 2008 et 2013, la finale (perdue) de la Coupe des Coupes 2011 occuperait forcément une place de choix. Mais pas plus que ça… « Sur cette finale de Coupe d’Europe, il y a des regrets et en même temps, on réalise un très beau parcours. Très peu de clubs français avaient réalisé une telle épopée avant ça (seul l’OM Vitrolles en 1994, ndlr). Cela a aidé à placer Tremblay sur une carte », lâche simplement le natif de Montreuil.
« Jeunes loups de banlieue »
Petit cours de rattrapage pour les moins de 20 ans : en 2011, Tremblay, déjà 2 fois 3e en championnat, accomplit un magnifique parcours en Coupe des Coupes. En finale, les Jaunes et Bleus affrontent les Allemands de Gummersbach, vainqueurs sortants de la compétition. Une défaite 28-30 à domicile laisse croire que tout est déjà perdu quand au retour, en terre allemande, l’espoir renaît : à 15 minutes du terme, les Tremblaysiens mènent de 7 buts. Hélas, Arnaud Bingo et les siens n’obtiendront finalement qu’un match nul 26-26, insuffisant pour l’emporter.

Arnaud Bingo dans ses œuvres contre St-Raphaël saison 2015-2016.
« La finale de 2011, on peut dire que pour moi, ça reste un petit traumatisme, se souvient Teddy Prat, arrière gauche de l’époque et actuel directeur sportif du club. On est d’ailleurs plusieurs à ne jamais avoir revu les images. Je garde de ces années le souvenir d’un groupe sûr de ses forces, avec des jeunes loups de banlieue associés à des internationaux, comme Arnaud Bingo ou Rastko Stefanovic. »
Mais croire que l’histoire du club démarre en 2011 serait une erreur. Au commencement était ainsi le Tremblay Athletic Club, club omnisports où s’élabore aussi en 1972 une pratique handball. En 1976, le Tremblay Handball s’affranchit de cette tutelle pour voler de ses propres ailes. Mais son véritable acte de naissance au haut niveau sera la première montée en D1, en 2005. A l’époque, la concurrence est déjà forte en région parisienne et ses rivaux s’appellent Ivry, multiple champion de France, Paris Handball et Pontault-Combault.
Avec dès le départ, une identité bien marquée pour Tremblay, faite de sueur et de jeunesse. « Oui, il y a une identité tremblaysienne. C’est celle du combat, abonde ainsi Teddy Prat, 16 ans au club comme joueur, 10 comme directeur sportif. Tu peux avoir du talent, mais es-tu prêt à te jeter au sol pour aller chercher une balle qui traîne ? Et Tremblay, c’est aussi faire confiance aux jeunes : ce n’est pas un hasard si Mathis Barelle et Ewen Sidhoum, joueurs du centre de formation, ont cette année été nommés dans les meilleurs espoirs de la Ligue. »
Former des citoyens

Tremblay salue le public après une victoire contre Besançon au cours de la saison 2021-2022.
Tremblay, c’est donc avant tout une histoire de sportifs devenus hommes, d’hommes devenus amis. Des traditions aussi. Celle des grands gardiens par exemple : Dragan Pocuca, Patrice Annonay, Cyril Dumoulin, Rubens Pierre… Des histoires de rituels aussi, comme ces passages obligés par la Class Bouff, le kebab du coin où tout joueur tremblaysien digne de ce nom a au moins mangé une fois (ce qui n’empêche pas une optimisation de l’alimentation par ailleurs).
Le « convivial, la famille », c’est d’ailleurs cela qui a fait l’attachement de Philippe Goepfert pour le club de sa ville. « Au départ, je suis venu au club en 1992 pour y inscrire mon fils Mathieu. Je l’ai accompagné durant toutes ses années au club jusqu’en 2007 où il a même connu une année en première division. Et quand il est parti, ç’a été tout naturel pour moi de continuer parce que j’aimais l’ambiance » raconte ce bénévole de 72 ans qui remplit maintenant la fiche de statistiques du club depuis 20 ans.

Soir de match au Palais des Sports.
Cet « homme de l’ombre », Tremblaysien depuis 1962, représente bien ces bénévoles qui font vivre aussi bien la partie amateur que professionnelle des clubs français et à qui l’on doit parfois de belles idées. Comme celle du tournoi international de jeunes que Philippe Goepfert aura mise en œuvre pendant 25 éditions, de 1996 à 2021.
Le mot de la fin sera à nouveau pour Stéphane Imbratta, l’un des principaux architectes du haut niveau, pour qui la valeur cardinale s’appelle avant tout « formation ». « Pas facile de dire ce qui m’a le plus plu entre équipe première et formation. C’est comme deux jambes sur lesquelles on marche. Mais j’ai quand même un vrai attachement à la formation parce que pour moi, le sport de haut niveau doit autant former des femmes et des hommes que des sportifs. Quand je vois un joueur comme Micke Brasseleur, qui a grandi au Bourget, et qui fait cette carrière, je me dis que c’est une vraie réussite, qui n’est malheureusement pas assez mise en avant. » On souhaite à Tremblay de former encore à tour de bras pendant 50 autres années.
Christophe Lehousse
Photos: ©Tremblay handball ©Jacques Guillaume ©Sylvain Hitau
Un remerciement également à l’attaché de presse du Tremblay Handball Blaise Zervelis