Juliette Landi, notre espoir du plongeon
- Juliette Landi sera la seule représentante d’un club de Seine-Saint-Denis aux championnats d’Europe de natation qui se dérouleront au Centre Aquatique Olympique du 31 juillet au 16 août.
- A 19 ans, elle a déjà remporté le bronze européen en synchronisé à 3m et a disputé les Jeux Olympiques 2024.
Comment une jeune plongeuse de 19 ans, née aux USA, licenciée en Seine-Saint-Denis, a-t-elle déjà participé aux JO de 2024 et retournera au Centre aquatique olympique de Saint-Denis pour y disputer les championnats d’Europe ? L’histoire de Juliette Landi commence en Oklahoma, c’est là que ses parents Laurent et Cécile Canqueteau-Landi, anciens gymnastes de haut-niveau, se sont installés comme entraîneurs. Avant même ses premiers pas, la petite Juliette passe son temps sur les tapis de gym, au milieu des agrès. Faire de la gym, c’est tout naturel pour elle, surtout lorsqu’on a sous les yeux Simone Byles, la meilleure gymnaste au monde, entraînée depuis 2017 par ses parents. Une petite fille, ça rêve souvent de faire comme maman. Et maman-Cécile a fait les Jeux olympiques d’Atlanta en 1996 (8ème par équipe). Alors forcément, avec un environnement pareil, Juliette rêve aussi de faire les Jeux…
De la gym au plongeon
Seulement voilà : « A 12 ans, je me suis aperçu que la gym, je n’aimais pas tant que ça. Ce n’était pas facile à dire au début… Alors j’ai cherché d’autres sports. » Juliette s’essaye au tennis, mais sans réel plaisir. Lorsqu’elle a 14 ans, elle a une nouvelle idée : « Je me suis souvenue que ce que j’aimais beaucoup dans la gym, c’était les saltos. Alors pourquoi pas le plongeon ? D’autant plus que c’est aussi une discipline olympique ! » Juliette quitte alors courts de tennis et pratiquables de gym pour la piscine et ses plongeoirs. Rapidement, son expérience de gymnaste, son habitude à se situer dans l’espace, l’habitude d’avoir les jambes et les pointes de pieds tendues, mais aussi sa détermination et sa force de travail apportent des résultats.
Pour sa première grande compétition internationale, les championnats du monde junior en 2017, elle entre en finale et se classe 12e, après un peu plus d’un an de pratique seulement ! En 2024, associée à Naïs Gillet, elle remporte la médaille de bronze du 3m synchronisé aux championnats d’Europe. De quoi obtenir sa sélection pour les jeux Olympiques de Paris 2024 ! « Même encore aujourd’hui, j’ai du mal à réaliser que j’ai fait les Jeux ! C’était un tel rêve ! Être au village olympique, côtoyer tant de sportifs de légende… »
Après les Jeux Olympiques, Juliette est retournée de l’autre côté de l’Atlantique. Depuis la rentrée 2025, elle s’entraîne et étudie le journalisme sportif à l’université d’Auburn (Alabama). De très bonnes conditions pour continuer à apprendre et grimper dans les classements.
Continuer à progresser
Le 4 août, Juliette va retrouver le Centre aquatique olympique où elle est désormais licenciée lors des
championnats d’Europe. Cette année, elle disputera le 3m individuel et l’épreuve par équipe. En deux ans, Juliette Landi a progressé. Lors du meeting international de Madrid en juin dernier, elle s’est classée 6e, 5e européenne et première française. « Madrid, c’était difficile. Les sélections, la finale, tout se déroulait le même jour. C’était très serré. J’étais 10e avant mon dernier saut, je l’ai réussi et j’ai terminé 6e. Mais le plongeon, c’est très incertain. Tu peux être 4e, 5e lors des éliminatoires et puis tu manques ton dernier saut et tu te retrouves 13e. En plongeon, on ne sait jamais avant la fin ! »
Lors d’une compétition, les plongeur·euses donnent la liste de leurs plongeons avant l’épreuve. A chaque plongeon correspond un indice, selon sa difficulté. Plus l’indice est élevé, plus on marque de points… si on le réussi ! On oscille toujours entre tenter ce qui marque le plus et assurer ce qu’on connait le mieux. « Mon saut préféré c’est le double saut périlleux et demi arrière groupé. C’est mon plongeon « safe », celui avec lequel je me sens bien, c’est pour ça que c’est mon dernier, celui avec lequel je peux réussir. »
A Saint-Denis le 4 août, l’objectif de Juliette sera de « rentrer en finale, parmi les 12 meilleures. Si j’y arrive, j’ai un autre but mais, je ne veux rien dire encore… » Ce qui lui manque pour intégrer les meilleures européennes ? « C’est le niveau de difficulté de mes sauts. Le mien est encore un peu bas. Mais je n’ai commencé à plonger il y a seulement 5 ans et je n’ai que 19 ans. Je suis toujours la plus jeune car les autres ont 24, 25 ans… » Alors suivez bien sa trajectoire, car cette jeune étoile franco-américaine apprend très très vite et il est bien possible qu’elle réalise bientôt un exploit inédit, disputer deux Jeux Olympiques successifs à domicile : à Paris en 2024 et à Los Angeles en 2028 !