Écouter la parole des enfants

Écouter la parole des enfants
Protection de l'enfance
  • Pour la 4e année, le conseil des jeunes de l’Aide Sociale à l’Enfance s’est rassemblé mercredi 1er juillet sous le chapiteau de La Fontaine aux images à Clichy-sous-Bois.
  • Un après-midi festif pour clore des mois de rencontres avec des professionnel·les dont une inspectrice de l’ASE et une juge des enfants, où les enfants ont exprimé leurs besoins et leurs idées pour améliorer leur quotidien.

Jeux sportifs, atelier de maquillage, ateliers loisirs créatifs, en plein air ou sous des yourtes… L’après-midi avait des airs de colonie de vacances pour une cinquantaine d’enfants de l’ASE venu·es assister à la clôture de la 4e édition du conseil des jeunes de l’ASE. Stéphane Troussel, président du Département, accompagné de Nadia Azoug, vice-présidente chargée de l’enfance, de la prévention et de la parentalité a salué  «  le travail des jeunes, leur implication » et a également rappelé leur « droit de suite, de suivre les conséquences de leurs recommandations, les décisions pour leur mise en application. »

Nadia Azoug, vice-présidente chargée de l’enfance, de la prévention et de la parentalité et Stéphane Troussel, président de la Seine-Saint-Denis, présent·es pour écouter la parole des enfants.

Et des idées, les jeunes en ont eu ! Âgé·es de 6 à 25 ans, 112 se sont réuni·es à plusieurs reprises lors de commissions thématiques. Par exemple le 24 février à La Communale de Saint-Ouen, ils·elles ont abordé les règles et sanctions. Après avoir débattu du caractère positif ou négatif de situations tirées de leur quotidien, ils·elles ont élaboré des solutions. Par exemple : impliquer les enfants dans le choix des règles ; en tant qu’adulte : rechercher les informations et essayer de comprendre la situation avant de donner une réponse, puis donner les informations aux enfants afin d’expliquer la réponse.

La juge et les enfants

Le ou la juge des enfants fait partie de l’environnement des enfants de l’ASE. Un personnage certes protecteur, mais intimidant. Lors d’une rencontre, les jeunes ont dressé un constat des différentes situations qu’ils·elles vivent au contact des juges et les ont classées. Voici quelques exemples parmi beaucoup d’autres.

Ce qui est positif, utile selon les enfants : pendant l’audience : être écouté et compris par la juge, être interrogé par la juge pour aider à s’exprimer, obtenir des droits de visite ou d’hébergement…

Ce qui peut stresser les enfants : le lieu, le tribunal rappelle de mauvais souvenirs ; le long temps d’attente pour connaître la décision ; le sentiment que les décisions ont un grand poids dans la vie de l’enfant : rester ou non en foyer, la séparation des frères et sœurs…

Ce qui est rassurant selon les enfants : le soutien des professionnels (assistante familiale, référent ASE, responsable de la circonscription…) ; lorsque le référent ASE ou le·la responsable de circonscription prend la parole pour l’enfant ou le jeune.

Ce qui n’est pas clair pour les enfants : les mots trop compliqués utilisés par les professionnels ; la simplicité à être placé en comparaison avec le fait de rentrer chez soi.

Améliorer le quotidien des enfants

Une cinquantaine de jeunes de 6 à 25 ans étaient présent à cette clôture du 4e conseil des jeunes de l’ASE.

Plusieurs groupes ont également travaillé sur la thématique : avoir un endroit où on se sent bien pour voir sa famille et son référent. Les visites de la famille sont effectivement un moment crucial pour le bien-être des enfants. Ils·elles débordent d’idées pour améliorer ses moments. Quelques-unes des nombreuses suggestions : toujours demander à l’enfant/au jeune s’il a envie d’aller en visite et écouter la réponse ; être accompagné sur le trajet par les professionnels lorsqu’on en a besoin ; rendre plus confortables les salles ; mettre à disposition des jeux pour jouer à plusieurs avec sa famille, son référent…

Les jeunes impliqué·es dans la formation des adultes

Les jeunes ont bien compris que leur bien-être dépendait en partie des compétences des adultes qui les encadrent. Alors ils ont décidé de suggérer des éléments de formation de ces professionnels. Comme par exemple la gestion de la colère, la confiance, la réactivité, ajustées selon des tranches d’âges et la maturité de l’enfant, mieux gérer la fin de l’accompagnement pour les jeunes sortants… Ou bien très concrètement, parler d’avantage du budget concernant l’entretien des cheveux !

Besoin de rester informé·es

Un des projets qui tenait le plus à cœur aux jeunes, est la création d’une chaîne WhatsApp pour informer les 15-21 ans. Les jeunes s’y inscriraient sur la base du volontariat et y aborderaient des sujets tels que la prévention, l’autonomie, le logement, les études, la formation, les annonces pour des événements, le bénévolat, les contrats jeunes majeurs… Cette chaîne, les jeunes y tiennent particulièrement. A ce sujet, comptez sur eux ·elles pour exercer pleinement leur droit de suite !

Photos : Marie Magnin

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