Vital’Im : résultats prometteurs
- L’heure est au bilan pour l’aide alimentaire mensuelle de 50 euros mise en place pour 1351 bénéficiaires dans 4 villes du département.
- L’insuffisance alimentaire a diminué de moitié et les bénéficiaires ont durablement changé leurs habitudes alimentaires.
Pendant près de deux ans, dans 4 communes de la Seine-Saint-Denis (Montreuil, Sevran, Villetaneuse, Clichy-sous-Bois), le Département de la Seine-Saint-Denis et l’association Action contre la Faim ont mis en place la carte Vital’Im, un projet de transfert monétaire incitatif pour lutter contre l’insécurité alimentaire tout en favorisant la consommation de produits sains et durables pour des publics en en situation de précarité.
Ce dispositif, soutenu par l’État dans le cadre de l’appel à projets « Mieux manger pour tous », est basé sur une aide de 50 € par mois et par personne pendant six mois, versée sur une carte dédiée, avec une bonification à hauteur de 50% (soit 25€) sur des produits sains et/ou durables. Cette aide a été couplée avec des activités d’accompagnement autour de l’alimentation durable. Viatl’Im a ciblé 1351 personnes particulièrement exposées à la précarité (familles avec des enfants de moins de 3 ans, étudiants, personnes âgées et familles vivant en quartier prioritaire de la ville).
À la fin de l’expérimentation, l’insuffisance alimentaire quantitative a diminué de moitié. En outre, le dispositif a eu un impact significatif sur les pratiques des usager·ères qui ont pu modifier leurs habitudes de consommation alimentaire, ce qui a permis d’enclencher un changement de pratiques qui s’est maintenu dans une certaine mesure. Cette tendance a été confirmée 6 mois après l’arrêt des transferts monétaires dans le cadre d’un suivi par le Département. Le frein financier reste le principal obstacle au maintien des pratiques.
Pour une « sécurité sociale de l’alimentation »
Pour Stéphane Troussel, président du Département de la Seine-Saint-Denis, « à travers ces résultats positifs, nous contribuons de façon concrète à la préfiguration d’une sécurité sociale de l’alimentation et au plaidoyer en faveur de cette idée d’avenir. Cette expérimentation doit inspirer les pouvoirs publics et les mener à agir enfin pour l’accès à un véritable droit à l’alimentation effectif pour toutes et tous. »
Robert Sebbag, président d’Action contre la Faim, estime que « les résultats de ce projet sont encourageants pour les participants et au-delà pour permettre en lumière les contraintes et des leviers efficaces à mobiliser pour aller plus loin et agir sur la transformation de notre système alimentaire vers plus de justice sociale et de durabilité, à la fois à l’échelle locale et nationale. »