Harmeet Desai, la force tranquille
- Il fait partie du quatuor qui a fait remonter l'équipe hommes du Saint-Denis Tennis de table 93 en Pro A.
- Né à Surat en Inde, Harmeet Desai en est déjà à sa 3e année à Saint-Denis, avec la 4e année déjà signée.
- Ce droitier, 88e mondial, qui a vécu les Jeux de Paris 2024, apporte aux Bleus et Blancs son style sobre et son état d'esprit remarquable.
Des points construits, des attaques tranchantes… Harmeet Desai, 88e mondial, a complètement fait déjouer son adversaire hongrois Bence Majoros. Et si le titre de champions de Pro B, qui opposait le 17 mai Saint-Denis à Chartres, est finalement tombé dans l’escarcelle des derniers nommés, Harmeet Desai aura été irréprochable jusqu’au bout (2 victoires en 2 matches).
Pas grave, l’essentiel est acquis : au terme d’une saison maîtrisée, l’équipe hommes de Saint-Denis – composée cette année de Joé Seyfried, Darius Movileanu et Tristan Flore – remonte en Pro A, ce qui en fera avec Nîmes/Montpellier le seul club à posséder une équipe femmes et hommes au plus haut niveau.
« On ne perd que deux matches tout au long de l’année. Ma connexion avec le coach Sébastien Jover est très bonne tout comme l’ambiance au club, donc je reste », confirmait après coup le principal intéressé, désormais le plus « vieux » joueur de l’effectif (Joé Seyfried et Darius Movileanu quittent le club).
Des cours de français sur internet

Harmeet Desaï contre le Hongrois Bence Majoros dans sa finale par équipes contre Chartres.
Après 3 saisons vécues au Saint-Denis Tennis de Table 93, l’Indien commence en effet à connaître les lieux. Et s’il communique encore en anglais avec ses coéquipiers, il progresse de jour en jour grâce à des cours sur internet. « La prononciation n’est pas facile, mais je m’accroche. Petit à petit… » Sobre et construit, comme son jeu, raquette en main.
Comment lui, le gamin de Surat, près de Bombay, s’est-il retrouvé dans la salle de La Raquette ? « Avant les Jeux de Paris 2024, je cherchais un club en région parisienne. J’avais de bons échos sur le club de Saint-Denis et ça s’est confirmé. », explique celui qui est auparavant passé par Monaco, Miramas, Roanne puis Rouen. Ses Jeux parisiens, il en garde un bon souvenir- un tour passé en individuel puis une défaite contre un certain Félix Lebrun, et une élimination directe dans l’épreuve par équipes.
Gamin hyperactif
A 32 ans, quand il repense au chemin parcouru, lui qui n’est pas de nature à se lancer des fleurs se montre cependant satisfait. « J’ai commencé à l’âge de 6 ans, parce que mon père avait acheté une table pour jouer avec ses amis. Jamais mes parents n’avaient l’intention de me pousser vers le professionnalisme. Mais comme j’étais un enfant hyperactif – j’ai aussi beaucoup joué au badminton et au tennis – j’ai accroché à ce sport que je n’ai plus jamais laissé tomber. »
Une seule chose semble lui peser lorsqu’il est à Saint-Denis : la distance avec son épouse, lui qui va bientôt devenir père. « Heureusement, ma femme vient de temps à autre ici. En décembre dernier, nous en avons profité pour visiter : nous sommes allés à la Tour Eiffel et nous sommes promenés le long de la Seine », dit celui qui ne tarit pas d’éloges sur le chocolat chaud et les boulangeries parisiennes.
Dans la machine à laver qu’est le circuit mondial, avec des déplacements incessants, Harmeet semble donc avoir trouvé à Saint-Denis un havre de paix. Comme Barbora Balazova, la Slovaque, avant lui (7 saisons à Saint-Denis), il pourrait tout à fait s’y faire une deuxième maison. On lui souhaite en tout cas, comme on le souhaite à Saint-Denis.
Christophe Lehousse
Photos: ©Bruno Lévy