L’Ado Académie, une école de l’alimentation

L’Ado Académie, une école de l’alimentation
Bien manger
  • Une trentaine de collégien·nes de 5ème ont participé du 17 au 21 février à la troisième saison de l'Ado Académie à la Maison de quartier du Grand Air à Montreuil.
  • Accompagné·es par des animateur·rices associatif·ves, les adolescent·es ont réalisé des ateliers de cuisine, d'éducation à l'alimentation, des activités physiques...
  • Une façon pour ces futur·es "ambassadeur·rices de la nutrition" de connaître les bonnes pratiques pour les diffuser plus tard auprès de leurs camarades.

« Bien s’hydrater avec de l’eau, c’est bon pour la santé, pour la peau, cela limite les maux de tête… » explique Olga, animatrice de l’association pantinoise Ecobul. « Vous pouvez rajouter une rondelle de citron dans de l’eau pour lui donner du goût plutôt que boire des sirops ou des boissons sucrées… ». Assise au centre d’une ronde d’enfants, la trentenaire propose aux participant·es de composer une assiette idéale en sélectionnant des images de féculents, des brocolis, des fromages… Mission réussie pour les 25 élèves qui ont favorisé les sucres lents – apportant une énergie régulière – , des protéines carnées ou du poisson, des fruits et des légumes, des desserts lactés… en se laissant pour l’une d’entre eux·elles une petite marge sur les frites.

Une kyrielle d’ateliers pendant une semaine

Lancée par le Département de Seine-Saint-Denis et soutenue par la Fondation BNP Paribas, l’Ado Académie a permis depuis 2023 à une quarantaine d’élèves de différents collèges d’obtenir leur diplôme d’Ambassadeur et d’Ambassadrice de la nutrition, dans l’optique d’encourager les jeunes à adopter de bons réflexes alimentaires. Ce dispositif, unique en France fait l’objet d’un suivi approfondi par le Laboratoire éducation et pratiques de santé (LEPS) de l’Université Sorbonne 13-Paris Nord qui s’intéresse aux effets de la prévention santé par les pairs.

Pendant une semaine, les collégien·nes ont alterné les ateliers de cuisine, d’éducation à la consommation, des activités physiques, des pauses-collation, des cours de méthodologie de projets avec des animateur·rices des associations Ecobul, Crisalim (Saint-Ouen-sur-Seine) et du Comité départemental d’éducation pour la santé de Seine-Saint-Denis (CODES 93). « Cette année, on a travaillé avec les élèves volontaires des collèges Oum-Kalthoum de Montreuil, Travail-Langevin de Bagnolet et Gustave-Courbet de Romainville » explique Jean-Marie Blanchoz, responsable du Pôle Education et promotion de la santé du Département. « On les accompagne également sur le plan méthodologique pour les inciter à partager plus tard leurs connaissances auprès de leurs camarades par des actions de sensibilisation dans les écoles primaires ou les collèges comme partager un buffet durable, créer des vidéos, organiser un tournoi sportif… ». 

Les 25 petit·es expert·es ont confectionné dans la cuisine pédagogique de la Maison de quartier montreuilloise un repas savoureux avec des produits non transformés. « On a préparé une salade de carottes avec une sauce soja composée de jus d’orange, de citron, de gingembre » explique Yasmine, 13 ans, en contrôlant le contenu des casseroles. « Ensuite, on prévoit du couscous avec des carottes, une sauce aux noix et des feuilles de menthe et des desserts frais pour faire plaisir à tout le monde ». L’écolière repartira comme les autres jeunes avec un livret de recettes naturelles, faciles à réaliser pour inciter les jeunes et leur famille à cuisiner maison en évitant les plats transformés.

 

Ema, Gabriel, Ryan… et leurs ami·es ont composé une assiette idéale avec des cartes de jeux avant d’enfiler le tablier et de concocter de bons petits plats dans une cuisine pédagogique.

Faire des adolescent·es des « mangeur·euses éclairé·es« 

A proximité du groupe des cuisiniers en herbe, Marie Cavaniol, coordinatrice de l’association Crisalim explique aux adolescent·es comment éviter les pièges des stratégies marketing des industriels de l’agro-alimentaire. « J’ai employé des emballages de Chocapic et de Pasta BOX pour les inciter à étudier la liste des ingrédients à l’arrière du produit et ne pas toujours croire les annonces publicitaires qui apparaissent en gros » déclare-t-elle. « Il faut être attentif car les grammages présentés par les entreprises sont difficiles à comprendre pour le commun des mortels afin de rendre opaque le taux réel de sucre, très important dans les aliments transformés ».

Dans une salle attenante, les enfants ont appris à se reconnecter avec leur alimentation en essayant d’identifier un jus et des préparations à la betterave cuite de manière à adoucir ou à modifier son goût. A la fin de la matinée, les jeunes Ema, Fatoumata, Santino… ont également participé à un micro-débat enregistré sur une radio-box avec une professionnelle de la Mission métropolitaine des conduites à risques (MMPCR), une structure mutualisée entre le Département et la Ville de Paris. « On a débattu devant les micros pour savoir si le yoga est un sport ou une activité physique » détaille  Santino, 12 ans, qui a fait son baptême du feu en radio. « Malgré ma timidité, je me suis senti plutôt à l’aise à l’antenne et je me demande si je ne vais pas rejoindre le club de radio de mon collège… ». 

Les enfants, qui ont également profité d’une visite des Murs à Pêches de Montreuil ont eu la fin de la semaine pour réfléchir au projet qu’ils·elles mettront en place ultérieurement. « On n’a pas encore toutes les idées mais on va essayer de transmettre à nos camarades qu’on peut faire du sport sans matériel spécial » indique Mina 12 ans. « Comme pour la cuisine, en choisissant des produits bruts, cela ne coûte pas forcément plus cher » renchérit un de ces camarades.  Des conseils de bon sens que les futur·es ambassadeur·rices de la nutrition vont bientôt partager avec leurs proches pour les convaincre qu’une part importante de leur santé et de leur moral passe aussi par les plaisirs équilibrés de la table.

 

Les adolescent·es ont développé leurs compétences psycho-sociales en animant un micro-débat avec une radio-box. Une façon de se préparer à leurs futures missions d’Ambassadeur·rices de la nutrition.

Crédit-photo : Nicolas Moulard

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