Le break illumine la scène de Canal 93
- L'édition 2026 du festival de danse Boost a démarré en beauté avec une soirée exceptionnelle le 3 avril dans les locaux de Canal 93 à Bobigny.
- Des collégien·nes et d'autres jeunes ont fait leurs premiers pas de break sur scène, suivi·es par deux shows de haute volée.
- Une soirée qui met en lumière l'énergie de cette discipline et la programmation de Boost, en partenariat avec le Département dans le cadre du plan hip-hop.
La 3ème édition du festival Boost fait vibrer le territoire au rythme du hip-hop jusqu’au 11 avril. Pendant plus d’une semaine, une quinzaine de spectacles, 3 battles, 6 projections de films, 25 rencontres et ateliers, des DJ sets sont au programme à Bagnolet, aux Lilas, au Pré Saint-Gervais, à Montreuil ou Pantin… pour mettre en lumière des styles variés tels que le break, le waacking, la house, le krump, l’afro, la pantsula et bien d’autres.
Pour la deuxième journée de Boost, soutenu par le Département dans le cadre du plan hip-hop, plusieurs centaines de familles sont venues encourager les participant·es lors d’une soirée « partagée » mettant à l’honneur trois propositions posant la relation à l’autre au coeur de la danse, valorisant à la fois les amateur·rices et les professionnel·les de danses hip-hop.
Des restitutions d’initiations au break
La soirée a commencé avec les projections des ateliers menés par un membre du collectif montreuillois BoxCrew93 au sein du pôle d’accueil de La Croix Rouge, du collège Angela-Davis et du club de danse de Bobigny. Les participant·es ont d’abord découvert en images les séances de hip-hop organisées par David Dray-Monti au sein d’un centre d’accueil pour mineur·eures étranger·ères isolé·es à Bobigny. Le breakdancer a aussi initié une quinzaine d’élèves du collège Angela-Davis et les adhérentes du club ACB Danse de la ville aux mouvements de « toprocks » et autres « footworks ».
Les collégien·nes ont ensuite enflammé la piste aux sons des breakbeats sous les acclamations d’un public enthousiaste, suivi·es par une chorégraphie des danseuses de l’association balbynienne. « J’avais un peu le stress de danser devant des centaines de personnes » confie Hawa, 12 ans, en souriant. « Mais une fois sur scène, on s’est lâché sur la musique et on a adoré, d’autant plus que le public avait l’air de kiffer ». L’adolescente a également apprécié les valeurs de la culture hip-hop synthétisées par la formule « Peace, love, unity and having fun » que le breakeur leur a transmises. Des idéaux que le jeune homme de 22 ans, qui considère la communauté des danseur·euses comme une famille, a porté haut en participant avec les b-boys de son « crew » à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024.
Deux shows à couper le souffle
Le public a ensuite découvert le spectacle « La Breva » interprété par la chorégraphe Dafné Bianchi et sa « frangine » Anaïs Mauri. Autour d’une cafetière italienne, les deux soeurs ont exploré à travers le hip-hop et le krump, les liens qui se transmettent entre femmes, de générations en générations. « J’adore ma soeur, qui a 13 ans de moins que moi. On a voulu rendre hommage par le mouvement à cette complicité entre nous, à ma mère, passionnée de danse qui nous a communiqué sa passion… » explique la fondatrice de la Cie Néphélé. « Pour transcrire l’univers de notre jeunesse, on a réalisé une bande-son à partir d’archives familiales, de prises de sons à Bellagio… retravaillées et samplées avec le compositeur Wobé, ce qui crée une atmosphère immersive un peu nostalgique ».
La soirée s’est achevée en beauté avec « Elles jouent pour toi », un temps suspendu où le break s’est donné à voir dans une énergie brute. La pantinoise Chris Fargeot et la bagnoletaise Natasha « Kastet » Kiliachikhina ont impressionné la salle avec une création très « terrienne ». « La danse hip-hop est une discipline très physique » détaille la danseuse. « On voulait exprimer cette dualité entre une passion gigantesque pour notre art et la rage qu’il faut avoir pour le breaking qui est une discipline d’acharnés ». Un acharnement qui s’est révélé ultra-payant pour la française mais aussi pour Kastet, son amie russe, championne du monde en titre Red Bull BC One en 2019 puis 2020 et considérée comme l’une des figures les plus marquantes du breakdance féminin mondial.
Comme BoxCrew93 et la Cie Néphélé, ce duo a bénéficié en 2026 et pendant les deux dernières années du soutien du festival Boost, qui offre aux artistes émergeant·es une vitrine pour les aider à percer dans le hip-hop. « Nous cherchons à avoir une équité entre hommes et femmes dans notre programmation et valoriser toutes les formes de danses urbaines » déclare Christophe Poux, directeur technique des Rencontres chorégraphiques internationales de la Seine-Saint-Denis, soutenues par le Département. « L’objectif est double : faire découvrir ces arts dans les conservatoires, les centres sociaux… mais aussi permettre aux talents de rencontrer les programmateurs qui viennent, et dénicher des dates de spectacles ». Une philosophie largement partagée par le Département qui a instauré un plan d’accompagnement du hip-hop afin de l’ancrer dans l’identité de la Seine-Saint-Denis voire dans la culture populaire française.

La b-girl Kastet, ex-championne du monde avec son amie Chris Fargeot sur la scène de Canal 93.
Spectacles, battles, talks, workshows… découvrez la programmation foisonnante de Boost 2026 à Noisy-le-Sec, Bondy, Le Pré Saint-Gervais, Les Lilas…
Crédit-photo : Marion Guillot