Le Montreuil FC bute sur Amiens et sort de la Coupe de France avec les honneurs

Le Montreuil FC bute sur Amiens et sort de la Coupe de France avec les honneurs
Football
  • Petit Poucet de la compétition avec le club de Bayeux, le Montreuil FC s’est incliné (4-2) face au Amiens SC, club de Ligue 2, en 16e de finale de la Coupe de France, samedi 10 janvier.
  • Si leur chance de qualification étaient minimes, les « Narvalos » peuvent nourrir de sérieux regrets car ils ont donné du fil à retordre à leur adversaire.
  • Le MFC va désormais pouvoir se consacrer au championnat de Régional 1 où il joue les premiers rôles depuis le début de la saison.

Il y a quelques jours encore, à l’approche de son match historique en 16e de finale de Coupe de France contre le Amiens Sporting Club, pensionnaire de Ligue 2, le Montreuil FC (Régional 1) répétait à l’envi que cette rencontre n’était que du bonus tant l’écart entre les deux équipes – quatre divisions les séparent – était immense. Samedi 10 janvier, au coup de sifflet final, sur la pelouse du stade Auguste-Delaune de Bobigny, ce relatif détachement avait fait place à beaucoup de frustration, voire à un sentiment de gâchis chez certains joueurs. « Je suis dégoûté, j’ai même pas les mots, il y avait tellement la place », grommelait Mehdi Khaouad, l’arrière gauche des Vert et Noir. « Comme d’habitude, face à ce genre d’équipe, largement plus forte sur le papier, ça se joue sur des détails. On s’est créé plus d’occasions qu’eux, on peut leur en mettre 5 ou 6 mais on n’a pas été efficaces. Eux, au contraire, ont été hyper réalistes », s’étranglait le milieu droit Ilyes Dos Santos. Et le coach Samy Guenfoud d’ajouter, laconique : « Ils ont été chirurgicaux, pas nous. »

Pourtant, le MFC avait commencé le match en boulet de canon. Sur le coup d’envoi, Dos Santos, un joueur au potentiel énorme et qui aura réalisé une rencontre de toute beauté, était trouvé sur le côté droit. Quelques passements de jambes plus tard, il centrait et trouvait Anthony Adel qui ouvrait le score d’une magnifique tête plongeante. On jouait depuis… 16 secondes. Le stade exultait, certains supporters n’osaient même pas y croire. Après avoir obtenu le carton rouge le plus rapide de l’histoire (au bout de 13 secondes) de la Coupe de France contre Chauvigny au tour précédent, Montreuil avait désormais tout du « Speedy Gonzales » de cette épreuve.

Cueillis à froid, les Amiénois ne s’affolaient pas et faisaient parler leur expérience pour recoller au score sept minutes plus tard par l’intermédiaire de Yanis Rafii, qui profitait d’une mauvaise sortie d’Oumar Sissoko puis d’un mauvais renvoi de Mamoudou Sow pour venir tacler le ballon au fond des buts. On assistait alors à un match très plaisant où les deux équipes se renvoyaient coup pour coup. En quinze minutes, les Montreuillois s’étaient déjà procuré plus d’occasions que lors des trois matches précédents. À la 11e minute, sur un nouveau centre de l’intenable Dos Santos, Coco Mhadjiri héritait du ballon à l’entrée de la surface, après un dégagement raté de la défense, mais sa frappe passait au-dessus de la barre transversale. Puis c’était au tour de Saloum Soumaré, l’ailier gauche, de s’illustrer (14e). D’abord sur une frappe, côté gauche, détournée en corner par le gardien, puis sur une tête sauvée in extremis sur sa ligne par un défenseur. Précisons qu’une minute plus tôt, Les Picards prenaient l’avantage au tableau d’affichage grâce à un but du piston gauche Yvan Ikia Dimi.

« Le conte de fée s’arrête ici pour nous mais on a écrit une belle page dans l’histoire du club »

Montreuil ne se désunissait pas, continuant d’attaquer sans relâche. À la 20e, Sow, malheureux sur le premier but amiénois, tentait une reprise qui venait s’écraser sur le haut de la barre. La réponse de leurs adversaires allait une fois de plus leur être fatale. Complètement oublié sur le côté droit, le latéral Teddy Averlant avait tout le loisir de fixer Oumar Sissoko et de le tromper. Trois occasions trois buts pour le 15e de Ligue 2. Ou le réalisme froid d’un club professionnel. Regrettable d’autant que Dos Santos avait l’occasion d’inscrire le deuxième but de son équipe juste avant la pause mais sa frappe était repoussée par Alexis Sauvage, venu à sa rencontre.

Au retour des vestiaires, Amiens faisait preuve de la même précocité que les Montreuillois en première mi-temps : Rayan Lutin alourdissait l’écart du pied gauche quelques secondes après le coup de sifflet de l’arbitre. 4-1. Sur le banc des Vert et Noir, si l’heure était à la soupe à la grimace, le kop de supporters, exemplaire, ne cessait de donner de la voix, encourageant son équipe comme si ses chances demeuraient intactes. Et il avait raison. Car une minute plus tard, à peine, Idriss Kadded, l’avant-centre du MFC, bien lancé dans la profondeur par Adel, enroulait une frappe à l’entrée de la surface qui trompait le gardien. 4-2. C’était toute une équipe, tout un banc, tout un peuple qui se remettait alors à y croire. Fousseny Diabaté avait même la balle du 4-3. Mais son crochet devant le gardien permettait au défenseur, revenu à grandes enjambées, de dégager en corner. Montreuil continuait de pousser. À gauche. À droite. En vain.

Dans ce deuxième acte, le principal fait de jeu survenait à la 80e minute quand Samuel Muteba, entré six minutes plus tôt, écopait d’un second carton jaune, synonyme de rouge, pour un tacle par derrière. À 10 contre 11 et avec deux buts à marquer, la messe était dite pour nos Montreuillois, qui sortaient avec les honneurs après un parcours exceptionnel.

« Je n’avais jamais joué de 16e de finale de Coupe de France, je me souviendrai longtemps de cette formidable aventure », confiait Oumar Sissoko, ancien pro à Metz et au Havre, notamment. « Ce qu’on a vécu, c’est magnifique, je suis fier de mes coéquipiers et des supporters qui nous suivent partout et sans lesquels on ne serait pas là aujourd’hui, lâchait Idriss Kadded, buteur lors des trois derniers matches de son équipe en Coupe. « Le conte de fée s’arrête ici pour nous mais on a écrit une belle page dans l’histoire du club. Et si la défaite est un peu dure ce soir, les gens se souviendront avant tout de notre épopée et c’est ça le plus important », analysait Abdoulaye Sow, le président du MFC. Ce 10 janvier 2026, le Petit Poucet montreuillois est devenu grand.

Grégoire Remund

Photos: ©Eric Garault

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