Noah Penda, le 93 déboule en NBA
- Cet ailier d’Orlando Magic, formé au Villemomble Sports Basket, est le tout premier joueur de Seine-Saint-Denis à évoluer en NBA.
- Originaire de Bondy, le jeune homme de 21 ans revendique de venir du 93, dont il porte fièrement le numéro sur ses maillots.
- Au Villemomble Sports Basket, où il est resté 4 ans, il est un exemple pour tous.
Quand, au début de la saison 2025-2026, Noah Penda a choisi le numéro 93 pour jouer en NBA, au Orlando Magic, les médias américains ont voulu savoir pourquoi. « C’est pour ne pas oublier d’où je viens. Et aussi pour rendre hommage à cet esprit de combattant qu’il y a en Seine-Saint-Denis », a expliqué le jeune homme de 21 ans.
Originaire de Bondy, ce « Kylian Mbappé du basket » est le tout premier joueur de Seine-Saint-Denis à évoluer en NBA. Et il le fait plutôt bien : l’international espoirs français a déjà signé 2 double-double – des stats à 2 chiffres en termes de points et de rebonds – et vu son temps de jeu augmenter de match en match sur les parquets de Floride.
Il faut dire que le « rookie » a un bon pedigree : ses deux parents jouaient déjà à un très bon niveau en France. Frédérique sa maman, ancienne joueuse en N2 à Bondy, a ainsi pu apprécier ses débuts en connaisseuse : « J’ai vu ses 3 premiers matchs là-bas, après l’avoir aidé à s’installer. J’étais assez émue. Juste après, on lui a dit : « Ça y est, t’es un joueur NBA ! » Lui n’avait pas vraiment eu le temps de réaliser. »
« Kylian Mbappé du basket »
Mais si le « rookie » a de qui tenir, ses 4 ans de formation au Villemomble Sports Basket lui ont aussi donné un bon bagage. Dans ce club aux quelque 200 licenciés, il a laissé un souvenir fort. « Avec sa grande taille, on était obligé de remarquer Noah. A 10 ans, il en paraissait 13. Et en même temps, sa grande taille ne l’empêchait pas d’avoir une excellente coordination. Il avait une aisance naturelle. », se souvient Rodrigue Monder, le président du club.
D’abord licencié à Fontenay, où il a commencé le basket à 7 ans, Noah et ses parents s’étaient tournés vers Villemomble du fait de sa réputation de très bon club formateur. De ses 9 à ses 13 ans, il a ainsi fait le bonheur des Bleus et Blancs avant de partir pour de plus gros clubs : le pôle Ile-de-France, l’INSEP de Vincennes, puis Vichy en Pro B puis Le Mans en Pro A, où soit dit en passant son petit frère, Swann, 17 ans, est en train de marcher dans les pas du grand.
« Noah, c’était quelqu’un de déterminé, déjà à 14 ans, se souvient Loïc Calvez, son entraîneur au pôle Espoirs de Châtenay-Malabry. Il était très puissant, mais a compris qu’il fallait encore travailler davantage pour aller au plus haut niveau. Et je suis sûr qu’à Orlando, il va s’imposer encore davantage. »
QI basket hors norme et gros mangeur
C’est aussi le point de vue de Rodrigue Monder, président de Villemomble Sports Basket dont le fils jouait alors en U11 avec Noah : « Noah c’est quelqu’un de très intelligent, sur comme hors d’un terrain. Sur un terrain, il a un QI basket très élevé. En dehors, il est ouvert et très agréable. Et, petit scoop, c’est un gros mangeur ! A chaque déplacement, il me disait : « Président, tu nous payes une pizza ? J’avais fini par dire « seulement si vous dépassez les 100 points ! » Ça ne leur a pas fait peur : régulièrement, je devais leur acheter une pizza… »
L’appétit est en effet venu en mangeant chez ce géant de 2m01 : meilleur espoir de Pro A avec Le Mans, champion d’Europe U20 en 2024 avec les Bleus, drafté en 32e position par les Boston Celtics en 2025 et immédiatement envoyé chez les Orlando Magic. Et désormais joker important dès son année de « rookie ».
Pour ses parents, toujours installés à Bondy, cela relève presque de l’irréel : « Ça fait drôle de le voir à l’écran. Pour nous, c’est un peu comme s’il était rentré dans un jeu vidéo ou dans notre télé… », soufflent Frédéric et Frédérique. Et de poursuivre : « Nous, on a élevé nos enfants avec l’idée que, quoi qu’on fasse, il fallait faire de son mieux. Après, on ne l’a pas programmé pour qu’il devienne basketteur pro. Il se trouve qu’il a cette exigence en lui. »
A la maison comme au Villemomble Sports Basket, le « grand » remplit en tout cas tout le monde de fierté. Son ancien club a même prévu pour la saison prochaine un jeu de maillot qui rappellerait les couleurs- très proches – d’Orlando Magic. Villemomble, c’est l’Amérique !
Christophe Lehousse