« Le PRISME, une aubaine pour la pratique du sport adapté »

« Le PRISME, une aubaine pour la pratique du sport adapté »
Vivre-ensemble
  • Le Département et le Comité départemental du sport adapté (CDSA) de Seine-Saint-Denis ont lancé un projet pilote au PRISME de Bobigny.
  • Depuis quelques semaines, des adolescent·es en situation de troubles mentaux et / ou psychiques ont des créneaux dédiés, avec des animateur·rices.
  • Fabien Paillard, président du CDSA 93 nous parle de cette école destinée aux jeunes les plus éloigné·es de la pratique d'activités physiques.

Comment est né cette nouvelle école départementale du sport adapté dans les locaux du PRISME ? 

C’est un projet que nous portons depuis plus de sept ans avec le Département. Avec l’équipe du CDSA 93, nous mettons en place depuis longtemps des activités sportives adaptées dans un gymnase de Livry-Gargan. A un moment, on s’est dit que ce serait bien d’accompagner les écoles multisports municipales pour qu’elles s’ouvrent aux jeunes en situation de handicap. En 2018, en lien également avec la Direction de l’Autonomie et en transversalité avec la Direction de la Culture, du Patrimoine, des Sports et des Loisirs du Département, des créneaux dédiés ont été mis en place pour les premières écoles municipales du sport adapté (ESMA) à Clichy-sous-Bois, puis Sevran,  Saint-Denis, Bondy… Six écoles municipales de sport adapté sont opérationnelles actuellement et d’autres viendront par la suite. La mise en place d’une antenne départementale au PRISME à Bobigny, une infrastructure géniale pour notre structure, nous permet  ainsi de proposer à des enfants ou des adolescents assez éloignés de la pratique sportive des activités physiques adaptées à leur situation et, ce faisant, la possibilité de se faire plaisir.

Quels types d’activités physiques sont pratiquées dans cette école ? 

A ce jour, nous accueillons une demi-douzaine d’adolescents et d’enfants qui ont déjà suivi cinq à six séances sportives les mercredis avec l’équipe pédagogique de notre Comité départemental du sport adapté de Seine-Saint-Denis (dont un conseiller technique, une animatrice, des stagiaires…). Les salles du PRISME, adaptées à toute forme de handicap, sont idéales pour nos jeunes, avec par exemple, un espace multi-sensoriel Snoezelen qui offre un environnement apaisant aux personnes ayant des besoins spécifiques. Les jeunes pratiquent régulièrement des activités de motricité et d’adresse avec des ballons, des haies d’entraînement… Le ratio est parfois d’un éducateur pour un jeune et parfois, pour deux ou trois. Les séances organisées sont pensées comme des passerelles vers d’autres créneaux sportifs dans des écoles municipales du sport adapté de Seine-Saint-Denis, fréquentées par Samy qui, par exemple, enchaîne nos séances avec des cours de patin à roulettes dans un club de Sevran.

De manière globale, le Département a financé la formation de clubs para-accueillants dans le domaine du parasport pour de nombreux clubs omnisports en Seine-Saint-Denis. Les Jeux olympiques et paralympiques ont également boosté cette pratique. Au sein des associations du territoire, des jeunes atteints de TDAH, de troubles du comportement… peuvent désormais faire de la danse ou du judo, du rugby, de l’escalade, de l’athlétisme, du basket, du football, des activités nautiques… dans un esprit de démocratisation du sport.  On l’oublie souvent mais 60% des personnes handicapées le sont mentalement ou psychiquement. Ce domaine est encore une « terra incognita » pour pas mal d’associations sportives. Malgré les avancées dues aux JOP, la Seine-Saint-Denis manque encore d’équipements sportifs et le PRISME est une vraie bénédiction pour nous car il permet aux structures sportives du territoire d’être informées et de bénéficier de salles correspondant à leurs besoins.

En quoi le sport adapté change le quotidien des jeunes que vous accueillez ? 

Parmi les sportifs de 10 à 20 ans qui viennent régulièrement, un est autiste, un autre est atteint de trisomie 21… Nombre d’entre eux sont  accompagnés par des psychologues ou des psychomotriciennes souvent issues des Centres médico-psychologiques. Le fait de pratiquer du sport génère un épanouissement et des découvertes qui leur permettent de canaliser leur énergie, développer la concentration et leur apporte tout un ensemble de valeurs comme l’amitié, le vivre-ensemble, le respect des règles… Et les familles qui les accompagnent peuvent s’offrir un temps de répit appréciable. Certains parents m’ont confié que depuis qu’il fait du sport, leur fils est capable de jouer au ballon avec des enfants « valides », a réduit ses tocs de concentration et se montre plus sociable. C’est un vrai soulagement car nombre d’enfants souffrant de déficiences mentales ne peuvent pas toujours bénéficier dans les établissements scolaires du soutien d’un Accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) ou d’une Auxiliaire de vie scolaire (AVS) auquel ils ont pourtant droit.

Mais je vais plutôt être positif : le nombre de sections de sport adapté augmente progressivement sur notre territoire et des initiatives se font jour. En janvier, le PRISME accueillera le championnat régional para-escalade de sport adapté et d’autres championnats régionaux sont prévus l’an prochain. Le regard sur le sport adapté est en train de changer partout, c’est une très belle opportunité à saisir !

 

Fabricio, conseiller technique fédéral, Virginie, animatrice, Lila, stagiaire et Fabien Paillard sortent d’un entraînement avec les jeunes Ayoub, Samy, Eliès à Bobigny.

Crédit-photo : Bruno Lévy

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