AC Bobigny rugby : argent amer pour les Louves
- Championnes de France sortantes, les joueuses de l’AC Bobigny n’ont malheureusement pas renouvelé leur titre ce samedi, battues sur le fil par Lyon 12-10.
- En tête à la pause, les Louves se sont fait rattraper par des Lyonnaises plus réalistes.
- La performance des Balbyniennes est malgré tout à saluer, ainsi que leur public, qui s’est fait entendre samedi dans une Défense Arena électrique.
« On est déçues parce que le match se joue à très peu de choses, et qu’on voulait tellement bien faire pour nos supporters et nos bénévoles, qui se mettent en quatre pour nous toute l’année ». Ce lundi matin, dans les locaux du Conseil départemental où elle est cheffe de projet communication, Julie Coudert a la tête des mauvais jours. Un samedi entier passé à batailler, un dimanche à ruminer, et le lundi, retour au taf : voilà le lot de beaucoup de filles de l’AC Bobigny.
Dans leur effectif, les Séquanodionysiennes comptent certes quelques joueuses professionnelles à 7 mais aussi beaucoup d’amateures. Alors, quand ça ne sourit pas sur le terrain, les « à quoi bon ? » peuvent facilement ressurgir.
400 supporters présents
Et pourtant, les Louves – le surnom de l’équipe – n’ont pas à rougir de leur prestation sur le prestigieux terrain de La Défense Arena, ce samedi. Leur demi-finale, réussie dans les grandes largeurs contre Romagnat (victoire 26-5), avait confirmé que les battantes de Bobigny étaient en forme. Et derrière elles, 400 supporters étaient venus pour les pousser jusqu’à la ligne d’essai, dont 50 places achetées par la ville et transmises à des associations luttant contre les violences faites aux femmes.
En finale, face à des Lyonnaises qu’on n’attendait pas à pareille fête, le scénario prenait ensuite des allures de bis repetita de l’année dernière : 10-7 à la mi-temps pour les Louves grâce à des essais de Josefina Padellaro et Hada Traoré. Allait-on assister à une nouvelle victoire des Séquanodionysiennes, déjà stars de la première édition du Supersevens en 2025 (victoire en finale contre Romagnat) ?
Et puis, la machine se grippait légèrement : les Rouges et Blanches encaissaient un nouvel essai en début de deuxième période, 10-12. Malgré leurs tentatives répétées, les tenantes du titre ne reviendraient jamais et allaient devoir céder leur trophée à Lyon.
Lyon plus réaliste
« C’est dommage, il y avait la place. On domine le début de match mais ensuite les Lyonnaises se sont montrées plus réalistes. Derrière, on se précipite peut-être un peu sur les occasions qu’on se crée. Mais Lyon mérite sa victoire », analysait après coup Renaud Torri, co-entraîneur à 7 avec Clémence Gueucier.
Évidemment, on pourra toujours regretter l’absence sur blessure des internationales Lucy Hapulat et d’Anne-Cécile Ciofani, élue meilleure joueuse du monde à 7 en 2019. Des absences qui s’ajoutaient à celles d’Hawa Tounkara et Mariama Tandiang, retenues par les Bleues sur le tournoi de Perth. Évidemment, on pourra toujours se dire qu’avec un peu plus de réussite sur les ultimes offensives, les Louves auraient pu repasser devant. Mais les Balbyniennes pourront se consoler en se disant qu’elles n’ont rien à regretter.
« Au moins, on a réussi à nouveau à montrer le logo du club. On sait très bien qu’on n’a pas les moyens pour rivaliser sur toute une saison à 15 face à de grosses écuries comme Toulouse et Bordeaux. Mais à 7, on peut montrer qui on est. » En entendant cette phrase, on aurait juré voir un sourire sur le visage de Julie Coudert…
Christophe Lehousse
Photos: ©Marie Liesse