Rendre les femmes visibles
- La Seine-Saint-Denis poursuit une politique ambitieuse de féminisation de l’espace public.
- En renommant près de cent bâtiments en hommage à des femmes remarquables, le Département redonne une place essentielle à celles qui ont façonné l’histoire, la culture ou les luttes sociales.
Depuis 2022, le Département mène un vaste programme de renommage de ses équipements. Cette initiative répond à un constat : en France, 94 % des rues portent encore un nom masculin, rendant invisibles les contributions féminines. La délégation Égalité et Citoyenneté pilote ce travail en lien étroit avec les équipes de terrain pour choisir des figures cohérentes avec chaque lieu.
De Paul Verlaine à Elsa Triolet
L’écrivain des Poèmes saturniens a ainsi cédé sa place à la poétesse Elsa Triolet à la crèche de La Courneuve. À Villetaneuse, c’est une PMI qui a adopté le nom de Marie-Claire Chevalier, figure de la lutte pour le droit à l’IVG. Les Archives départementales de Bobigny, jusqu’à présent sans nom, ont adopté celui de Suzanne Citron, historienne engagée et critique du récit national. À terme, ce sont 100 bâtiments départementaux (crèches, collèges, maisons de parcs, etc.) qui mettront à l’honneur des figures féminines ayant marqué l’histoire par leur courage, leur créativité, leur engagement ou leur savoir.
Pourquoi féminiser l’espace public ?
Donner le nom de femmes à des lieux du quotidien, c’est une façon concrète et symbolique de faire évoluer les mentalités et d’ouvrir le champ des possibles pour les générations futures. Actuellement, les noms de 63 bâtiments ont été féminisés, à terme ils seront plus de 100. Dans les semaines qui viennent, un livret relatant le pourquoi du choix de ces femmes d’exception sera diffusé.
L’avis de Pascal Labbé
Vice-présidente chargée de l’Observatoire des violences faites aux femmes et de l’égalité femmes-hommes
« Depuis 2015, je me suis engagée à réduire les inégalités entre les femmes et les hommes. Depuis 2021, nous avons lancé un plan de nomination de 100 bâtiments départementaux par des noms de femmes illustres afin que les femmes soient plus représentées dans l’espace public. Nous devons multiplier nos références féminines dans tous les domaines, qu’il s’agisse de littérature, de mathématique, de médecine, d’art, de la défense des droits humains, de la Paix, des droits civiques, et autres. Elles sont nombreuses diverses et variées parfois connues mais souvent pas reconnues ! C’est l’engagement de redonner aux femmes la place qu’elles méritent, tant dans l’espace public que dans nos mémoires collectives.»