Les jeunes prennent la parole !
- Département le plus jeune de France métropolitaine, la Seine-saint-Denis s'est engagée entre mai et décembre 2025 dans une grande consultation des 15-25 ans.
- Si beaucoup disent aimer la solidarité et la diversité propres au territoire, tous et toutes ou presque soulignent la difficulté à se loger, accéder à leurs droits et parfois même se nourrir…
- La parole est à elles et eux !
« Je trouve que la fameuse phrase » Quand on veut, on peut » est illusoire. C’est quand le capital économique, culturel, les parents qui sont derrière, qu’on peut. Moi, je m’en suis sortie grâce à des assos comme Ambition Campus ou Ghett’up qui m’ont aidée à me construire. C’est formidable qu’elles existent, mais elles portent en fait le poids de l’incompétence de l’État. » Melika, étudiante en communication à Paris-8 Saint-Denis, ne mâche pas ses mots au moment de donner son opinion sur la situation globale de la jeunesse en Seine-Saint-Denis.
Son avis, comme celui de centaines d’autres jeunes, est venu nourrir une grande concertation lancée, de mai à décembre dernier, par le Département de la Seine-Saint-Denis auprès de sa jeunesse. Quoi de plus logique, dans un territoire où 40 % des habitant·es ont moins de 30 ans, d’en savoir plus sur les attentes des jeunes ?
150 partenaires consultés
« De ces consultations sont sortis deux documents : le livre blanc « Pour un avenir désirable », pensé pour interpeller l’État sur certains sujets, et une feuille de route, axée plus spécifiquement sur les compétences départementales », exposaient après coup Sophie Helene et Saadia Bouy Sahali, responsables de la direction Jeunesse et Vie Associative au Département. Présentés en Assemblée départementale le 18 décembre, ces deux documents doivent servir à rénover les politiques départementales en direction des 15 – 25.
« C’est bien qu’on soit consultés sur nos priorités. Ce qui est fondamental pour moi, c’est la possibilité de me déplacer, pour aller en cours, mais aussi pour sortir. Certaines villes en Seine-Saint-Denis sont encore assez mal desservies, notamment à l’Est du département. », estimait ainsi Clara, 21 ans, étudiante en histoire-géographie à la Sorbonne Paris-4 et habitante de Vaujours. Transports donc, mais aussi difficultés financières, discriminations parfois subies sur la base de l’origine ou de la religion, et une certaine anxiété face à l’avenir sont quelques- unes des inquiétudes qui reviennent le plus souvent dans la bouche des jeunes consulté·es.

Oriane Filhol, conseillère départementale déléguée à la jeunesse et à la lutte contre les discriminations, avec les jeunes ayant participé à la consultation jeunesse.
Actions en santé mentale ou habitat intergénérationnel
Face à ces problèmes, les principaux concernés ne sont pas en reste pour proposer eux-mêmes les solutions. À Paris-8 ou Paris-13, l’association Cop1 se démène ainsi pour faire reculer la précarité chez les étudiant·es : « On fait une distribution alimentaire par semaine, à Aubervilliers ou Saint-Denis, mais on essaie aussi de lutter contre l’isolement des jeunes en leur proposant des séances de sport ou des sorties culturelles », détaillait Charles Cuvillier, l’un des jeunes responsables de Cop1.
Parmi les autres solutions listées par la feuille de route départementale, on trouvait encore la mise à disposition de 130 000 euros pour des associations proposant des prises en charge en santé mentale, ou l’expérimentation de l’habitat intergénérationnel. Dans les appels lancés à l’État sont aussi prévus la demande d’un Revenu de Solidarité Active pour les moins de 25 ans (ils en sont pour l’instant exclus) et la gratuité de certains transports le week-end. Tous les ans, cette liste d’actions sera réévaluée et modifiée en fonction des besoins des jeunes du département.