B comme Battante

B comme Battante
entrepreneuriat
  • Marietou est une Battante, avec un B majuscule. Elle a suivi à Aubervilliers le dispositif 100% féminin Les Battantes de la fondation WPDI.
  • Un dispositif créé par Forest Whitaker et soutenu par le Département.
  • Dans la foulée, elle lance son entreprise : Tourmako, un intermédiaire spécialisé dans les voyages personnalisés au Mali.
Marietou Diombera cheffe d’entreprise à la tête de Tourmako
Dans mon entourage proche, je suis la première cheffe d’entreprise. J’ai 37 ans et je me dis qu’à tout âge on peut commencer des choses. Mieux vaut le faire pour ne pas le regretter. Maintenant, que l’impossible est fait, le possible est en cours.
Marietou Diombera cheffe d’entreprise à la tête de Tourmako

Rêviez-vous d’être cheffe d’entreprise ?

Je n’ai jamais imaginé devenir entrepreneure. Pour moi, c’était réservé à une certaine catégorie de personnes, précisément les hommes en costard-cravate. Les circonstances de la vie m’y ont poussée.

Quel a été le déclic ?

Chaque parcours que j’empruntais en France, était une défaite. On ne voulait pas me donner du travail. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais la solution que j’ai trouvée a été de créer mon propre travail.

Votre entreprise est enregistrée à la Chambre de commerce et d’industrie en vivez-vous aujourd’hui ?

Mon entreprise est en cours de développement. Je n’en vis pas pour l’instant mais j’y passe presque tout mon temps. Je l’ai créée en avril 2025, juste après avoir suivi les cours des Battantes. C’était le moment de sauter le pas.

Vous avez accompagné par WPDI, que retenez-vous de cette expérience ?

Qu’elle m’a donné le feu sacré. J’étais toute seule dans mon coin. Cela a accéléré les choses. Non seulement les cours y étaient pertinents mais ce que j’ai trouvé génial avec eux c’est que chacun avait sa place, peu importe le porteur de projet, peu importe l’état d’avancement de son projet : que vous soyez en phase d’idéation, que vos projets soient un peu avancés, ou déjà créés. Avant alors que c’est un domaine que je connais, où je suis légitime, dans ma tête je restais bloquée sur le fait que ce n’était pas pour nous.

De quelles aides, avez-vous bénéficié à la fondation de Forest Whitaker ?

J’ai eu une dotation de 4000 euros de la part de l’association WPDI. Ce coup de pouce m’a aidé à la création. Je parle en mon nom mais je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas-là. WPDI a toute son utilité car quelle que soit la couleur de votre peau, si vous avez un projet, vous avez votre place avec eux. L’accompagnement est gratuit du début à la fin.

Le fait que ce dispositif soit 100% féminin, qu’est-ce que ça apporte ?

Cela met davantage en confiance. D’autres comme moi sont timides et réservées. En compagnie d’autres femmes, je vais pouvoir dire des choses plus facilement. Mais s’il y a d’autres hommes je vais réfléchir à deux fois, je vais le reformuler autrement, on va même peut-être se sentir un peu inférieures. Alors qu’entre nous, on peut se lâcher, on peut se dire les choses. C’est entre nous. C’est bien d’être mixte mais c’est bien aussi de se retrouver. On se dit que c’est notre monde à nous. J’apprécie ce côté-là, je le trouve génial.

Autour de vous, dans votre famille, y avait-il des femmes cheffes d’entreprise ?

Dans mon entourage proche, non je n’en connais pas. Je suis la première. En revanche, j’ai une amie qui m’a beaucoup inspiré. Elle est à la tête d’une entreprise de Pompes funèbres. Elle s’appelle Hayat. Elle m’encourage. J’ai 37 ans et je me dis qu’à tout âge on peut commencer des choses. Mieux vaut le faire pour ne pas le regretter.

Votre entreprise c’est votre bébé ?

Bébé c’est très très fort mais j’ai un autre mot : c’est ma vie. C’est tout pour moi. Maintenant, que l’impossible est fait, le possible est en cours. Dans ma tête, tout s’est structuré à présent.

Pourquoi, selon vous, les femmes hésitent-elles encore à entreprendre ?

C’est juste que nous ne sommes pas entourées de personnes qui nous poussent en avant. On n’a pas l’information qu’il faut. On ne connaît pas les gens qui connaissent les gens qui… vous voyez ce que je veux dire ? On est entre nous. On se fait petite même si on a de l’ambition. Mais en fait tout est possible. J’espère que votre article va aider beaucoup de femmes à oser.

Que propose Tourmako votre entreprise ?

« C’est un service de voyage personnalisé. Faire ses démarches de voyage sur le Net est compliqué pour les Maliens vivant en France. Nous les aidons à avoir le billet le moins cher possible grâce à nos partenaires qui ont la possibilité de négocier les tarifs directement avec les compagnies. Autre avantage : ils ont la possibilité d’être accompagné dans leur langue maternelle, c’est à dire en cinq langues différentes. Nous accompagnons nos clients du début à la fin. Dans les autres agence, une fois le billet payé, vous êtes un numéro. Chez nous, à tout moment, nous communiquons des informations lié au voyage, nous prenons des nouvelles. Même une fois au pays, si le client a besoin de rentrer plus tôt, nous nous en chargeons. Je n’ai pas fait d’étude de marché approfondie mais la communauté malienne est la deuxième plus grande communauté en France. On est à peu près 120 000 en France. Et 70% d’entre eux se rend au Mali chaque année. En 2025, il y avait une croissance de 15%. C’est une communauté qui retourne très très souvent au pays. »

renseignements : 0769539897 ou marietou.tourmako@gmail.com

Crédits photos: Wikimedia Commons Place de la liberté © Rgaudin  / Grande mosquée de Djenné © BluesyPete/ Aéroport international Président Modibo Keïta de Bamako-Senou © Lin Diallo

 

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