À la rencontre des businesswomen de Seine-Saint-Denis
- Le Département de la Seine-Saint-Denis soutient des dispositifs de création d'entreprises par des femmes.
- Accompagnées, conseillées, formées, les femmes qui lancent leur entreprise réussissent mieux que leurs homologues masculins.
- Quand la sororité booste l'entrepreneuriat…
Les femmes cheffes d’entreprise qui réussissent en Seine-Saint-Denis sont trop nombreuses pour toutes les figurer dans ce magazine. On estime leur nombre à 10 000. Les entreprises qu’elles dirigent sont d’ailleurs plus rentables que celles des hommes (+ 38 %). Le critère de viabilité tourne aussi à leur avantage. Sur dix créations d’entreprises, une seule liquidation judiciaire pour les dirigeantes (et deux pour les hommes). Ces excellents résultat sont même orienté les dispositifs d’aide à la création d’entreprise vers du coaching 100 % féminin.
Il y a 6 ans la Miel (Maison de l’initiative économique locale) lance Les Essentielles. « Un programme complètement gratuit, rappelle Lydia Tazamoucht , sa directrice, avec des centaines d’heures de coaching. » Invitation à participer à des salons professionnels, bureau gratuit mis à disposition, étude de marché, vérification de la viabilité du modèle économique, stratégie de commercialisation, de marketing, de branding. « Tout est vraiment vu, ou revu à la loupe avec des experts. Leur dossier est ainsi beaucoup plus costaud pour bénéficier d’un financement. »
La Pierrefittoise Meriem Khali-Malone, fondatrice de Madame la Présidente, a bénéficié de l’accompagnement de la Miel. Aujourd’hui, sa marque de compléments alimentaires pour réduire la perte de cheveux chez les femmes réalise un chiffre d’affaires impressionnant : 3,5 millions d’euros. Distribuée en Europe, au Canada, avec un siège social qui reste implanté à La Courneuve. Quel que soit le dispositif, le fait même d’être accompagnée augmente les chances de survie de son entreprise de + 80 %.

L’ambassadrice In Seine-Saint-Denis Maeva Irrilo a créé son entreprise en 2020 alors qu’elle n’était âgée que de 25 ans. Désormais, la fondatrice d’Inclusion Conseil, accompagne les institutions ou les entreprises dans la mise en place de stratégies d’inclusion et d’accessibilité.
Chez Forest Whitaker
Autre dispositif 100 % féminin soutenu par le Département : Les Battantes, à Aubervilliers, créé par Whitaker peace & development initiative (WPDI). Marietou n’a jamais rencontré la star américaine Forest Whitaker, mais elle en a bénéficié, et a même remporté une bourse de 4 000 euros pour se lancer : « En arrivant en France, malgré ma licence en tourisme, je ne trouvais pas de travail. C’est ce qui m’a poussée à créer mon entreprise TourMako » qui propose un service de voyage personnalisé destiné aux Maliens vivant en France. Les allocataires du RSA désireuses de créer ou de développer leur entreprise peuvent bénéficier elles aussi d’un accompagnement. Jonathan Stebig, chef de projet inclusion et entrepreneuriat au Département de la Seine-Saint-Denis explique : « Un 1er diagnostic est fait par les conseillers en Ali (Agence locale d’insertion) qui travaillent ensuite main dans la main avec 22 structures d’accompagnement de proximité. »
Pour Stéphanie Monjoin, directrice du réseau ME (Mieux Entreprendre), qui accompagne 400 entrepreneur·es à l’année dont 48 % de femmes, et sillonne le 92, le 95, le 77 et le 93, les femmes entrepreneures en Seine-Saint-Denis « sont très ambitieuses, elles en veulent. On dirait des guerrières. Il y a de la persévérance. Elles sont très volontaires et très demandeuses d’accompagnement ». Cette structure centenaire basée à Saint-Ouen prépare la cinquième édition des Lead’HER Days, un événement d’empowerment, qui permet à chacune de gagner en compétences et en réseaux : « Pendant ces deux jours, c’est le mot de sororité qui revient le plus souvent. »