Mélisa Godet, au nom de toutes les femmes
- La Maison des femmes, qui sort en salles le 4 mars, emprunte son titre au centre de soins pour les femmes victimes de violences qui a vu le jour à Saint-Denis en 2016.
- Sa réalisatrice nous explique pourquoi ce projet lui tenait tant à cœur.
Pourquoi vous êtes-vous intéressée à la Maison des femmes ?
J’écoute beaucoup la radio chez moi. Fin 2016, j’ai entendu la médecin-cheffe Ghada Hatem parler de sa nouvelle Maison (adossée à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis). Elle y expliquait comment elle y travaillait de manière pluridisciplinaire pour proposer aux femmes victimes de violences un parcours de prise en charge global. Et je me suis dit que c’était une initiative géniale.
Ghada Hatem et les équipes ont-elles tout de suite été convaincues par votre projet de film ?
Non, au début, Ghada était sceptique, notamment sur l’idée de se voir transposée comme personnage de fiction. Mais ensuite, cette même idée de la fiction nous a aidées : car avoir des personnages vraisemblables plutôt qu’existants limitait les intrusions dans le quotidien des patientes, ce que nous voulions justement éviter.
Comment avez-vous choisi vos différentes histoires de femmes, dont certaines sont très dures, d’autres plus résilientes…
On voulait vraiment montrer la diversité des situations qui existent. Les violences faites aux femmes ne sont pas l’apanage d’un milieu social ou d’une origine géographique. Et les prises en charge couvrent un spectre hyper large : les violences ne sont pas seulement conjugales, mais aussi sexuelles, économiques, et parfois tout ça à la fois.
Avez-vous tourné dans les vrais locaux de la Maison des Femmes ?
Absolument pas. Il n’était pas question qu’on débarque avec nos gros sabots à la Maison des Femmes pour perturber le travail des soignantes. On a donc tourné en partie dans le 13e arrondissement, dans un centre social de l’Armée du Salut. Mais comme là aussi, il y a une vraie activité, on a reconstitué la Maison des Femmes dans une entreprise désaffectée à Bry-sur-Marne.
Qu’attendez-vous de votre film ?
Qu’il soit perçu pour ce qu’il est : un hommage à l’action de ces soignantes, des associations et de tout ce tissu de la société civile qui se bouge pour offrir des solutions concrètes. Et si à travers ce film, des femmes peuvent s’apercevoir qu’il existe des lieux pour les aider, ce sera déjà ça…
60 soignant·es et autant de bénévoles