L’âme de l’Ukraine a résonné dans la Basilique de Saint-Denis

L’âme de l’Ukraine a résonné dans la Basilique de Saint-Denis
Concert-hommage
  • Jeudi 26 mars, 660 spectateur•rices sont venu·es écouter un concert hommage à l’Ukraine, joué dans le cadre de la Saison de l’Ukraine en France et organisé par le Festival de Saint-Denis.
  • Venus d’Ukraine, confrontée à l’invasion russe depuis le 24 février 2022, le chœur de Kyiv et l’organiste Iryna Kalynovska ont reçu un accueil chaleureux et majestueux, au cœur de la Basilique de Saint-Denis.
  • Le compositeur ukrainien Valentyn Sylvestrov, qui vit en exil à Berlin et présent sur les lieux, a par ailleurs été fait Docteur honoris causa par l’université de Paris-8 Saint-Denis.

Lentement, la « prière pour l’Ukraine » s’est élevée dans la nef de la Basilique de Saint-Denis, chantée par les 25 jeunes membres du chœur de chambre de Kyiv. Un moment suspendu, où la gorge se serre. Peu de temps auparavant, son auteur, le compositeur ukrainien Valentyn Sylvestrov, présent au concert, avait reçu le titre honorifique de Docteur honoris causa de l’université Paris-8.

Le festival de Saint-Denis a offert jeudi 26 mars un concert de toute beauté aux 660 spectateur·rices venu·es écouter et presque se recueillir lors de cet hommage à l’Ukraine, pays en grande souffrance depuis l’invasion russe déclenchée le 24 février 2022.

« On a voulu montrer le meilleur de nos compositeurs et certaines pièces qui ont été écrites pendant la guerre », expliquait avant le concert Mykola Hobdych, chef du chœur de chambre de Kyiv qu’il a lui-même fondé en 1990. Côté chœur, les femmes étaient à l’honneur avec Lesya Dytchko, Hanna Havrylets et Victoriia Poleva, trois compositrices contemporaines ayant souhaité renouer avec la dimension sacrée des chants religieux ukrainiens. « La dernière, Hanna Havrylets, est d’ailleurs décédée d’une attaque cardiaque au 4e jour de la guerre », rappelaient Mykola Hobdych et Taisiia Iurieva, la manageuse du chœur.

L’espace d’un concert, également porté par l’Institut français et l’Institut ukrainien, toute l’assistance a éprouvé ce que les membres de ce chœur avaient exprimé en interview : « La musique nous aide beaucoup, nous et tout le peuple ukrainien, elle nous aide à ne pas être en colère face à la violence ». égalmeent

En répétitions entre 2 bombardements

Dès la fin du concert, les 27 membres de ce chœur rentreront d’ailleurs à Kyiv où les attend, le 2 avril, un concert dans la cathédrale Sainte-Sophie pour les fêtes de Pâques, très suivies en Ukraine.

« On va aux répétitions, entre deux alertes au bombardement sur la ville. Et on s’organise pour ne pas être bloqués par les pannes d’ascenseur, à cause des pannes de courant », poursuivait Mykola Hobdych.

Aux 25 choristes ukrainiens répondaient les morceaux pour orgue de trois autres compositeurs ukrainiens, Viacheslav Nazarov, Viktor Honcharenko et Mykhaïl Shukh, joués eux par l’organiste ukrainienne Iryna Kalynovska et le Français Quentin Guérillot, titulaire de l’orgue de Saint-Denis depuis 2018. « J’ai pu échanger avec Iryna Kalynovska avant le concert sur les spécificités de l’orgue de Saint-Denis. A cette occasion, elle m’a dit qu’elle vivait en exil en Italie depuis le début de la guerre. Si au moins une petite lumière dans ce désastre peut être la connaissance de la culture ukrainienne, ce sera déjà ça », racontait Quentin Guérillot.

Dans le froid de la cathédrale de Saint-Denis- dérisoire par rapport aux températures que doivent endurer les Ukrainien·nes très souvent privés de chauffage par la guerre – on a effectivement senti cette lumière que le festival de Saint-Denis, soutenu notamment par le Département et sa Biennale Multitude, a su allumer pour l’Ukraine, ce jeudi 26 mars.

Christophe Lehousse

Photos: © Christophe Pelletier

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