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Éducation artistique et culturelleIn Situ, artistes en résidence dans les collèges

Les artistes en résidences dans les collèges

Flore Dallennes et Céline Pelcé au collège Cesaria-Evora à Montreuil

Flore Dallennes et Céline Pelcé
- Établissement : Collège Cesaria-Evora à Montreuil
- Structure culturelle associée : Centre Tignous d’Art contemporain

Flore Dallennes est membre de l’Atelier de l’Ours, un collectif de paysagistes et de designers engagés pour une fabrique sobre et collective des espaces de vie de demain. Le collectif s’attache à placer le travail d’équipe et l’interdisciplinarité au cœur du processus de création. Chaque projet est l’opportunité d’une réalisation commune et singulière, alimenté par les compétences diversifiées de l’équipe et des acteur·rices·s rencontré·e·s.

Céline Pelcé utilise depuis 2012 la nourriture comme matériau de construction éphémère, porteuse d’une poétique sensorielle et exploratrice des territoires. Dans une dynamique collaborative, transdisciplinaire et multiculturelle, Céline Pelcé traduit ses recherches sous forme d’installations comestibles, de performances ou de dîners collectifs.

Le projet de création mené dans le cadre de la résidence In Situ s’appuie sur une série d’ateliers menés au sein du collège (création culinaire, ateliers d’écriture, de céramique, construction de la scénographie du Banquet final...) et de rencontres réalisées avec les commerçant·e·s montreuillois·es. Il permet de comprendre le fonctionnement d’un territoire dans son rapport au vivant, à travers le prisme de l’alimentation et la fabrique des paysages nourriciers. La réalisation de cette œuvre performative et participative, fruit du travail réalisé par et avec les élèves, sera forte de l’association des savoirs et de la pluridisciplinarité des artistes impliquées. Pour construire cette performance, elles explorent la ville de Montreuil, sous un angle précis : son rapport à l’alimentation.

Paul Costes, Bijan Anquetil et Marin Fouqué au collège Théodore-Monod à Gagny

Paul Costes, Bijan Anquetil et Marin Fouqué
- Établissement : Collège Théodore-Monod de Gagny
- Structures culturelles associées : Bibliothèques en Seine-Saint-Denis et Périphérie

Marin Fouqué est l’auteur de « 77 », un premier roman foudroyant à l’écriture brute, une variation littéraire au rythme acéré sur une jeunesse en « bout du monde », quelque part en Seine-et-Marne. Marin Fouqué anime des ateliers d’écriture, étudie le chant lyrique et pratique la boxe française. Il écrit de la poésie, du rap, des nouvelles, et compose sur scène des performances mêlant prose, chant et musique.

Paul Costes se consacre depuis plusieurs années à la réalisation de films documentaires et de fiction, expérimentant les codes et les outils de ces deux genres. Son travail a été présenté dans plusieurs festivals, dont ceux de Clermont-Ferrand, Lussas, Pantin, Doclisboa, et au FID Marseille.

Bijan Anquetil a réalisé une série de films documentaires en Iran, dont « Les murs ont des visages », coréalisé avec Paul Costes en 2007. En 2012, son film « La nuit remue », qui suit le parcours de deux Afghans à leur arrivée à Paris, a reçu le grand Prix de la compétition française au FID Marseille et a été présenté en compétition internationale aux Entrevues de Belfort. En 2013, il a filmé l’installation de familles roms à Saint-Denis. Ce film, « Le Terrain », présenté à Cinéma du réel, a reçu le Prix à la Qualité du CNC. Il a coréalisé en 2016 avec Paul Costes « Madame Saïdi ».

La résidence In Situ au collège Theodore-Monod a pour vocation de donner l’occasion aux élèves de se réapproprier leur collège et leur quartier par les moyens du cinéma documentaire et de la littérature : une éducation au regard et à l’écoute, pour apprendre à observer le lieu que l’on fréquente tous les jours et ouvrir une possibilité de le voir et le faire voir autrement. Les ateliers mêlent séances d’écriture, déambulations urbaines, prises de sons et prises de vues in situ, rencontres avec les Archives départementales ou atelier de réalisation audiovisuelle. Par une collecte de documents anciens et la création d’images, le projet donne l’opportunité de s’interroger sur l’histoire et la géographie de la ville de Gagny et de questionner les élèves sur leur propre conception de leur territoire pour parvenir à le raconter avec leurs mots et selon leur propre vision. Le travail littéraire intervient dans les productions visuelles pour « donner voix » aux images, élaborer un dialogue poétique qui les accompagne, les métamorphose.

Anne Palomeres, Fanny Menegoz et Marie-Edith Roussillon au collège Langevin-Wallon à Rosny-sous-Bois

Anne Palomeres, Fanny Menegoz et Marie-Edith Roussillon
- Établissement : Collège Langevin-Wallon à Rosny-sous-Bois
- Structure culturelle associée : Collectif Surnatural Orchestra

Formé en 2000 et composé de 18 musicien·ne·s et d’une dizaine d’acolytes, Surnatural Orchestra est un grand ensemble cultivant l’inattendu et jouant avec ses arrangements et compositions originales pour combiner les influences jazz, pop, folk... Ses propositions à rebondissement sont nourries par le croisement des univers musicaux des membres du collectif et s’inspirent des rencontres et collaborations initiées depuis toujours avec des compagnies de théâtre, de cinéma et de cirque. Le collectif s’attache à déconstruire la barrière savant/apprenant et à penser plutôt la transmission de connaissances dans les deux sens, chacun apportant à l’autre.

La résidence est incarnée par trois femmes du collectif Surnatural, qui exercent différents métiers du spectacle vivant : Fanny Ménégoz, flûtiste, improvisatrice et compositrice ; Anne Paloméres, danseuse et éclairagiste/régisseuse ; Marie-Edith Roussillon, chargée de production-diffusion et metteuse en scène.

Fanny Ménégoz est influencée tant par les grands compositeurs contemporains que par les géants du jazz et les artistes français actuels (Benoit Delbecq, Jozef Dumoulin ou encore Magic Malik). Elle développe un langage singulier à travers l’improvisation.

Anne Palomeres a étudié la danse contemporaine au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Passionnée par l’univers des théâtres et curieuse d’en comprendre les rouages, elle se forme au métier d’éclairagiste et réalise des créations lumières pour plusieurs compagnies. Elle recherche aujourd’hui d’autres manières d’allier danse et éclairage, s’interrogeant, au gré des propositions, sur la place du corps présent dans l’espace scénique.

Marie-Edith Roussillon a une formation musicale et théâtrale. Selon les projets, elle se charge de la production ou de la mise en scène pour se placer à la croisée des différents corps de métiers du spectacle vivant. Elle occupe le poste de chargée de production et diffusion pour Surnatural Orchestra depuis mai 2018. En février 2014, elle crée la compagnie « Bouquet de chardons, du théâtre avec du piquant » ; elle en assure la direction artistique.

A l’image des artistes impliqués et du collectif Surnatural, la résidence In Situ est protéiforme, mêlant la danse, la pratique de la musique (avec une session d’enregistrement au Studio B de Rosny) ou encore la création d’objets pour le carnaval final (masques, totems). Des interventions sont également menées auprès des enseignant·e·s pour construire collectivement l’événement final (ateliers d’initiation au soundpainting, conférence sur l’histoire du carnaval). Trois créations seront développées au cours de la résidence : le duo danse et flûte « Salpêtre » avec Anne Palomeres et Fanny Ménégoz, le quartet « Nobi » avec les artistes Fanny Ménégoz (flûte, improvisation, composition), Gaspar Jose (vibraphone), Alexandre Perrot (contrebasse) et Lanik Tallet (batterie) ou encore le duo « Dune » composé de Fanny Ménégoz et du batteur Rafaël Korner. Ces temps de résidences artistiques sont également l’occasion de permettre aux élèves d’approcher au plus près la démarche de création ; les collégien·ne·s sont ainsi invité·e·s à rencontrer les artistes en résidence et des concerts et performances sont organisés au sein du collège lors de chaque session. En juin, les élèves participeront à une déambulation carnavalesque et poétique, au plus près de « la fête des fous ». Celle-ci prendra corps au collège Langevin-Wallon à la fin de l’année venant ainsi clôturer la résidence atypique et participative imaginée par le collectif avec les élèves et les enseignant·e·s du collège.

Studio double / Agathe Joubert & Pauline Vialatte de Pémille dans les collège Miriam-Makeba (Aubervilliers) et Rouault (Paris 19ème)

Studio double / Agathe Joubert & Pauline Vialatte de Pémille
Résidence croisée Aubervilliers / Paris (Département de la Seine-Saint-Denis et Ville de Paris
)
- Etablissements  : Collège Miriam-Makeba (Aubervilliers) et collège Rouault (Paris 19ème)
- Structure culturelle associée  : Le Centquatre

Studio Double est un collectif qui mène des projets de conception graphique et de direction artistique et travaille sur des domaines variés comme l’identité visuelle, l’édition, la signalétique et la vidéo. Diplômées en 2015 de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris et réunies sous le nom Studio Double, Agathe Joubert et Pauline Vialatte de Pémille mènent depuis la fin de leurs études un projet autour des références qui se tissent entre des œuvres issues de différents genres artistiques (cinéma, peinture, musique, littérature…). Ces recherches donnent lieu à des expositions et éditions, qui établissent une histoire des arts non chronologique et poétique. Au cœur de leur démarche artistique, elles examinent les rapports graphiques entretenus entre le cinéma et la peinture, à travers des installations vidéos, des extraits de films, des images retravaillées et de la réalité augmentée.

Cette résidence croisée s’appuie sur deux dispositifs portés par les collectivités territoriales dans chacun des deux collèges concernés : dispositif Résidences In Situ en collèges (Département de la Seine-Saint-Denis) et L’Art pour grandir (Ville de Paris). Cette résidence permet de co-construire, avec les artistes de Studio Double et les élèves, plusieurs productions artistiques, participatives et inclusives à destination des usagers de la Street Art Avenue. Cette signalétique singulière concourra à une appropriation sensible du canal en construisant un récit, un fil rouge créatif permettant de valoriser la parole des élèves des collèges Miriam-Makeba à Aubervilliers et Georges-Rouault à Paris 19ème. Pour composer le contenu de cette signalétique, les élèves des deux établissements ont travaillé plusieurs techniques en arts visuels durant les ateliers proposés tout au long de l’année (création de cartes postales, prises de sons in situ, réalisation de tampons, cyanotypes, atelier risographie, arpentages dans l’espace public avec des associations locales, réalisation d’un journal commun aux deux collèges, échanges épistolaires, etc.).

La résidence croisée est ainsi l’occasion de travailler en complémentarité́ sur la thématique du cheminement, de l’appropriation du territoire dans son immédiate proximité́ et en lien avec la Street art Avenue et l’Olympiade culturelle.

Compagnie Beaux-Champs, Bruno Benne au collège Joliot-Curie à Pantin


Compagnie Beaux-Champs, Bruno Benne
- Etablissement : Collège Joliot-Curie à Pantin
- Structure culturelle associée : Centre National de la Danse

Sous l’impulsion du danseur et chorégraphe Bruno Benne, la compagnie Beaux-Champs / création baroque, est fondée en 2013. Beaux-Champs développe un projet chorégraphique et musical questionnant l’héritage baroque par une vision résolument contemporaine. Fédérant une nouvelle génération de créateur·rice·s et d’artistes spécialistes de cette époque, la compagnie Beaux-Champs affirme dans tous ses axes d’action la place essentielle d’un art baroque en perpétuel renouvellement dont les concepts fondateurs posent aujourd’hui et pour demain les bases d’un riche travail de création. Au-delà du travail de création mêlant danse et musique vivante, la compagnie développe sa cellule de transmission à l’initiative de Bruno Benne, nommée // Energie Baroque //. Le désir de contribuer à la recherche sur les traités historiques et de développer l’art baroque en France et à l’international sont aussi des axes moteurs de l’activité de la compagnie. 

Bruno Benne est chorégraphe et danseur. Il développe avec son équipe d’artistes chorégraphiques et musiciens une vision moderne de l’art baroque en s’appuyant sur cet héritage pour le réinventer sous de nouvelles formes. En pensant le patrimoine comme un véritable objet d’invention, il en fait un art totalement actuel. Diplômé du Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse en danse classique et contemporaine et du Conservatoire National Supérieur de Paris en danse contemporaine, Bruno Benne est spécialisé en danses baroques depuis 2004. Avant de créer sa compagnie Beaux-Champs en 2013, il a été interprète et pédagogue pour Béatrice Massin/Cie Fêtes-Galantes et Marie-Geneviève Massé/Cie L’Eventail et a collaboré avec Lucinda Childs de 2012 et 2017. Il s’est produit aux côtés de nombreux ensembles baroques : Les Arts Florissants, Les Talents Lyriques, Le Concert Spirituel, Les Folies Françoises, Le Concert Étranger… en France et à l’international : Opéra National de Paris, Opéra Royal de Versailles, Opéra de Lyon, Le Capitole à Toulouse, Opéra National de Bordeaux, Le Bolshoï de Moscou, BAM à New York, Festival Cerventino au Mexique, Fisher Center à New York, Barbican Center à Londres…

Très attaché à la transmission, il enseigne régulièrement lors de stages et master-classes, mène et coordonne de nombreux projets pédagogiques pour les publics scolaires, les amateurs et les formateurs. Bruno Benne travaille en duo avec la danseuse Adeline Lerme, tant dans leurs projets de création que d’éducation artistique et culturelle. Ils ont notamment déjà travaillé deux années sur « Constellation », projet d’expérimentation en éducation artistique et culturelle auprès de groupes très divers allant de la maternelle au collège en passant par des publics du champ sanitaire et social. Ensemble, ils proposent une approche contemporaine de la danse baroque particulièrement ouverte et poreuse, à l’écoute de son public et en adaptation constante, afin de susciter la curiosité et l’émotion du public, jeune ou adulte.

Dans le cadre de la résidence In Situ menée au collège Joliot-Curie à Pantin, les élèves abordent le champ de la danse baroque au travers d’ateliers chorégraphiques et de pratique musicale. L’exploration de ces sujets et leur approche plus théorique est approfondie lors de temps de médiation incluant l’étude des représentations du corps à travers l’Histoire, la participation à une conférence sur l’anatomie ou encore l’analyse d’œuvres chorégraphiques dans lesquelles le corps est diversement mis en scène. Ces différents temps d’échanges et de pratique déboucheront sur la création d’un bal baroque au sein du collège, avec les élèves, les membres de l’équipe pédagogique et les familles. La résidence de création au sein du collège permet également à la compagnie Beaux-Champs de travailler sur la dernière création « Rapides », une pièce pour 10 danseur·euse·s, prévue pour une diffusion en 2022, conçue et chorégraphiée par Bruno Benne. Une création tournée vers la jeunesse et la transmission sur la « Water Music » de Georg Friedrich Haendel et une création musicale de Youri Bessières « Music Water ».

Collectif de chercheurs, photographes, scénographe, journalistes au collège Les Mousseaux à Villepinte

Collectif de chercheurs, photographes, scénographe, journalistes
- Etablissement : Collège Les Mousseaux à Villepinte
- Structure associée : F93

F93 est une association de culture scientifique et technique qui conçoit de manière originale l’articulation entre culture, sciences et techniques.
Plusieurs intervenants animeront les différents ateliers menés avec et par les élèves du collège : Nicolas Perrin, musicien, co-directeur artistique du collectif de création sonore « L’Emoi sonneur ». Ecologie sonore, installations, concerts, performances et créations en espaces publics, le collectif « L’Emoi sonneur » est un laboratoire de nouvelles formes pour les musiques expérimentales et électroacoustiques dans la rencontre avec le spectacle vivant. La résidence impliquera les journalistes sportifs Angus Torode qui animera des rencontres en anglais avec la nageuse paralympique Camille Bérubé et Julien Duez (journaliste sportif germanophone) pour accompagner les échanges avec la footballeuse allemande Sara Däbritz. Aurélie Bambuck, journaliste au service culturel de la rédaction de France Inter, proposera aux élèves un ensemble d’archives collecté sur ses parents, athlètes internationaux. Les ateliers/rencontres auront pour objectif de réfléchir à la façon dont la documentation de trajectoires individuelles fait écho à l’Histoire et vient nourrir son écriture. Pierre-Olaf Schut et Sandie Beaudouin, historiens du sport co-interviendront lors de cette rencontre. Des journalistes du « Parisien » viendront animer des ateliers avec des élèves du club presse (de la 6ème à la 3ème). Une scénographie spécifique est également créée in situ par Elodie Descoubes et sera prolongée lors d’ateliers avec les élèves.

La résidence In Situ au collège Les Mousseaux s’articule autour des « Jeux olympiques et paralympiques 2024 ». Elle est conçue dans une approche plurielle et diversifiée pour traduire la richesse des enjeux que représentent les Jeux. Chronophotographie, création sonore, rédaction d’articles journalistiques avec Le Parisien, échanges avec des sportifs de haut niveau en anglais et en allemand mais aussi plongée dans l’histoire des grands athlètes qui ont marqué les JO, problématiques urbaines et sociales générées par l’arrivée des Jeux Olympiques et Paralympiques en 2024 nourriront la résidence portée par le collectif.
La résidence convoque savoirs scientifiques et techniques (rôle des sciences dans la préparation des athlètes), les relations entre arts et médias (imaginaires, valeurs olympiques) et permet de traiter la question des mutations urbaines (transformations du paysage, nouveaux aménagements) et des évolutions sociales.

Un événement final sera organisé au sein du collège pour valoriser les productions des élèves et proposer une restitution de la résidence aux couleurs des jeux olympiques et paralympiques.

Itvan Kebadian au collège Jean-Moulin à Neuilly-Plaisance

Itvan Kebadian
- Etablissement : Collège Jean-Moulin à Neuilly-Plaisance
- Structure associée : Association Côté Court

Itvan Kebadian est né à Paris d’un père arménien, réalisateur de films et d’une mère cinéaste également. Comme son grand-père apatride, il n’a jamais aimé se fixer, et comme lui, multiplie les déménagements en cultivant l’idée de nomadisme. Itvan Kebadian commence à « graffer » à l’âge de 13 ans. Naturellement rebelle, il s’éduque toutefois entre plusieurs écoles des Beaux-Arts et mixe influences cinéphiles et scènes urbaines aux références apprises durant son parcours artistique, le tout sur des feuilles à dessins ou directement sur les murs. De son enfance et du temps passé sur les toits de Paris d’où il observait les gens et la rue, il garde un attrait pour la vie urbaine et se souvient « d’aimer voir la ville comme un jeu video, un monde parallèle ». Encore aujourd’hui il perçoit et traite la Ville comme une jungle, et la foule comme une meute. Il aime fondamentalement le graffiti, et garde cette vision d’un monde sans classes sociales, où les protagonistes restent anonymes en changeant de nom comme dans la Légion Etrangère, et s’affrontent sur des territoires, pour leur conquête, ou pour des luttes de pouvoir. Itvan Kebadian est également réalisateur et développe son projet « Black lines » avec les membres de son crew TWE dont il est l’un des deux fondateurs.

Démarrée en 2019, la résidence In Situ menée au collège Jean-Moulin a été fortement perturbée par la crise sanitaire. Elle se poursuit cette année scolaire. Chaque mois, Itvan Kebadian vient ainsi passer une semaine au collège, développant à la fois son projet artistique personnel et proposant aux élèves des temps de rencontres et d’ateliers avec une classe de 4e, très impliquée dans le projet. Très concerné par les enjeux actuels, Itvan Kebadian a ainsi souhaité axer le travail avec les élèves autour du dessin politique et de l’image d’actualité, prenant appui sur son expérience en tant que street artiste pour convoquer des sujets d’actualité et les aborder sous un angle artistique. Les thématiques choisies révèlent les interrogations des collégiens face aux images qui les traversent et au flux d’informations qu’ils reçoivent chaque jour et les forcent à poser leur propre regard sur l’actualité. Les thèmes sont en écho avec le monde d’aujourd’hui : racisme, environnement, violence humaine et animale, crise sanitaire et sociale... Les ateliers réalisés sur cette seconde phase de résidence sont ainsi une porte d’entrée pour traiter de ces problématiques. Les productions des élèves viendront alimenter une grande fresque, sorte de cadavre exquis imagé et symbolique. Un film, réalisé par l’équipe de Côté Court lors de la dernière semaine de résidence sera présenté aux élèves en juin. A cette occasion, une série de courts métrages, sélectionnés par l’association Côté Court et les enseignant·e·s impliqué·e·s sera également programmée.

Naïma Yahi dans les collèges Pierre-André-Houël et Gustave-Courbet à Romainville

Naïma Yahi
- Établissement : Collège Pierre-André-Houël et collège Gustave-Courbet à Romainville
- Structure associée : Association Villes des Musiques du Monde

Naïma Yahi est historienne, chercheure associée à l’Unité de recherche Migrations et société (URMIS) de l’université de Nice Sophia Antipolis, spécialiste de l’histoire culturelle des Maghrébins en France et directrice de l’association Pangée Network. Auteure de spectacle et de documentaires, elle a co-écrit la comédie musicale « Barbès café » (Cabaret Sauvage, 2011). Documentariste, elle a proposé le film « La Mélodie de l’Exil » (France Ô, 2011) et le film « Marchons, marchons… » (Public Sénat, 2013). Elle a été co-commissaire de l’exposition « Générations, un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France » (2009) à La Cité nationale de l’histoire de l’immigration et en a codirigé le catalogue.

Naïma Yahi a débuté sa résidence In Situ dans les collèges Houël et Courbet de Romainville en 2020. En travaillant avec les élèves autour de leur patrimoine musical, il s’agissait de créer collectivement et de partager une forme de Panthéon musical avec les collégien·ne·s, les familles des élèves, les voisin·e·s, camarades de classes, etc. Naïma Yahi souhaitait ainsi s’inspirer de cette enquête participative pour écrire un spectacle musical autour du patrimoine féminin dans la chanson maghrébine de l’exil intitulé « Toutes nos mères ». La crise sanitaire et le confinement de mars 2020 a entrainé une réorientation du projet vers la co-construction de l’exposition « La chanson maghrébine de l’exil ». Depuis décembre 2020, les élèves et les enseignant·e·s ont ainsi participé à la conception et à la production de l’exposition (recherches documentaires, sélection des contenus, élaboration des cartels, etc.). Celle-ci sera exposée au sein du collège et sera présentée au « Pavillon » de Romainville au printemps. Les élèves seront également invités à une sortie au Cabaret sauvage pour découvrir le spectacle en cours de création "Ne me libérez pas, je m’en charge" co-produit par Villes des Musiques du Monde. La résidence In Situ menée par Naïma Yahi vise ainsi à œuvrer à la constitution d’un patrimoine musical participatif, à valoriser la richesse et la diversité culturelle tout en permettant aux élèves de se familiariser avec le processus de création artistique et de recherche. Dans une dynamique de co-construction, Naïma Yahi s’appuie sur la capacité de création des élèves, leurs connaissances et leurs savoirs pour réaliser une exposition collective dont les collégiens sont les auteurs et les médiateurs.

D’ de Kabal au collège Fabien à Saint-Denis

D’ de Kabal
- Etablissement : Collège Fabien à Saint-Denis
- Structure associée : Compagnie R.I.P.O.S.T.E

Né en banlieue parisienne dans une famille originaire des Antilles, c’est dans ces racines que D’ de Kabal puise une grande part de son inspiration. Co-fondateur du groupe Kabal qui a marqué la scène rap entre 1993 et 2000, D’ de Kabal s’investit par la suite dans différents domaines artistiques, du théâtre au slam en passant par la danse et l’écriture. D’ de Kabal est aussi un auteur-compositeur, qui défend de sa voix grave et caverneuse des textes libres et engagés. D’ de Kabal se définit avant tout comme un chercheur, un expérimentateur de croisements entre les disciplines.

Depuis 2005 et la création de la compagnie R.I.P.O.S.T.E., D’ de Kabal inscrit résolument ses créations entre musique, théâtre, performance et même opéra, sans oublier cette culture Hip Hop qui ne cesse de l’habiter depuis ses années lycée. A travers ses différentes créations théâtrales, il n’a de cesse de développer le sujet de la transmission qu’il pose comme pierre angulaire de son travail. Chaque création puise dans diverses composantes que R.I.P.O.S.T.E convoque et s’approprie : musique, danse, théâtre et arts graphiques. Le travail global qu’il mène aujourd’hui tend à explorer la condition d’homme, cette masculinité. En 2015, il débute ainsi un cycle de travail, de recherche et de créations qui l’amène à créer successivement trois spectacles : « L’homme-femme, les mécanismes invisibles », « La belle dans la bête » et « Cris sourds ». Parallèlement il conçoit et organise des « Laboratoires de déconstruction et de redéfinition du masculin par l’art et le sensible » : des espaces de parole et d’échanges ouverts aux hommes où les participants, réunis en très petits comités, peuvent librement s’exprimer sur la manière dont ils perçoivent leur propre condition d’homme. De telles paroles amènent des questions qui ont lien avec la figure du père, la paternité, les relations intrafamiliales, les relations aux femmes…

Marqué par un arrêt brutal en mars 2020 en raison du confinement, la résidence de D’ de Kabal se prolonge cette année avec une classe de 4e. Des ateliers d’écriture et de chant ou encore d’human beatbox sont ainsi menés avec les élèves pour aborder les problématiques qui traversent notre société et impacte les jeunes générations. Les ateliers sont alors l’occasion de discussions, d’échanges et de réflexions croisées sur le monde d’aujourd’hui en laissant la parole aux collégiens et à leurs préoccupations. D’ de Kabal s’appuie ainsi sur un texte, « Des crocheurs », un texte destiné au jeune public et écrit lors de la première année de résidence. « Des crocheurs » est ainsi une œuvre qui abordent la question des relations entre enfants et adultes /parents et enfants/élèves et enseignant·e·s, les liens entre les élèves et interroge le rapport de confiance et la place des jeunes dans une société en mutation.


mis à jour le 19 mai 2021

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