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Précisions du Département de Seine-Saint-Denis au sujet du documentaire de « Zone Interdite » sur l’Aide Sociale à l’Enfance
dimanche, 19 janvier 2020

Dimanche 19 janvier a été diffusé à 21h sur M6 un numéro de l’émission « Zone Interdite » consacré aux « défaillances » de l’Aide Sociale à l’Enfance. Le Département de Seine-Saint-Denis tient à apporter des précisions.

Sur l’omerta supposée du Département de Seine-Saint-Denis

Le Département de Seine-Saint-Denis s’inscrit tout d’abord en faux contre l’affirmation présentée dans le documentaire selon laquelle nous aurions refusé d’ouvrir les portes de nos services d’Aide Sociale à l’Enfance, et donc de contribuer à la réalisation de ce documentaire. Nous tenons ainsi à préciser qu’une rencontre entre nos services de l’Aide Sociale à l’Enfance et la société de production réalisant le documentaire a bien eu lieu, avant que ne soit proposé à cette dernière une mise en relation avec une structure en charge de l’accueil d’enfants pour le compte du Département. Proposition pour laquelle nous n’avons eu aucun retour, annulant de fait la possibilité d’une participation de l’Aide Sociale à l’Enfance de Seine-Saint-Denis à la réalisation de ce documentaire. Nous sommes par ailleurs surpris de découvrir que la société de production a, dans les faits, effectué son tournage en caméra cachée dans la structure concernée avant même d’assister à la rencontre dont nous avions convenu avec elle pour évoquer leur projet de documentaire.

Sur les faits filmés dans une des structures d’accueil de l’Aide Sociale à l’Enfance de Seine-Saint-Denis

Les images de ce documentaire montrent au sein de la structure d’accueil concernée certaines pratiques incompatibles avec l’exemplarité que le Département de Seine-Saint-Denis s’attache à faire prévaloir concernant la protection des enfants. Les règles de vie du foyer en question prévoient en effet que les enfants soient levés chaque matin, et que des activités leur soient proposées. Certains propos de la part d’éducatrice.teur.s ne sont par ailleurs pas acceptables. Le Département de Seine-Saint-Denis va donc engager dans les meilleurs délais une inspection au sein du foyer visé par le reportage et prendra toutes les mesures qui s’imposent.

Sur les imprécisions dont fait preuve le documentaire

Le Département prend toutes ses responsabilités. Il souhaite toutefois répondre à de nombreuses allégations qui dénotent un parti pris qui conduisent le documentaire à des imprécisions et contrevérités.

- Sur le recrutement de l’éducatrice : l’éducatrice recrutée avait bien un CV mentionnant plusieurs expériences auprès d’enfants, dans le secteur associatif et de la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Par ailleurs, contrairement à ce qui est l’employeur a bien demandé et eu communication de l’extrait du casier judiciaire de la personne recrutée. 
- Sur la déscolarisation des enfants : le foyer filmé dans le documentaire est une structure d’accueil d’urgence. Cela signifie que les enfants n’y restent que sur une courte durée, le temps que l’évaluation de leur situation permette de les orienter vers des lieux d’accueil pérennes, lesquels peuvent alors organiser leur scolarisation. Cette scolarisation est parfois difficile à mettre en place au sein du foyer d’accueil d’urgence, certains enfants étant déjà déscolarisés avant leur arrivée, et d’autres ayant dû être éloignés, par mesure de protection, du territoire ou vit leur famille et où se trouvait donc leur établissement scolaire. Ce qui, encore une fois, représente une situation transitoire, de courte durée.
- Concernant la coupure d’eau temporaire : les structures d’accueil des enfants font l’objet de mesures régulières concernant la qualité de l’eau. En mars 2019, une analyse réalisée au sein du foyer filmé dans le documentaire affichait des seuils limites de potabilité, mais sans danger pour la santé des enfants. C’est donc à titre purement préventif et non par accident ou vétusté que l’eau a été coupée très temporairement, permettant d’écarter toute inquiétude concernant sa qualité.
 
Ces imprécisions ou contrevérités regrettables dont le documentaire de « Zone Interdite » fait preuve ne permettent hélas pas de souligner l’engagement sans faille et bienveillant de la grande majorité des éducateur.rice.s de l’Aide Sociale à l’Enfance. A ce titre, le secteur de la protection de l’enfance est lassé de constater n’être trop souvent traité médiatiquement qu’à l’aune de dysfonctionnements, qu’il ne faut pas minimiser et qu’il faut affronter, mais qui ne reflètent pas la réalité de ses nombreuses réussites.

Sur les actions du Département de Seine-Saint-Denis en faveur de la protection de l’enfance

Il convient par ailleurs de rappeler que le Département n’a pas attendu un reportage à charge pour agir, conscient des enjeux et des difficultés que rencontre ce secteur. Avec près de 600 agent.e.s, plus de 500 assistant.e.s familiaux.ales et 300 millions d’euros dédiés chaque année à l’Aide Sociale à l’Enfance, le Département de Seine-Saint-Denis agit de longue date avec détermination sur la question majeure de la protection de l’enfance. Le Département de Seine-Saint-Denis est ainsi celui qui, en France, affiche le plus haut niveau de dépenses pour sa politique de protection de l’enfance, rapporté au nombre de ses habitant.e.s. Cet engagement lui permet, avec l’aide de nombreux.ses partenaires, de prendre en charge 8 600 enfants, dont 5 600 faisant l’objet d’une mesure de protection.
 
Par ailleurs, compte-tenu des difficultés croissantes que doit affronter ce secteur (crise des vocations, nouveaux publics, prise en charge du handicap, dotations de l’Etat en baisse…) et au vu du débat national ouvert sur le sujet, le Département a pris l’initiative d’organiser en mai 2019 des Etats généraux de la protection de l’enfance, en présence du Défenseur des droits. A cette occasion, il s’est engagé sur 10 actions clés, parmi lesquelles le recrutement d’assistant.e.s familiales.aux, le renforcement des moyens de contrôle, la rénovation des structures publiques accueillant des enfants ou de nouvelles formes de mesures éducatives intensives à domicile. A ce titre, la structure filmée dans le documentaire fera l’objet de travaux à hauteur de 1,4 million d’euros, qui permettront notamment la création de chambre individuelles.
 
Cette mission que porte le Département et pour laquelle il engage des moyens massifs oblige en retour l’ensemble des actrices et acteurs qui la font vivre à un devoir d’exemplarité.