Devenir assistant·e familial·e, famille d’accueil : mode d’emploi

550 assistant·e·s familiaux travaillent pour la Seine-Saint-Denis : ils ou elles accueillent 1300 enfants. Le métier d’Assistant.e familial.e s’adresse autant aux hommes qu’aux femmes, aux personnes célibataires ou en couple, avec ou sans enfants.

Zoom sur un métier passionnant, demandant un réel investissement
Le métier d’assistant·e familial·e consiste à accueillir des enfants et des jeunes jusqu’à 21 ans, dont les familles rencontrent des difficultés momentanées.

En quoi consiste le métier d’assistant·e familial·e ?

L’assistant·e familial·e accueille à son domicile, jour et nuit, des enfants et des jeunes de moins de 21 ans, confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), dont les familles rencontrent des difficultés momentanées.

L’assistant·e familial·e accueille les enfants qui ont été confiés au Département dans le cadre de ses missions de protection de l’enfance, soit :
- à la demande des parents, lorsqu’ils se sentent fragilisés et ne peuvent assumer leur fonction éducative (sur décision du Département)
- sur décision du juge des enfants, lorsqu’un enfant se trouve en réel danger ou court un danger susceptible de compromettre son développement
- lorsque l’enfant est pupille de l’État

L’assistant.e familial.e a pour missions de :
- Encourager l’épanouissement physique, psychique et intellectuel de l’enfant
- Veiller à son rythme de vie
- Encourager l’expression de l’enfant
- Émettre des propositions d’activités, de prises en charge, de loisirs ou de soins en fonction des besoins et des désirs de l’enfant
L’assistant·e familial·e permet le retour de l’enfant dans sa famille dans les meilleures conditions possibles. C’est un relais provisoire entre l’enfant et sa famille.

« On les aime comme nos enfants. Mais ma plus grande fierté, c’est quand ils retournent chez leurs parents, bien dans leur peau. »
Zaïneb, assistant·e familial·e

La durée de séjour varie en fonction de chaque situation. Cela peut aller de quelques jours à quelques mois ou quelques années. L’enfant restera chez l’assistant·e familial·e, le temps que sa famille passe un cap difficile ou qu’il soit accompagné vers un autre projet de vie.

Assistant.e familial.e, un métier exigeant et enrichissant

Le métier d’assistant.e familial.e demande beaucoup de souplesse. Il faut pouvoir s’adapter à chaque enfant, à son histoire, sa culture, ses origines, ses croyances... La tolérance est indispensable, il faut pouvoir accepter les enfants et leurs parents sans préjugés.
« Mon métier apporte énormément de richesse à ma famille. Mes enfants apprennent à vivre avec des personnes de tous horizons, ils tirent des enseignements des histoires de chacun des enfants que j’ai accueillis. »
Abderrahmane, assistant familial

Ce métier demande également des capacités d’organisation, d’autonomie et un réel goût pour le travail en équipe.

« Je crois que pour faire ce métier d’accueil, il faut être responsable du lien que l’on crée, il faut de la sincérité dans la relation, l’enfant pourra nouer des liens dans sa vie parce qu’il aura eu confiance en l’affection ou l’attention que nous lui aurons portée. »
Annie, assistante familiale

L’exercice de ce métier permet d’acquérir des savoirs cliniques et des compétences techniques sur l’enfant et son développement.

«  Après une longue carrière professionnelle dans l’informatique puis dans le secteur Médico-social, j’ai fait le choix de me tourner vers le métier d’assistant·e familial·e. Je n’ai pas choisi cette profession au hasard.
Ce qui me plait dans ce métier, c’est de pouvoir revisiter et partager aux cotés des enfants, les étapes, les moments, la période de l’enfance. C’est une aventure humaine attachante et rassurante. Aider un enfant dans sa scolarité, veiller sur lui 24h sur 24, partager ses activités, les sorties, ses jeux, les moments difficiles, lui témoigner de l’affection me valorise.
Pratiquer cette profession depuis chez moi, m’apporte incontestablement une qualité de vie non négligeable. Finis les transports quotidiens, la pression au travail. Là, je trouve le temps de me poser, de me retrouver. Je suis plus disponible. Aussi, pendant les temps scolaires, j’aime à rendre notre maison plus agréable à vivre.
Le métier d’assistant·e familial·e n’est pas toujours facile. Accueillir un enfant dans le cadre du placement apporte souvent son lot de difficultés et de problèmes. Aussi, avec l’équipe de la circonscription de l’Aide Sociale à l’Enfance, les professionnels du secteur, je l’accompagne dans son histoire et ses difficultés. Je participe à la réalisation de son projet.
Aux côtés d’un l’enfant, je veille à son bien-être, sa santé. Je lui apporte un cadre de vie bienveillant et sécurisant. Je l’aide à une bonne socialisation. Aussi, j’essaie de faire en sorte à ce qu’il puisse avoir une vie d’enfant la plus heureuse possible. C’est important.
Mon épouse et moi accueillons une fratrie de 2 enfants, un garçon âgé de 8 ans et une jeune fille âgée de 12 ans
.
 »
Serge, 58 ans. Profession, assistant familial.

Être assistant.e familial.e, c’est également être membre d’une équipe de professionnels éducatifs chargés du suivi de l’enfant.

Le suivi de l’enfant et de son projet, élaboré avec sa famille, est assuré par des travailleurs sociaux et des psychologues, en lien direct avec l’assistant.e familial.e. Un point régulier entre professionnels de l’Aide Sociale à l’Enfance est fait sur les progrès de l’enfant, les problèmes rencontrés, sa scolarité, les relations avec sa famille, l’évolution de sa situation. L’assistant.e familial.e participe à ce titre, à des réunions d’équipe.

«  J’apprécie beaucoup le contact avec les éducateurs, les enseignants, les psychologues, les médecins… Avec les éducateurs, on n’hésite pas à s’appeler dès que c’est nécessaire.  »
Élisabeth, assistante familiale

Être assistant.e familial.e : une histoire de famille

Être assistant·e familial·e, c’est accueillir temporairement un bébé, un enfant, un adolescent ou un jeune majeur, au sein de sa propre famille, communément appelée "famille d’accueil". S’il est vrai que c’est le métier d’un seul membre de la famille, cette profession a la particularité d’engager l’ensemble de la famille chez qui l’enfant est accueilli. Ce projet de carrière requiert donc l’accord et le soutien de toute la famille.

«  Moi je n’y pense même pas que c’est le métier de ma femme. On vit ensemble, comme une famille, c’est tout  »
Mahmoud, mari d’assistante familiale

L’assistant·e familial·e partage avec chaque enfant accueilli, un cadre familial bienveillant, chaleureux et ouvert.

«  Au départ, je voulais faire un travail qui me permette d’élever mes enfants, j’avais 3 filles de 10, 8 et 7 ans. Après avoir demandé un agrément à la PMI, pour accueillir à plein temps, j’ai postulé auprès de l’ASE, j’ai eu un entretien avec l’équipe éducative et la psychologue, et me voilà dans le circuit. J’ai commencé par l’accueil d’un bébé, ensuite des bébés nés dans le secret, j’ai accueilli une trentaine d’enfants de tout âge. Aujourd’hui, à 65 ans, si je fais le bilan, je sens que j’ai accompli une mission qui humainement, me rend heureuse, même si tout n’a pas été facile dans les accueils et les accompagnements. Pour mes filles, ça n’a pas été facile de partager leurs parents avec d’autres enfants, une plus que les autres me le reproche encore malgré son âge adulte. Mais malgré ça j’ai tenu, car je me sens utile et j’ai reçu tellement en retour, l’amour et la reconnaissance de ces enfants devenus adultes, et moi la reconnaissance de la confiance qu’ils m’ont donnée. »
Malika, assistant.e familial.e

Comment devenir assistant.e familial.e ?

Pour devenir assistant·e familial·e il faut être agréé.e par la PMI.
Chaque PMI organise des réunions d’information sur ce métier.

Il suffit de contacter le secrétariat des assistants maternels et familiaux de la PMI de votre commune pour :
- connaitre le calendrier des réunions d’information
- retirer un dossier que vous leur remettrez complété. La PMI a quatre mois pour instruire la demande.

Quand l’agrément est accordé, les pièces à fournir sont les suivantes :
• Une lettre de motivation
• Une photocopie de l’agrément
• Un CV

A l’adresse suivante :
Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis
Direction de l’enfance et de la famille
Aide Sociale à l’Enfance
Bureau de l’Accueil Familial
93000 Bobigny
Courriel : recrutement-assfam@seinesaintdenis.fr

La candidature alors transmise à l’équipe de recrutement du Bureau de l’accueil familial, composée de travailleurs sociaux et de psychologues, s’ensuivent plusieurs entretiens et une visite à domicile.

Être assistant·e familial·e en Seine-Saint-Denis

Le Département recrute par l’intermédiaire d’un CDI. L’assistant·e familial·e devient agent contractuel de la fonction publique territoriale.

En tant qu’agent du Département, l’assistant·e familial·e doit respecter un devoir de stricte neutralité. Il ne peut pas choisir l’enfant accueilli, mais le Bureau de l’accueil familial fait en sorte de concilier les besoins du service et les souhaits d’accueil afin de préserver au mieux, l’équilibre de la famille.

Le salaire dépend du nombre d’enfants accueillis et du département de résidence :
En Seine-Saint-Denis, le salaire peut s’élever à :
- 1498 euros brut pour l’accueil d’un enfant
- 2641 euros bruts pour l’accueil de deux enfants
-3476 euros brut pour 3 enfants

La reconnaissance de l’ancienneté est prise en compte dans la grille salariale.

L’assistant·e familial·e bénéficie également d’un avantage fiscal, lié au nombre de jours et d’enfants présents au domicile. Cet avantage compense l’exercice des fonctions 24h/24.

À cela s’ajoute une indemnité d’entretien versée pour couvrir les besoins quotidiens de l’enfant tels que la nourriture, l’hébergement, l’hygiène corporelle, les loisirs familiaux, les déplacements de proximité liés à la vie quotidienne de l’enfant.
Le montant de cette indemnité s’élève à :
15,45 euros par jour pour un enfant de moins de 3 ans ou un jeune de 12 ans et plus
14,33 euros pour un enfant de 3 à 11 ans.

L’assistant·e familial·e perçoit de plus, pour l’enfant, une allocation d’habillement, une indemnité pour la rentrée scolaire, l’argent de poche et le cadeau de fin d’année.

Le Département prend en charge les frais médicaux, les loisirs sportifs et culturels.
L’assistant·e familial·e résident en Seine Saint Denis, bénéficie de 41 jours de congés payés annuels, pris en fonction de la situation et de l’intérêt de l’enfant et, de jours d’absence pour événements familiaux au même titre que l’ensemble des agents départementaux.

Formation et accompagnement professionnel des assistants.es familiaux.ales :

L’exercice de cette profession s’appuie sur un dispositif de formation complet.
L’assistant·e familial·e doit participer à une formation de 300 heures obligatoires étalées sur deux ans. (60 heures avant le 1er accueil et 240 heures par la suite). Cette formation donne accès au diplôme d’État qui atteste des compétences professionnelles acquises.
Le Conseil départemental possède un centre de formation dédié aux assistants.es familiaux.ales.

Tout au long de la carrière, des modules de formation continue sont proposés aux assistants familiaux comme par exemple :
« Prendre soin de soi pour prendre soin des autres »
« Bébé connecté : l’utilisation des écrans par les tout-petits »
« L’autorité dans l’accompagnement éducatif »

De plus, sont proposés des groupes d’analyses de pratiques où les assistants.es familiaux.ales peuvent partager leurs expériences.

L’assistant·e familial·e est accompagné.e dans l’exercice de sa profession ainsi que chaque membre de sa famille si il ou elle en éprouve le besoin, par une équipe pluridisciplinaire composée de travailleurs sociaux, d’assistants familiaux ressource et de psychologues.
Cette équipe soutient l’assistant·e familial·e dans son quotidien et dans sa pratique professionnelle.

En dehors des heures d’ouverture du service, un numéro d’astreinte est également à leur disposition en cas de besoin.

Contacts

Pour plus d’informations : 01 43 93 82 02
cfaf93@seinsaintdenis.fr

Localiser les assistant.e.es gestionnaires des mode d’accueil (AGMA) près de chez vous


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    Je vais dans un centre de planification et d’éducation familiale si j'ai des questions concernant la sexualité, la contraception, les infections sexuellement transmissibles (IST), les relations de couple, l’interruption volontaire de grossesse…

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