26 avril 2022Commémoration des soixante ans de l’indépendance de l’Algérie

« Nous sommes faits de la mémoire de nos ancêtres, et aussi de nos souvenirs » Nina Bouraoui, romancière française fille d’un père algérien militant et d’une mère bretonne, commandeuse de l’ordre des Arts et des Lettres.

Réconcilier de douloureuses mémoires...

L’année 2022 marque les soixante ans de l’indépendance de l’Algérie, mettant un terme à 132 ans d’occupation coloniale par l’État français.

Le Département de la Seine-Saint-Denis, sous l’égide de Stéphane Troussel, son président, et de Dominique Dellac, sa vice-présidente en charge du patrimoine culturel, de la mémoire, de du tourisme et l’éducation artistique et culturelle, organise une série d’événements tout au long de l’année pour comprendre les grandes étapes ayant jalonné le processus d’indépendance algérien qui a marqué durablement notre histoire nationale et celle de notre territoire.

En effet, cette période charnière de notre Histoire reste encore très largement méconnue du grand public ; à l’époque, déjà, les pouvoirs publics préféraient le terme « d’événements d’Algérie », alors qu’il s’agissait bien d’une guerre.

Il est désormais impératif d’en finir avec cet “en-même-temps” variant en fonction des publics et des auditoires, et d’entrer durablement dans l’âge de la maturité mémorielle. Le devoir de mémoire est une nécessité, d’abord pour les victimes et leurs familles mais aussi pour toutes celles et tous ceux qui sont acquis·es à la paix et au droit à l’indépendance des peuples.

Car, au fond, l’erreur consisterait à croire que la mémoire de la guerre d’Algérie ne concerne qu’une génération de personnes qui aurait directement été victimes ou témoins de ces exactions. Elle résiderait tout autant dans l’idée selon laquelle on ne pourrait en parler sans porter atteinte à telle ou telle partie de la population française, alors que bien au contraire, cette histoire appartient et a forgé une grande partie de celles et tous ceux qui vivent dans notre pays.

C’est aussi une étape essentielle, parce que l’histoire a besoin de vérité et de justice, et ne saurait se construire sur l’impunité et l’oubli. C’est à cette unique condition que nous pourrons poser durablement des actes pour permettre à la France et à l’Algérie de regarder leur passé en face, et de mieux envisager leur futur ensemble.


Les événements de l’année commémorative

Mercredi 9 février 18h – Table ronde sur la répression de la manifestation de Charonne

L’historien Alain Ruscio, le Président du Comité Justice et Vérité pour Charonne Henri Cukierman, la journaliste Rosa Moussaoui, le témoin Nicolas Devers-Dreyfus… ont présenté les tenants et les aboutissants de la manifestation pacifique engagée à l’appel des syndicats et partis de gauche en 1962 pour dénoncer les attentats de l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS). La répression policière particulièrement violente a fait 9 mort∙e∙s et 250 blessé∙e∙s dans les couloirs et à proximité du métro Charonne. Parmi eux∙elles, plusieur∙e∙s militant∙e∙s CGT et PCF originaires de Seine-Saint-Denis ont perdu la vie comme Suzanne Martorell, Hippolyte Pina et Daniel Fery. Ces événements, couverts par une loi d’amnistie, n’ont jamais été condamnés par la Justice, même si les faits ont depuis été documentés. Pour garder vivante la mémoire de ces violences, les époux Alain et Désirée Frappier, présents à la table-ronde réalisée en février à Bobigny ont présenté leur roman graphique « Dans l’ombre de Charonne » qui dévoile de manière intime le contexte et le déroulement de cette tragédie.

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Samedi 19 mars 16h - Table ronde « Algérie : Soixantième anniversaire des accords d’Evian »

L’historien Gilles Manceron spécialiste du colonialisme et Aïssa Kadri, professeur émérite à l’université Paris 8 et directeur de l’institut Maghreb-Europe ont présenté les négociations entre le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA) et le gouvernement français précédent la signature des Accords d’Evian le 18 mars 1962. Ces accords historiques vont mettre fin à une terrible guerre de sept ans et à 132 ans de colonisation française.
Le texte, composé de 93 pages, prévoit d’abord un cessez-le-feu entre les belligérants et ont été suivis par l’organisation d’un référendum qui permettra à la majorité musulmane de la population algérienne de voter l’indépendance le 1er juillet 1962.
Il n’arrêtera pas, pour autant, les exactions du FLN et les attentats de l’OAS, qui affronte l’armée française dans le quartier de Bab el-Oued avant d’être en partie démantelée. « Le bilan de cette guerre est très lourd avec 300 000 morts (algériens et français), 2 millions de personnes déplacées en Algérie et 1 millions de réfugiés Français d’Algérie et musulmans rapatriés dans l’Hexagone » résume Aïssa Kadri.

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D’autres temps forts célébrant l’indépendance de la guerre d’Algérie seront programmés tout au long de l’année 2022. Une journée d’étude sur les mémoires franco-algériennes est prévue pour début juillet, la Direction Europe International devrait accueillir le conseil des jeunes de la Wilaya de Bejaia… Les événements prévus en juillet et en octobre vont être très prochainement dévoilés...


Appel à témoignage pour transmettre la mémoire de la guerre d’Algérie

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Le Département lance un appel à témoignages auprès de l’ensemble des habitants du département, et des habitantes, car le rôle des femmes pendant la guerre d’Algérie a été majeur.

Que vous ayez été civil·e en appui au conflit (préparation de repas, logistique, transport…), appelé du contingent, combattant·e du FLN, harki ou femme de harki, rapatrié·e, syndicaliste, militant·e politique, vous avez vécu la guerre d’Algérie. Celle-ci a marqué votre vie. Vos souvenirs sont précieux pour la constitution d’une mémoire populaire, éclairée et apaisée autour de cette période qui a marqué durablement notre histoire.

Nous invitons également les jeunes générations à s’associer à ce travail, pour découvrir les répercussions de ce conflit sur leur construction personnelle et sociale, comprendre leurs origines via l’histoire de leur famille, de leurs proches, tout en favorisant les échanges intergénérationnels.

Parce que l’Histoire a besoin de vérité et de justice et ne saurait se construire sur l’impunité et l’oubli, à vos plumes, à vos smartphones ! Envoyez-nous vos témoignages ou laissez-nous un message avec vos coordonnées à l’adresse suivante : histoirememoire-archives@seinesaintdenis.fr

Si vous souhaitez des flyers pour diffuser dans votre structure, vous pouvez faire la demande à l’adresse suivante : histoirememoire-archives@seinesaintdenis.fr.
Vous pouvez aussi télécharger le flyer en cliquant ici

Photo : Guerre d’Algérie : Portrait d’une délégation de femmes, avec quelques jeunes enfants, pour la « paix en Algérie ». Paris (75), 72 Rue du Faubourg Saint-Martin, 10e arrondissement, 05 mai 1956.
Droits réservés - Mémoires d’Humanité / Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Daniel Ruhl, Sophie Loubaton et Sylvain Hiteau


mis à jour le 26 avril 2022

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