Stratégie pauvreté : Vraie ambition, cache-sexe social ou coup d’épée dans l’eau ?

le 11 septembre 2018

Le Département de la Seine-Saint-Denis pourrait être l’un des dix « territoires démonstrateurs » proposé par le président de la République pour sa stratégie pauvreté.

Prenons ceci comme une reconnaissance de la capacité de notre Département à innover socialement et à trouver des solutions efficaces pour améliorer durablement les conditions de vie des habitant-e-s.

Le Département de Seine-Saint-Denis est effectivement l’un des plus innovants, avec des dispositifs tels que le contrat jeune majeur, la gestion de 55 crèches départementales (fait exceptionnel pour une collectivité de ce type), ou encore la participation à l’étude sur le revenu de base. Sur ces mesures que nous mettons déjà en œuvre, évoquées ces derniers jours comme des pistes du « plan pauvreté » : quelle sera réellement la contribution de l’État ? J’attends toujours de le savoir !

Sur la stratégie pauvreté comme sur le reste, nous refuserons d’être les dindons de la farce. Tout comme j’avais refusé d’avaliser les lettres de cadrage financier par lesquelles on nous force à limiter nos dépenses de fonctionnement à 1,2 % d’augmentation par an, je refuse que Bercy reprenne d’une main ce que l’État nous donnerait de l’autre au nom d’une stratégie pauvreté qui ne saurait être un solde de tout compte.

Les dépenses que nous engagerions en tant que territoire démonstrateur supposent des moyens supplémentaires de la part de l’État, comme je l’ai écrit au Premier ministre dès le 13 juillet. La « stratégie pauvreté » n’exonère pas le gouvernement d’apporter les réponses indispensables à la compensation des allocations individuelles de solidarité ou à l’accueil digne des mineurs étrangers non accompagnés (MNA). Que dire encore d’une stratégie pauvreté quand tout le secteur du logement social est déstabilisé par la loi ELAN ou que les aides sociales sont décriées par le gouvernement à chaque occasion ? Que dire enfin d’une stratégie pauvreté qui s’éloigne d’un modèle distributif de sécurité sociale et de service public pour s’inspirer d’un modèle libéral ciblé sur les seuls plus pauvres ?

C’est pourquoi je redis au président de la République que je suis prêt à m’engager si nos exigences sur la réduction des inégalités reçoivent des réponses claires. Sans cela la « stratégie pauvreté » et la dynamique d’innovation qu’elle ambitionne de porter à partir des territoires risquent fort de n’être qu’un coup d’épée dans l’eau.


Contact presse :
Cabinet de la présidence du département de la Seine-Saint-Denis : 01 43 93 93 47

À LIRE AUSSI

Grand Paris : les départements d’Ile-de-France font front commun contre un big bang institutionnel

Mardi 10 octobre, le président de la Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel a dit aux côtés des présidents des 6 autres départements d’Ile-de-France sa ferme résolution de ne pas laisser la réforme du Grand Paris en approche casser l’outil opérant des Départements.

À LA UNE
Dans  Espace presse

Pendant que la Seine-Saint-Denis vote et réclame un « budget de l’égalité », le gouvernement et la majorité En Marche s’opposent à une plus grande solidarité en Ile-de-France.

Après avoir mené hier une action « coup de poing » en déversant devant l’Assemblée nationale les 347 millions d’euros que la Seine-Saint-Denis paie chaque année à la place de l’État, le Département a adopté aujourd’hui en séance son budget pour 2019 ainsi qu’un « budget de l’égalité » symbolique. Si l’État nous payait les 347 millions qu’il nous doit, nous pourrions renforcer les solidarités, mieux répondre à l’urgence écologique, investir davantage pour la jeunesse et nous désendetter plus vite.


La Seine Saint-Denis mérite l’égalité

Aujourd’hui, mercredi 19 décembre, des élu.e.s de toute la Seine-Saint-Denis se sont rendu.e.s devant l’Assemblée nationale, pour réclamer une fois encore l’égalité pour leur territoire. Graves, mais déterminé.e.s, nous ne cesserons nos actions que le jour où nous aurons été reçu.e.s à Matignon, et qu’un véritable plan de rattrapage pour la Seine-Saint-Denis nous aura été présenté.


Parc de la Poudrerie : lancement d’un appel à projet pour mettre en valeur son patrimoine et développer de nouvelles activités

Le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, en partenariat avec le Ministère des Armées, lance un appel à projet pour le parc de la Poudrerie afin de mettre en valeur son patrimoine naturel et bâti et y développer de nouvelles activités.


La Seine-Saint-Denis mérite l’égalité

A toutes nos interpellations et actions, cris d’alarme du territoire, ni le président de la République ni le Premier ministre n’ont souhaité apporter de réponse à la demande d’égalité pour la Seine-Saint-Denis et ses habitant.e.s. Nous poursuivons donc notre combat, en lançant la campagne "La Seine-Saint-Denis mérite l’égalité". De manière générale, nous multiplierons les actions jusqu’à être entendu.e.s, afin qu’un véritable plan de rattrapage soit engagé pour la Seine-Saint-Denis.


Anne Hidalgo et Stéphane Troussel demandent la suspension des travaux du CDG Express

Anne Hidalgo, Maire de Paris, et Stéphane Troussel, Président du Département de Seine-Saint-Denis, demandent la suspension des travaux du CDG Express tant que des garanties n’auront pas été apportées pour améliorer en parallèle la qualité de service des RER et Transilien.


« Nous ne voulons pas supprimer les Départements »

[COMMUNIQUE DE PRESSE ] « Nous ne voulons pas supprimer les Départements ». Avec ces quelques mots, la Ministre chargée de la cohésion des territoires a confirmé l’abandon du projet de suppression des Départements franciliens. Il résulte de la mobilisation des habitant.e.s, maires, agent.e.s départementaux.ales et élu.e.s des sept Départements franciliens. Toutefois, nous restons inquiet.e.s quant aux ressources des collectivités et celles des Départements. Il ne faudrait pas que le poids de ces contraintes vienne compromettre – sous une autre apparence - l’avenir des Départements.


Au nom de l’égalité, la Seine-Saint-Denis présente la facture à l’Etat.

Aujourd’hui, en séance du Conseil départemental, Stéphane Troussel a inscrit en urgence une délibération l’autorisant à émettre des titres de recettes à l’encontre de l’État afin de rétablir la solidarité nationale. Elle a été votée à l’unanimité. Nous enverrons bien une facture à l’État pour réclamer ce qui nous est dû, à savoir près de 347 millions d’euros pour 2018.


JOP 2024 : le Département de la Seine-Saint-Denis et Plaine Commune invitent leurs partenaires à un Forum pour construire des Jeux inclusifs et solidaires en présence de grands témoins internationaux

Le 26 novembre, Patrick Braouezec, Président de Plaine Commune et Stéphane Troussel, Président du Conseil Départemental de Seine-Saint-Denis, ont rencontré des élu.e.s et des acteurs.rices locaux.ales impliqué.e.s dans l’organisation des Jeux d’été de 1992. Souvent cités en exemple, les Jeux de Barcelone ont profondément transformé l’aire métropolitaine barcelonaise, son urbanisme et ses infrastructures. Mais ils ont aussi permis une mobilisation de la société civile et laissé un héritage, notamment social et sportif, à plusieurs villes de la métropole. A cette occasion, les Présidents du Département de Seine-Saint-Denis et de Plaine Commune ont annoncé l’organisation d’un Forum pour construire des jeux inclusifs et solidaires en présence de grands témoins internationaux. Comment permettre aux habitant.e.s du département de s’approprier cet évènement planétaire, d’en faire une véritable fête populaire et une source de fierté ?


Deux innovations au service de la lutte contre les violences faites aux femmes

Les Rencontres "Femmes du Monde" de l’Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis, dont la quatorzième édition s’ouvre le jeudi 15 novembre 2018, sont un lieu de réflexion et d’échanges privilégié sur la lutte contre les violences faites aux femmes. L’édition 2018 a donné lieu à des annonces particulièrement intéressantes, avec l’ouverture prochaine d’un Lieu d’accueil de jour des jeunes femmes de quinze à vingt-cinq ans et l’extension du dispositif "Un toit pour elles".


Relations État/Départements : pourquoi je n’approuve pas la motion de l’ADF.

Face à l’urgence auxquelles nos collectivités doivent faire face, l’heure n’est pas au filet d’eau tiède ou à la diplomatie policée. La motion de l’ADF, qui se contenter de souligner poliment toutes les insuffisances de l’État mais qui ne traduit pas la colère de bon nombre de départements, me semble être en décalage complet avec les exigences que portent beaucoup d’élus locaux : renouer enfin avec une décentralisation digne de ce nom, dans laquelle les collectivités ont les moyens de mener les missions qui sont les leurs.

0 | ... | 10 | 20 | 30 | 40 | 50 | 60 | 70 | 80 | 90 | ... | 410