M. Macron : Docteur Jekyll dans les quartiers populaires, Mister Hyde sur le budget ?

Depuis 6 mois, les mauvais signes se sont accumulés pour les quartiers populaires : absence d’un véritable ministère de la ville, coupes dans les budgets au cœur de l’été, suppression des emplois aidés, attaques contre les offices HLM qui pourtant contribuent largement au renouvellement urbain.

Dans le même temps, les cadeaux aux plus aisés se sont multipliés, avec plusieurs milliards de baisse d’impôts pour les plus aisés.

Hier en Seine-Saint-Denis et aujourd’hui dans le Nord, le Président de la République a semblé découvrir enfin les quartiers populaires et leurs richesses.

M.Macron parle d’investissements et de mobilisation nationale pour les quartiers : cela tombe bien, nous le faisons tous les jours, dans les crèches, dans les piscines, dans l’écologie urbaine. Faut-il comprendre que l’Etat cessera d’asphyxier les collectivités qui construisent ces équipements publics ? Si le gouvernement persiste à prendre aux collectivités d’une main ce qu’il promet de l’autre, c’est une politique de gribouille qui n’aura aucun effet.

Il faut prendre garde que le symbolique ne confine pas à l’anecdotique. Ce n’est pas un énième conseil théodule des "premiers de cordée" des quartiers populaires qui fera avancer les quartiers populaires. La politique de la ville, ce doit être un effort d’investissement collectif, massif et prolongé pour changer la vie des habitants des quartiers populaires : transports, éducation, transition écologique, équipements sportifs ou culturels, les projets sont nombreux et ne demandent qu’à sortir.

Les quartiers populaires n’appellent pas à l’aide, ils exigent simplement l’égalité. Il ne s’agit pas de faire des cadeaux, mais d’appliquer le droit commun. L’avenir de la France s’écrit largement dans les quartiers populaires.

Moi, je dis « chiche » à M. Macron : l’Etat s’engage à rembourser à la Seine-Saint-Denis les centaines de millions qu’il lui doit au titre de la solidarité nationale, et nous utilisons cet argent pour un grand plan d’investissements dans des projets qui amélioreront le cadre de vie des habitants, qui créeront de l’emploi et qui agiront puissamment pour l’égalité.

Alors, M. Le Président, au-delà des mots et des intentions aussi bonnes soient-elles, engagez-vous vraiment pour les quartiers populaires et mettons-nous au travail.

Cabinet de Stéphane Troussel présidence du département : Antoine Delangre-Marini : 01 43 93 93 47

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