Le "grand débat national" arrive en banlieue : Empêcher l’"opération de com", mettre le pied dans la porte

le 4 février 2019

Ce soir, Emmanuel Macron réunira des élu.e.s de banlieue pour leur parler « grand débat national » dans l’Essonne. On pourrait être tenté.e.s de croire que ça y est, Emmanuel Macron commence à considérer la banlieue comme un sujet d’importance.

Mal nous en prendrait ! Déjà, il y a un an et demi, le président Macron nous avait déjà demandé notre avis pour le rapport Borloo. Il avait déclamé des mots d’amour aux quartiers populaires, en se rendant à Clichy et à Tourcoing. Diagnostic, difficultés, solutions possibles, nous avions tout collectivement mis sur la table. Il y a six mois, un rapport parlementaire des députés Cornut-Gentille et Kokouendo, qui sera examiné en séance de l’Assemblée nationale demain, enfonçait le clou sur la faillite de l’État en Seine-Saint-Denis, notamment sur les questions d’éducation, de sécurité et de justice.

Quel est alors l’intérêt de refaire une énième consultation ? Les maires de Seine-Saint-Denis ont porté plainte pour rupture de l’égalité républicaine, et j’ai moi-même multiplié les alertes et les actions pour tirer la sonnette d’alarme auprès du gouvernement.

Depuis lors, qu’est-ce donc qui a été fait, qu’est devenu le « plan de bataille » pour les banlieues du président ? Suppression des emplois aidés, attaques contre les bailleurs HLM, ralentissement des projets de transports, pression financière sur les collectivités territoriales... Où sont donc les « actes forts » et le rattrapage promis pour la banlieue ?

Il ne s’agit pas ici d’opposer les « campagnard.e.s » aux « banlieusard.e.s ». Certes, on pourrait nous dire que nos préoccupations et que nos routes divergent. Affirmons au contraire ceci : campagnard.e.s et banlieusard.e.s, mêmes combats. Même si les contextes sont différents, les fins de mois sont souvent les mêmes : difficiles. Les services publics sont menacés, l’existence de déserts médicaux en témoignant. La fracture territoriale, c’est une réalité en banlieue comme dans certains territoires ruraux.

De ce déplacement du président Macron en banlieue, nous n’attendons à vrai dire pas grand-chose et nous craignons que cette « opération de reconquête » soit plus à destination des chaînes d’information que des habitant.e.s. On connaît la chanson.

De la mobilisation des élu.e.s et acteur.rice.s de terrain, nous attendons bien plus. Mettons le pied dans la porte entrouverte par le gouvernement, pour aborder les vrais sujets qui intéressent les Français.es : justice sociale, égalité territoriale et redistribution des richesses.

Donnons une toute autre tonalité à ce « grand débat national », aujourd’hui réduit à l’opération de communication d’un exécutif à la peine dans les sondages, pour faire en sorte qu’une toute autre politique soit menée, une politique sociale, une politique solidaire, une politique pour l’égalité de toutes et tous dans notre pays.


Contact presse : Antoine DELANGRE-MARINI, conseiller presse du président – 0679898329 - adelangremarini@seinesaintdenis.fr

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