Le festival Cinébanlieue souffle ses 10 bougies !

Dix ans après sa création, le festival, organisé cette année du 12 au 20 novembre, regarde dans le rétroviseur avec exigence et beaucoup de fierté.

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Ces temps-ci, il a beaucoup été question des 10 ans des émeutes urbaines parties de Clichy-sous-Bois. Un autre événement, autrement plus festif celui-là, ne va pas tarder à célébrer ses 10 ans : le festival Cinébanlieue, organisé du 12 au 20 novembre dans deux villes de Seine-Saint-Denis (voir encadré). Les deux « anniversaires » sont d’ailleurs liés : « Il y a 10 ans, les révoltes sociales parties de Seine-Saint-Denis ont attiré les caméras en banlieue. Les médias découvraient avec étonnement une souffrance sociale, qui existait pourtant depuis bien longtemps. Depuis, les banlieues sont très souvent montrées sous cet angle, qui existe bien sûr, mais qui écrase un peu le reste », se souvient Aurélie Cardin, fondatrice du festival. Et de poursuivre : « Nous, on voulait contrer ça, montrer qu’en banlieue, il y a aussi de la création, de l’inventivité. »

Dix ans plus tard, on peut dire que le pari est réussi : tout au long de son existence, le festival a été parrainé par des noms prestigieux comme les réalisateurs Tony Gatlif, Abderrahmane Sissako ou encore l’acteur Reda Kateb. « Ce n’est pas que du name-dropping. On s’est trouvés parce qu’il y avait des affinités très étroites entre nous : la transmission, la solidarité, un regard libre sur ce qui nous entoure. Sissako porte un regard sans concession sur les dérives fanatiques au Mali, Reda Kateb a voulu sortir du rôle de « l’acteur de banlieue » pour s’approprier tous les registres. On est en phase avec ça. », souligne Aurélie Cardin.

Surtout, en 10 ans, Cinébanlieue a su lancer de jeunes réalisateurs talentueux grâce à sa sélection Talents en Court. Cette année encore, le concours propose onze courts métrages intelligents et ambitieux, dont certains prennent pour cadre la Seine-Saint-Denis. C’est le cas de « Maman(s) », de Maïmouna Doucouré, tourné à Bagnolet et primé au festival du court-métrage de Toronto. Cette jeune réalisatrice, repérée à Talents en Court en 2013, y raconte l’histoire d’une fille de 8 ans qui voit son père revenir du Sénégal avec une deuxième épouse. « Un film exigeant, à hauteur d’enfant, sur la polygamie », explique Aurélie Cardin. Sur un sujet un peu plus léger, on verra aussi avec plaisir « F430 », de Yacine Qnia, en référence à la Ferrari avec laquelle frime Ladhi dans les rues d’Aubervilliers. Une dénonciation de la frime et du bling bling.

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Dans la catégorie long métrage, le festival en a aussi sous le capot. Avec deux temps forts : le 13 novembre, avec le film musical « A peine j’ouvre les yeux » de Leyla Bouzid, sur le printemps tunisien de 2011. « On est fiers de faire l’ouverture avec ce film, qui est justement la démonstration de ce que notre regard porte aussi au-delà des banlieues » Et le 14 novembre, Cinébanlieue fera aussi la part belle au film de genre avec « Voyoucratie », signé des jeunes réalisateurs Fabrice Garçon et Kévin Ossona. Un long-métrage jouant avec les codes du film de gangster mais sans aucune complaisance ni fascination pour la délinquance ou les petites frappes.

Les dix ans de Cinébanlieue finiront ensuite le 20 novembre sur une note d’espoir avec le beau film de Kheiron, « Nous trois ou rien ». Dans cette première oeuvre touchante, le comédien venu du stand-up originaire de Stains rend hommage à ses parents, réfugiés politiques ayant fui le régime fanatique de l’ayatollah Khomeini pour s’installer en Seine-Saint-Denis en 1984. Une comédie bien sentie qui, par sa tendresse et son intelligence, parvient à tenir un propos universel sur l’immigration et ses raisons. A dix ans, on se sent le roi du monde, et Cinébanlieue le prouve !

Christophe Lehousse

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Du 12 au 20 novembre :
A l’Ecran de Saint-Denis, du 12 au 14 novembre (4 euros 50 la place)
Au Studio d’Aubervilliers, du 15 au 17 novembre (5 euros la place)
A l’UGC Ciné Cité Paris 19, du 19 au 20 novembre (6 euros la place)

Pour plus d’informations : http://www.cinebanlieue.org

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