Le Président a laissé les quartiers en « plan »

le 22 mai 2018

Après "les beaux discours" de Clichy et de Tourcoing de novembre 2017 du Président, après le rapport Borloo, après le rapport parlementaire dévoilé il y quelques jours, les attentes étaient fortes sur l’urbain comme sur l’humain pour les quartiers populaires. Mais sous couvert de changer de méthode, le président de la République a posé un lapin aux banlieues.

Le rapport parlementaire sur l’action de l’État en Seine Saint Denis a confirmé ce que nous disons depuis des années : il y a un mensonge d’État qui consiste à dire que l’on déverse des millions dans les quartiers populaires. Il venait confirmer le rapport Borloo sur le diagnostic. Les quartiers ont besoin d’un rattrapage sans précédent pour simplement bénéficier du droit commun.

Du financement des projets ANRU aujourd’hui en attente à la priorité donnée à l’éducation et à la petite enfance, le rapport Borloo prenait la mesure de la situation, au-delà des mesures que nous pouvions discuter ici ou là.

Mais les annonces d’Emmanuel Macron sont très décevantes car « la mobilisation » annoncée sur tous les thèmes, les annonces reportées à l’été ou à l’automne cachent l’absence d’engagements concrets et massifs de l’État. Pour les acteurs de terrain, la mobilisation c’est 365 jours sur 365 et pas seulement pour les « premiers de cordées ». Glorifier lors d’une journée la banlieue ne suffit plus, il faut des actes.

Ce que nous attendons, c’est une mise à niveau sur l’humain et sur l’urbain.

- Les droits réels, oui par un rattrapage des moyens pour l’école, la police et la justice. Le rapport parlementaire des députés François Cornut-Gentille et Rodrigue Kokouendo décrit les inégalités, nul besoin d’une cour de l’équité territoriale pour le savoir. Ce n’est pas les moyens de la police municipale qui sont décriés mais ceux de la police nationale. Les acteurs locaux et les collectivités locales font déjà beaucoup, l’État ne peut encore se défausser sur eux.

- L’exemple de la petite enfance est révélateur : une place en crèche, c’est entre 11 000 et 15 000 euros par an, les 1000 euros proposées sont dérisoires.

- Remettre de la République dans les quartiers, cela ne peut pas être un slogan, c’est remettre du service public de qualité qui fonctionne et qui recrée de la confiance. Nous n’avons pas besoin d’une société de la vigilance mais de la confiance !

- L’ANRU a dans ses tiroirs tous les projets locaux de rénovation déjà travaillés, ils sont déjà jugées prioritaires et ont fait l’objet d’une sélection parmi d’autres. Faudra-t-il encore choisir les plus prioritaires parmi les prioritaires pour voir les financements assurés ?

- Le développement des transports est le grand oublié du discours alors qu’on sait qu’ils sont un moteur de développement économique, d’accès aux loisirs et à l’emploi. On nous parle de financer des permis de conduire quand les métros et les tramways sont reportés !

Le discours du 22 mai du président de la République sur la politique de la ville est un formidable hors sujet avec son lot de déceptions et de caricatures, mais sans aucun acte fort.


Contacts presse :
Cabinet présidence du département de Seine-Saint-Denis : Antoine Delangre-Marini : 01 43 93 93 47

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