La question du chômage dans les quartiers populaires mérite mieux que les vieux gadgets et les opérations de communication

Mobiliser pas moins de trois ministres pour venir vanter une expérimentation qui, au mieux, touchera 2 340 personnes dans toute la France, voilà la réponse décalée du gouvernement aux attentes des quartiers populaires !

11,7 millions d’euros ont été budgétés dans la Loi de finances pour 2018 ; or, avec 5 000 euros par an par poste, cela ne reviendra à créer au mieux que 2 340 emplois francs, cette année et pour toute la France.

La grosse artillerie de cette communication démesurée apparaît bien dérisoire au regard des 1,4 millions d’habitants des 194 quartiers politique de la ville, alors que nous avons 200 000 demandeurs d’emplois rien qu’en Seine-Saint-Denis !

Nos gouvernants s’obstinent à vouloir mener des expérimentations diverses et variées dans les quartiers populaires, mais refusent d’y investir massivement.

Les tenants du « nouveau monde » ont la mémoire qui flanche car l’idée des emplois francs n’est pas nouvelle ; les gouvernements successifs les ont déjà testés sans succès. On l’a vu avec le précédent dispositif, avec moins de 300 emplois francs créés par rapport à un objectif initial de 10 000. On peut douter de l’efficacité réelle de cette énième mouture qui ne sera sans doute qu’un effet d’aubaine pour les entreprises.

Remédier au problème du chômage dans les quartiers populaires, ce n’est pas déployer quelques mesures gadget à grands renforts de trompettes ministérielles. C’est en investissant massivement dans les politiques d’orientation, de formation et d’insertion, et en luttant contre les discriminations que subissent certains de nos concitoyens en raison de leur lieu d’habitation. A diplôme, âge et parcours équivalents, il est en effet plus difficile d’accéder à un emploi lorsque l’on habite certains quartiers plutôt que d’autres.

Le gouvernement ne peut décemment envoyer ses ministres faire de la communication en Seine-Saint-Denis quand « en même temps » il baisse les crédits politiques de la ville, quand il grève le budget des organismes HLM, quand il supprime les contrats aidés dont ont tant besoin les associations dans les quartiers populaires pour mener leurs actions, quand il reporte ou enterre des projets de transports indispensables au développement économique et à l’accès aux bassins d’emploi.

Pour - enfin - parvenir à l’égalité de traitement entre les territoires les plus favorisés et les autres, nous devons en finir avec les demi-mesures et investir massivement dans les quartiers populaires. C’est là-dessus que nous attendons des annonces de la part du gouvernement, et pas une énième opération de communication.

Stéphane Troussel : « La question du chômage dans les quartiers populaires mérite mieux qu’un dispositif gadget et qu’une énième opération de communication ministérielle à laquelle je ne participerai pas : ce que j’attends du gouvernement, c’est un investissement massif et prolongé pour assurer le développement de ces quartiers et le retour d’une véritable ambition pour la politique de la Ville. »


Contacts presse :
Cabinet présidence du département de Seine-Saint-Denis : Antoine Delangre-Marini : 01 43 93 93 47

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