La Seine-Saint-Denis ne signera pas le contrat de dupe que le gouvernement lui propose et exige un sursaut d’égalité républicaine.

En Seine-Saint-Denis, nous ne signerons pas le contrat absurde et scandaleux que l’État nous propose. Hier en Assemblée générale, l’ADF a voté à une très large majorité le refus de signer les « contrats » que l’État tente d’imposer aux collectivités, et en particulier aux départements.

Comment pourrions-nous le faire alors que la seule perspective qui nous est offerte, c’est une nouvelle réduction des dotations de l’État alors même que celui-ci n’est pas à la hauteur du B.A.-BA de l’égalité républicaine en Seine-Saint-Denis ?

Le rapport parlementaire des députés Cornut-Gentille (LR) et Kokouendo (LREM) vient de rappeler une fois de plus ce que nous ne cessons de dénoncer depuis des années : l’égalité républicaine n’est pas assurée car les services publics sont moins bien dotés en Seine-Saint-Denis où les besoins sont plus grands. On s’attendait à une réaction forte de la part du gouvernement et du président de la République : rien. Pire, on nous explique que la Seine-Saint-Denis, département le plus jeune et le plus pauvre de France métropolitaine, ne se verra appliquer aucune des bonifications prévues par la loi ni au titre des caractéristiques sociales, ni au titre des caractéristiques démographiques.

Dans ce contexte, les accusations de mauvaise gestion à peine voilées sont insupportables et insultantes : nous n’avons pas de leçon à recevoir.Il suffit de rappeler que les départements (et donc les contribuables locaux) assument à la place de l’État les allocations de solidarité nationale que sont le RSA, l’APA et la PCH : en Seine-Saint-Denis, pour la seule année 2017, ce sont 173 millions d’euros qui auront été ainsi assumés par le Département sans compensation de l’État. Malgré ce désengagement continu de l’État, nous avons réussi à poursuivre nos politiques publiques et à développer les indispensables investissements qui assurent l’avenir, au prix d’une gestion rigoureuse : sur les 10 dernières années, les dépenses de fonctionnement hors allocations de solidarités n’ont augmenté que de 1,1% par an. Le gouvernement ne peut pas demander aux collectivités de payer à sa place et ensuite leur reprocher de dépenser trop. Ce mauvais procès ajoute le cynisme à la mauvaise foi et à l’absurdité.

Aujourd’hui, cerise sur le gâteau, nous apprenons par l’ADF que le gouvernement revient sur ses maigres propositions pour mieux compenser les allocations de solidarité. Voilà donc la mesure de rétorsion à notre refus de passer sous les fourches caudines du jacobinisme et un dernier coup de poignard dans le dos des départements en difficulté après les coups de canifs portés à la décentralisation.

Au moment même où le président de la République cause « nouvelle décentralisation » en Bretagne, le message envoyé par le gouvernement aux Départements est plus brutal : « en marche »… ou crève.

Je demande au gouvernement et au président de la République d’assumer enfin la solidarité nationale plutôt que de chercher de nouvelles économies sur le dos des plus fragiles et d’organiser une mobilisation spécifique pour la Seine-Saint-Denis afin d’assurer l’égalité territoriale.


Contact presse :
Cabinet présidence du département de Seine-Saint-Denis : Antoine Delangre-Marini : 01 43 93 93 47

À LIRE AUSSI

Grand Paris : les départements d’Ile-de-France font front commun contre un big bang institutionnel

Mardi 10 octobre, le président de la Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel a dit aux côtés des présidents des 6 autres départements d’Ile-de-France sa ferme résolution de ne pas laisser la réforme du Grand Paris en approche casser l’outil opérant des Départements.

À LA UNE
Dans  Espace presse

1% artistique : L’exigence culturelle se poursuit en Seine-Saint-Denis

Le Département de la Seine-Saint-Denis, fort d’un développement démographique et économique exceptionnel, souhaite également accompagner le développement culturel de son territoire. D’ici 2020, ce sont 25 collèges ainsi qu’une Maison des Solidarités qui feront découvrir des œuvres inédites aux élèves et habitant-e-s de la Seine-Saint-Denis, au titre du dispositif dit du "1% culturel". L’ampleur de ce développement artistique dans notre collectivité, unique en France, reflète notre choix d’une politique culturelle ambitieuse.


« Ma santé 2022 » : un plan qui ne soigne pas l’hôpital public ! Des sparadraps pour soigner une hémorragie

Ce matin, Emmanuel Macron a annoncé son plan pour la santé, dévoilé pour grande partie dès hier. Au-delà de la disparition du numérus clausus en 2020, ce plan santé semble s’orienter vers une adaptation de la carte hospitalière plutôt que vers un vrai remède pour remettre sur pied le système de santé français et son homme malade, l’hôpital public.


Stratégie pauvreté - Et maintenant, des paroles aux actes !

Depuis maintenant plusieurs mois, 19 Départements proposent de tester le revenu de base en le rendant automatique et ouvert aux jeunes. Le président de la République propose aujourd’hui un revenu universel d’activité. Nous sommes prêts et nous voulons même l’ouvrir aux jeunes ; cela s’appelle le revenu de base ! Et cela suppose de considérablement modifier le financement des allocations de solidarités qui repose sur les plus pauvres.


Semaine de la mobilité : "La Seine-Saint-Denis engagée pour les mobilités de demain !"

C’est la semaine de la mobilité ! Plan de mobilité pour les agent.es du Département, contribution au budget du STIF, participation aux différents projets de transports ainsi qu’à la consultation internationale sur le devenir des autoroutes urbaines, aide à l’achat du titre Imagin’R pour les collégiens et à un forfait Améthyste pour nos séniors en difficulté... Le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis s’engage et investit pour le développement de tous les modes de déplacement, car nous savons que la mobilité de demain sera multimodale.


Semaine de la mobilité 2018

la Seine-Saint-Denis engagée pour les mobilités de demain !


Stratégie pauvreté : Vraie ambition, cache-sexe social ou coup d’épée dans l’eau ?

Le Département de la Seine-Saint-Denis pourrait être l’un des dix « territoires démonstrateurs » pour la stratégie pauvreté du président de la République. Si nous partageons les objectifs de cette stratégie et sommes prêts à nous y engager, afin d’offrir aux habitant-e-s de la Seine-Saint-Denis des politiques sociales toujours plus innovantes, nous posons néanmoins nos conditions. La « stratégie pauvreté » n’exonère notamment pas le gouvernement d’apporter les réponses indispensables à la compensation des allocations individuelles de solidarité ou à l’accueil digne des mineurs étrangers non accompagnés. Alors que ce dernier nous a habitués à une politique pas franchement favorable - c’est un euphémisme - à la réduction des inégalités sociales, nous gardons une distance prudente ainsi qu’une approche critique de tout ce qui pourrait être mis en œuvre.


Les Présidents des sept Départements d’Ile-de-France refusent de participer à l’élection du Président du Conseil de surveillance de la Société du Grand Paris

L’annonce par l’État du report du Grand Paris Express constituait déjà un recul majeur, caractérisé par un manque flagrant de transparence et de démocratie. Il en va de même de l’élection du nouveau Président de la Société du Grand Paris, en charge du projet, pour laquelle l’État multiplie depuis des mois les manœuvres pour inventer une candidature à sa convenance. Dans ces conditions, les Présidents des sept départements d’Ile-de-France ont décidé de ne pas participer à cette élection mascarade.


Enjeux de la présidence du Conseil de surveillance de la SGP : redonner au Grand Paris Express son ambition et faire primer les intérêts des habitant.e.s sur les arguties financières

Créé sous un gouvernement de droite en 2010, le Grand Paris Express avait « survécu » au changement de majorité présidentielle avec le quinquennat Hollande parce qu’il a été conçu et porté par l’ensemble des élu.es au-delà des clivages politiques. La concertation, l’écoute, la prise en compte des besoins des territoires avaient créé l’unanimité derrière ce projet et fait sa force. Il aura fallu un Gouvernement qui se dit « ni de droite, ni de gauche » pour le remettre en cause.


RENTRÉE 2018 l’éducation 100% concrète

Compétence essentielle des départements, l’Éducation reste plus que jamais la priorité du Conseil Départemental de Seine-Saint-Denis.


Parcoursup : le Président de la Seine-Saint-Denis saisit le Défenseur des droits

Face au maintien d’un système jugé opaque, et suite aux retours de témoignages de lycéen-ne-s via la plateforme du Conseil départemental, Stéphane Troussel, président du Département de la Seine-Saint-Denis, a décidé de saisir ce jour le Défenseur des droits au sujet de la plateforme Parcoursup. Il s’agit de vérifier que le lycée d’origine ne constitue pas un critère discriminant pour les universités dans le choix de leurs étudiant-e-s.

0 | 10 | 20 | 30 | 40 | 50 | 60 | 70 | 80 | ... | 340