L’éléphant, la colombe et le collège Jean-Vilar de la Courneuve

Jusqu’au vendredi 13 juin, des élèves de 3e du collège Jean-Vilar à la Courneuve exposent un projet pédagogique conçu autour de l’œuvre de l’artiste mexicaine Frida Kahlo, à la Galerie "Le Sens de l’Art".

"Autoportrait avec singe", "Diego et moi", "La Colonne brisée" : toutes ces oeuvres de la peintre Frida Kahlo ont inspiré les élèves de 3e4 du collège Jean-Vilar de La Courneuve.
Accompagnés par une équipe de professeurs et guidés à raison de 20h dans l’année par un romancier et une dessinatrice, ils ont d’abord découvert l’univers bariolé et onirique de "Frida" avant de donner naissance à leur propre fanzine sur l’artiste mexicaine, intitulé "Fragments de Frida". Des planches, tirées de ce fanzine, sont visibles jusqu’au vendredi 13 juin à la Galerie "Le Sens de l’Art" de la Courneuve.

"Les élèves, pour la plupart, ne connaissaient pas l’oeuvre de Frida Kahlo. Son style atypique les a beaucoup intéressés et surtout, ils ont été touchés par sa vie et sa souffrance", explique Katarina Belenzada, leur professeur d’espagnol qui les a accompagnés tout au long du projet.
"Le parcours s’est ouvert avec une visite de l’exposition "Frida et Diego, l’art en fusion" au musée de l’Orangerie en octobre et à partir de ce premier contact un peu naïf, ils ont approfondi leur découverte", renchérit Sophie Abellan, de la Maison des écrivains et de la littérature, qui avec sa collègue Nathalie Lurton a conçu les différentes phases du parcours pédagogique.

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Dans les planches sont donc évoqués plusieurs moments de la vie tumultueuse de Kahlo, tirés à partir de sa correspondance : l’histoire d’amour de cette « colombe » avec « l’éléphant », le peintre Diego Rivera, son accident de bus à l’âge de 18 ans, ses nombreuses fausses couches.
Pour raconter cette histoire, les 23 élèves ont reçu l’aide du romancier Stéphane Michaka et de l’illustratrice Maya Mihindou, qui travaillent eux-mêmes à leur propre roman graphique sur Frida Kahlo.

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Le projet, interdisciplinaire, a aussi permis d’aborder différentes thématiques lors des cours : l’approche autobiographique et l’art du récit en français, des aspects de la culture mexicaine en espagnol, la révolution mexicaine en histoire.
"Cette expérience a été un fil conducteur tout au long de l’année, il a fait découvrir un univers pictural à certains qui n’avaient pas forcément l’habitude d’aller au musée et motivé toute la classe", continue Katarina Belenzada qui se félicite de cette première expérience de projet Culture et Art au Collège, dispositif créé et financé par le Conseil général de la Seine-Saint-Denis.
L’expérience a été complétée par la visite de la Cité La Jarry, un squat d’artistes à Vincennes, qui, selon Sophie Abellan, "entrait en résonance avec les emprunts de Frida à l’art populaire et la peinture muraliste de Diego Rivera".

Le vernissage, auquel a assisté le président du Conseil général Stéphane Troussel, a eu lieu vendredi 23 mai, mais vous pourrez vous aussi découvrir jusqu’au 13 juin les productions de ces élèves sur l’univers de l’hôte de la Casa Azul. De Coyoacan à la Courneuve.

Christophe Lehousse

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Le Sens de l’art, une galerie ouverte aux "paroles libres"

« Quand j’ai voulu ouvrir ma galerie ici à La Courneuve, on m’a pris pour un dingue ». La voix de basse d’Anthony Russel, artiste peintre et animateur de la galerie « Le Sens de l’art », résonne dans son lieu d’exposition. Animé depuis 2004 par la volonté d’ouvrir sa galerie, cet enfant de la Cité des 4000 de La Courneuve ne s’est pas laissé décourager par les réactions de perplexité. En janvier 2007, à force de persuasion, la mairie lui met à disposition une petite maison laissée à l’abandon avenue Gabriel Péri, qu’il relooke à la Mondrian.
Sept ans plus tard, lui et son collectif réunissant quelque 40 artistes continuent toujours d’exposer leurs coups de cœur. Jusqu’au 13 juin, ce sont donc les « Fragments de Frida », mais avant ça, de nombreux artistes sont passés entre les quatre murs pimpants du « Sens de l’art » : le dessinateur de BD Jean-Jacques Sanchez, l’artiste kabyle Djalila Dechache, ou encore la peintre libanaise Nahlé Borderie.
« Notre philosophie, c’est d’exposer ce qui nous plaît et qui est en harmonie avec nos valeurs : des artistes cosmopolites, des paroles libres », explique Anthony Russel. Et ça marche : en une année, la galerie voit généralement passer environ 4000 personnes, ravies de ce lieu qui amène l’art à leur porte, de manière gratuite.
Russel songe déjà à ses prochains projets : une exposition sur les liens entre chanson française et peinture réunira ainsi entre septembre 2014 et octobre 2015 des documents authentiques de Mouloudji, Gainsbourg, Francis Lemarque, Aznavour et Jean Ferrat. Et la galerie compte bien aussi participer au festival "La Courneuve, mille mondes", qui se profile à l’horizon 2016.

Le Sens de l’Art, 50 avenue Gabriel Péri

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