Grand Paris : la Métropole des Riches est en marche !

La presse se fait une fois de plus l’écho de la volonté du président de la République et du gouvernement de supprimer la Seine-Saint-Denis.

La méthode détestable, que nous ne cessons pourtant de dénoncer depuis plusieurs mois, se poursuit. Je ne considère pas qu’une réunion d’une heure trente sur un tel sujet avec un préfet de Région constitue une véritable concertation. Je regrette que ni le Président de la République ni le Premier ministre ne prennent la peine de consulter directement les présidents des Département de petite couronne, après que M. Macron a par deux fois annulé à la dernière minute les rendez-vous qui devaient pourtant se tenir. Aucun dialogue à la hauteur des enjeux n’a été engagé avec les départements. Est-ce parce que les dés de cette « concertation » étaient pipés ou parce qu’il n’a pas vraiment de réponses à apporter aux arguments précis que nous avançons ? Et les citoyens dans tout ça ? Ce sont encore les grands absents, tant il est vrai que l’enjeu démocratique ne semble pas être le souci premier des scénarios technocratiques du préfet Cadot.

Au moment où nous devrions avancer plus vite sur des projets aussi importants que le Grand Paris des transports ou la préparation des Jeux Olympiques qui font concrètement la réalité du Grand Paris, et pour lesquels les départements sont des acteurs-clés, la décision de les supprimer créerait une instabilité très néfaste et dont les effets se feront très vite sentir. C’est clairement prendre le risque de mettre la candidature aux JO en danger alors que le temps est déjà compté.

Alors que les Départements assument depuis plus de 15 ans l’essentiel des politiques de solidarité, bien souvent en lieu et place d’un État défaillant et incapable de financer la solidarité nationale, alors qu’ils assurent des services publics quotidiens extrêmement utiles grâce aux 20 000 agentes et agents publics, la volonté farouche de certains technocrates de les supprimer sonne comme une volonté d’affaiblir encore un peu plus les solidarités et les services publics.

Il est pourtant évident qu’une « simplification » qui consiste à recréer 11 sous-départements au lieu de 3, non seulement ne créera aucun gain d’efficacité pour les politiques publiques mais aura un effet désorganisateur et coûteux, tout le contraire de l’effet recherché. Surtout comment pourront-ils supporter le poids de dépenses sociales qui sont déjà difficiles à assumer à l’échelle des départements ? Le président de la République qui puise tant d’exemples dans le monde des entreprises a-t-il déjà vu une pseudo-rationalisation passer par un dépeçage ? Casser ce qui fonctionne pour donner du corps à un système qui ne marche pas, il fallait oser… L’échelon départemental, quitte à le faire évoluer, serait au contraire un parfait territoire d’exercice des compétences métropolitaines et de coopération des villes : il y aurait ainsi 4 territoires de taille similaire dans la métropole du Grand Paris.

Car il est également évident que ce scénario du Grand Paris sans Paris créera un immense déséquilibre de la métropole au profit d’un mastodonte parisien renforcé et cadenassé à l’intérieur de ses frontières du périphérique, toujours plus riche, face à une banlieue morcelée où les inégalités risquent de se creuser un peu plus encore malgré les beaux discours. La métropole des riches est En Marche, voilà la modernité ?

La Seine-Saint-Denis, ce n’est pas une institution, c’est une histoire et une forte identité auquel les habitants et les habitantes, loin des clichés qu’on leur jette trop souvent à la figure, sont fortement attachés.

Stéphane Troussel, Président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis

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