Grand Paris Express : les annonces du Premier ministre ne sont ni en adéquation ni à la hauteur de l’ambition et des enjeux de ce projet

S’il confirme l’engagement de l’État à réaliser le Grand Paris Express dans sa totalité, le nouveau calendrier dévoilé ce matin par Édouard Philippe n’est pas à la hauteur des enjeux. Nous avons besoin de ces nouvelles infrastructures car elles sont la concrétisation du rattrapage du développement du réseau de transports en banlieue, dans lequel l’État a trop longtemps sous-investi. Plus qu’un projet de transport, il s’agit d’un projet de développement de territoire et de réductions des inégalités, dont la Seine-Saint-Denis mais aussi l’Île-de-France ont plus que jamais besoin.

Le Premier ministre vient d’annoncer le report du calendrier du Grand Paris Express (GPE) lors d’une conférence de presse. Ces annonces font suite au lancement il y a moins d’un mois de ce que l’on ne peut qualifier de « concertation » : interdiction d’aborder la question du financement (qui est tout de même cruciale dans ces arbitrages !), refus de transmettre les documents, réunions calées puis annulées puis recalées…

Sur la forme comme sur le fond, je ne peux que regretter le fait que l’État n’ait pas mesuré l’ambition de ce projet d’une ampleur inédite et l’importance de tenir les délais. Si nous avions disposé de l’ensemble des éléments, nous aurions pu faire des propositions permettant d’optimiser le calendrier autrement que sous le seul prisme financier.

Plus qu’un projet de transport, c’est un projet de développement de territoire et de réduction des inégalités. En ce sens, mais aussi par son ampleur et sa localisation en banlieue, pour la banlieue, ce projet est ambitieux mais aussi crucial pour l’Île-de-France.

Ce nouveau calendrier, bien qu’il confirme l’engagement de l’État à réaliser le GPE dans sa totalité et maintient l’objectif de 2030, n’est ni en adéquation ni à la hauteur de l’ambition et des enjeux de ce projet.

Bien que la desserte des sites olympiques soit en grande partie confirmée, elle ne l’est pas en totalité. Or, ne pas réaliser gare du Bourget Aéroport pour les Jeux revient à tuer le village des Médias et l’opportunité d’urbaniser un quartier aujourd’hui trop routier. Cette desserte n’est pas une option technique, c’est une nécessité.

Si l’arrivée de la gare à Clichy-Montfermeil a été bien été confirmée pour 2024, quid du reste de la ligne ? Phaser la ligne 16 et ne pas la relier à la 15 sud serait un véritable non-sens en termes d’exploitation et financiers : les Clichois qui voudront rejoindre l’aéroport d’Orly seront obligés… de repasser par Paris ! Pour rejoindre le centre universitaire de Marne-la-Vallée, ils devront prendre 2 bus et faire 32 stations avant d’arriver à la gare de Noisy-Champs contre 2 stations de métro avec la 16 bouclée !

De même, l’arrivée de la ligne 17 à Roissy en 2030 est une mauvaise nouvelle pour le territoire. Cette ligne permet de répondre aux besoins de desserte locale du bassin d’emplois de Roissy, ce qui n’est pas le cas du CDG Express privilégié par le Gouvernement.

Enfin, le décalage de 5 ans pour l’arrivée de la 15 Est à Rosny-Bois-Perrier en connexion avec la ligne 11 est également une mauvaise nouvelle pour ce territoire peu desservi en mode lourd.

Ces décalages sont d’autant plus graves que plusieurs projets de transports du quotidien - pourtant inscrits au CPER - n’avancent pas, faute d’engagements suffisants de l’État et la Région. En Seine-Saint-Denis, ce sont le prolongement du T1 à l’Est, le bus à haut niveau de service TZEN3 sur l’ex-RN3, la phase 2 de la T11 express - dont la phase 1 tout juste inaugurée connaît déjà des difficultés d’exploitation - ou encore le T8 sud devant rejoindre la gare Rosa Parks à Paris.

Nous avons besoin de ces nouvelles infrastructures. Elles sont la concrétisation du rattrapage tant attendu du développement du réseau de transports en banlieue, dans lequel l’État a trop longtemps sous-investi. Nous ne pouvons plus attendre !


Contact presse :
Cabinet présidence du département de Seine-Saint-Denis : Juliette Griffond (01 43 93 93 47)

À LIRE AUSSI

Grand Paris : les départements d’Ile-de-France font front commun contre un big bang institutionnel

Mardi 10 octobre, le président de la Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel a dit aux côtés des présidents des 6 autres départements d’Ile-de-France sa ferme résolution de ne pas laisser la réforme du Grand Paris en approche casser l’outil opérant des Départements.

À LA UNE
Dans  Espace presse

12,7 millions d’euros pour le reclassement des salariés de PSA

Stéphane Troussel se félicite que le Parlement européen ait adopté, le 21 octobre, l’attribution de 12,7 millions d’euros qui vont permettre de contribuer à la formation, au retour à l’emploi ou encore à la création d’entreprise de ces anciens salariés.


Le Département choisit d’investir pour la petite enfance et les familles

Parce que tous les parents ont été confrontés à l’épineuse question du mode de garde de leur jeune enfant, le Conseil général a choisi de faire de l’accueil des tout-petits et des familles sa priorité en adoptant un Plan Petite Enfance et Parentalité 2015-2020.



Exclusion de l’ex-RN2 du nouveau péage poids lourds

Le Gouvernement s’apprête à publier un décret sur le réseau routier local concerné par le nouveau péage de transit poids lourds. L’intégration des autoroutes et l’exclusion de l’ex-RN2 entraîneraient un report de trafic important sur cette zone urbaine dense, déjà soumise à des taux de pollution importants.


Le Tzen 3 et le T1 continuent d’avancer !

Le 1er octobre, le Conseil du STIF devrait permettre l’avancée de deux projets de transports importants pour la Seine-Saint-Denis et très attendus par les habitants : le Tzen3 et le prolongement du T1 à l’est.


L’art entre au collège

Le Département rend l’art accessible à tous grâce au 1% artistique dans les nouveaux collèges.


Pour un encadrement des loyers en Seine-Saint-Denis

En Seine-Saint-Denis, comme dans les grandes métropoles, la crise du logement est plus que jamais un sujet de préoccupation majeur. Ici comme ailleurs, les loyers connaissent une hausse continue depuis plus de 20 ans.


Rentrée exceptionnelle avec l’ouverture de 12 collèges

Le collège numérique n’est plus un rêve futuriste, c’est une réalité en Seine-Saint-Denis !


Emprunts toxiques

Pour Stéphane Troussel, la loi votée le 17 juillet, relative à la sécurisation des contrats de prêts structurés, qui permet rétroactivement d’exonérer les banques de leurs excès pour en faire reposer le coût sur les contribuables locaux est intolérable pour le département et les collectivités dupées par ces organismes financiers.


Métropole du Grand Paris

Pour Stéphane Troussel, le Président du Conseil général, il faut tenir le cap d’une métropole forte et solidaire et se garder d’une « métropole machin ».

0 | ... | 180 | 190 | 200 | 210 | 220 | 230 | 240 | 250 | 260 | ... | 320