Grand Paris Express : les annonces du Premier ministre ne sont ni en adéquation ni à la hauteur de l’ambition et des enjeux de ce projet

le 22 février 2018

S’il confirme l’engagement de l’État à réaliser le Grand Paris Express dans sa totalité, le nouveau calendrier dévoilé ce matin par Édouard Philippe n’est pas à la hauteur des enjeux. Nous avons besoin de ces nouvelles infrastructures car elles sont la concrétisation du rattrapage du développement du réseau de transports en banlieue, dans lequel l’État a trop longtemps sous-investi. Plus qu’un projet de transport, il s’agit d’un projet de développement de territoire et de réductions des inégalités, dont la Seine-Saint-Denis mais aussi l’Île-de-France ont plus que jamais besoin.

Le Premier ministre vient d’annoncer le report du calendrier du Grand Paris Express (GPE) lors d’une conférence de presse. Ces annonces font suite au lancement il y a moins d’un mois de ce que l’on ne peut qualifier de « concertation » : interdiction d’aborder la question du financement (qui est tout de même cruciale dans ces arbitrages !), refus de transmettre les documents, réunions calées puis annulées puis recalées…

Sur la forme comme sur le fond, je ne peux que regretter le fait que l’État n’ait pas mesuré l’ambition de ce projet d’une ampleur inédite et l’importance de tenir les délais. Si nous avions disposé de l’ensemble des éléments, nous aurions pu faire des propositions permettant d’optimiser le calendrier autrement que sous le seul prisme financier.

Plus qu’un projet de transport, c’est un projet de développement de territoire et de réduction des inégalités. En ce sens, mais aussi par son ampleur et sa localisation en banlieue, pour la banlieue, ce projet est ambitieux mais aussi crucial pour l’Île-de-France.

Ce nouveau calendrier, bien qu’il confirme l’engagement de l’État à réaliser le GPE dans sa totalité et maintient l’objectif de 2030, n’est ni en adéquation ni à la hauteur de l’ambition et des enjeux de ce projet.

Bien que la desserte des sites olympiques soit en grande partie confirmée, elle ne l’est pas en totalité. Or, ne pas réaliser gare du Bourget Aéroport pour les Jeux revient à tuer le village des Médias et l’opportunité d’urbaniser un quartier aujourd’hui trop routier. Cette desserte n’est pas une option technique, c’est une nécessité.

Si l’arrivée de la gare à Clichy-Montfermeil a été bien été confirmée pour 2024, quid du reste de la ligne ? Phaser la ligne 16 et ne pas la relier à la 15 sud serait un véritable non-sens en termes d’exploitation et financiers : les Clichois qui voudront rejoindre l’aéroport d’Orly seront obligés… de repasser par Paris ! Pour rejoindre le centre universitaire de Marne-la-Vallée, ils devront prendre 2 bus et faire 32 stations avant d’arriver à la gare de Noisy-Champs contre 2 stations de métro avec la 16 bouclée !

De même, l’arrivée de la ligne 17 à Roissy en 2030 est une mauvaise nouvelle pour le territoire. Cette ligne permet de répondre aux besoins de desserte locale du bassin d’emplois de Roissy, ce qui n’est pas le cas du CDG Express privilégié par le Gouvernement.

Enfin, le décalage de 5 ans pour l’arrivée de la 15 Est à Rosny-Bois-Perrier en connexion avec la ligne 11 est également une mauvaise nouvelle pour ce territoire peu desservi en mode lourd.

Ces décalages sont d’autant plus graves que plusieurs projets de transports du quotidien - pourtant inscrits au CPER - n’avancent pas, faute d’engagements suffisants de l’État et la Région. En Seine-Saint-Denis, ce sont le prolongement du T1 à l’Est, le bus à haut niveau de service TZEN3 sur l’ex-RN3, la phase 2 de la T11 express - dont la phase 1 tout juste inaugurée connaît déjà des difficultés d’exploitation - ou encore le T8 sud devant rejoindre la gare Rosa Parks à Paris.

Nous avons besoin de ces nouvelles infrastructures. Elles sont la concrétisation du rattrapage tant attendu du développement du réseau de transports en banlieue, dans lequel l’État a trop longtemps sous-investi. Nous ne pouvons plus attendre !


Contact presse :
Cabinet présidence du département de Seine-Saint-Denis : Juliette Griffond (01 43 93 93 47)

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