Bénédicte Madelin, 21 ans d’investissement à Profession Banlieue

A 67 ans, Bénédicte Madelin a participé jeudi 3 avril à sa dernière assemblée générale de Profession banlieue. Celle qui fut directrice de l’association durant 21 ans passe le relais à Damien Bertrand, mais reste mobilisée.

Pendant 21 ans – depuis la création de l’association en 1993 - elle aura été à la tête de Profession banlieue. 21 ans de combat, de débats, de passion. 21 ans à accompagner les politiques de la ville, ces dispositifs pensés pour lutter contre les inégalités sociales dans les quartiers en difficulté et ainsi aider à résoudre la « crise des banlieues ». Une tâche souvent complexe, souvent ardue, mais toujours passionnante. « A titre personnel, j’y ai pris beaucoup d’intérêt. Ce département a une vraie cohérence d’ensemble, même si son histoire politique évolue. Nous avons travaillé avec des élus très attachés à leur ville, avec des acteurs de terrain qui se battent pour le département. Vraiment, on n’en sort pas indifférent », assure Bénédicte Madelin.

Bilan positif

Sur un plan plus général, l’ex-directrice estime aussi que Profession Banlieue peut tirer un bilan positif de ses 21 ans d’existence. « L’association a clairement fait la preuve de son utilité : en accompagnant la politique de la ville dans son travail, en insistant sur les thèmes de l’éducation et de la santé, en mettant à disposition des ressources documentaires pour les chercheurs, les acteurs de terrain ». Depuis 1993, l’association aura en effet multiplié les colloques, les publications et mis en réseau chercheurs, acteurs de terrain et professionnels de la politique de la ville.

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Évidemment, pas question de verser dans l’auto-glorification pour autant. Les enjeux sont pour cela trop importants. Mais à l’heure du bilan, Bénédicte Madelin invite à mettre les choses en perspective. « Si les inégalités sociales sont toujours aussi fortes sur certains territoires, ce n’est pas la politique de la ville qui en est responsable, mais les politiques publiques de droit commun qui ne sont pas toujours à la hauteur... Par exemple, si la scolarisation des enfants de moins de 3 ans est particulièrement faible en Seine-Saint-Denis, ce n’est pas la politique de la ville qui est à incriminer, mais les moyens dont disposent les puissances publiques pour ouvrir ces écoles aux moins de 3 ans ».

Associer les habitants

Des problématiques de logement ou de transports à la crise des banlieues en novembre 2005, Profession banlieue s’est toujours efforcée de comprendre les enjeux, de les replacer dans un ensemble plus vaste, celui de l’agglomération, et d’associer à ses réflexions les habitants des lieux. « C’est l’une des recommandations principales de la mission Bacqué-Mechmache de 2013, à laquelle nous avons été associés. On ne peut plus aujourd’hui mettre en œuvre des politiques publiques sans s’appuyer sur la compétence et la connaissance des habitants ».

Et maintenant ? Pour Bénédicte Madelin, le combat continue. L’ancienne directrice de Profession Banlieue ne va pas se désinvestir pour autant et compte maintenant se consacrer à la médiation sociale et culturelle ou encore à l’accès à la santé pour les populations les plus vulnérables.

Quant à Profession Banlieue, sa feuille de route est claire : continuer à accompagner de manière efficace les politiques de la ville. Avec un nouveau point-clé selon Bénédicte Madelin : l’arrivée, au 1er janvier 2016, de la métropole du Grand Paris. « Il va falloir réfléchir à la manière dont les politiques de la ville accompagnent ces mutations. Comment faire en sorte que la Seine-Saint-Denis et sa population profitent du développement de la métropole et n’en soient pas que des outils ? », résume celle qui passe désormais la main à Damien Bertrand, urbaniste de formation. Celui-ci était d’ailleurs présent jeudi 3 avril à l’assemblée générale de l’association, à laquelle a assisté également Stéphane Troussel, président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis.

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Christophe Lehousse

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