Aucun recul sur le Grand Paris Express n’est acceptable

Dans le cadre de la réunion de concertation organisée par le premier ministre sur le Grand Paris Express, j’ai exprimé avec Corinne Valls, vice-présidente en charge des Transports et de l’Aménagement, les inquiétudes de la Seine-Saint-Denis. Alors que ce projet fait désormais depuis plusieurs années l’objet d’un fort consensus politique, tant il est attendu par les habitants et indispensable au développement équilibré de l’Ile-de-France, on ne saurait comprendre que le gouvernement décide de le freiner brutalement.

Avec 68 nouvelles gares et plus de 200 km de métro, il s’agit du plus important chantier d’Europe et du chantier du siècle pour notre pays. Rien que pour la Seine-Saint-Denis, ce sont 4 nouvelles lignes de métro.

N’en déplaise à Bercy ou à la Cour des comptes, le Grand Paris Express, ce n’est pas qu’un coût à réduire, c’est un investissement majeur pour l’avenir. C’est une transformation profonde du territoire porteuse de dynamiques, de développement, de mieux-vivre pour les habitants. C’est un rééquilibrage et un rattrapage indispensable pour des territoires trop longtemps laissés à l’écart d’un réseau de transports digne de ce nom. Tous les projets de transports connaissent des aléas techniques, chacun peut le comprendre.

Un recalage brutal du calendrier pour les seules raisons financières serait catastrophique :

- cela remet en cause la logique propre au projet qui fait précisément sa pertinence en cassant le modèle « en étoile » pour faciliter les trajets de banlieue à banlieue ;

- cela remettra en cause de nombreux projets d’aménagements portés par les collectivités, notamment pour atteindre les objectifs de construction de logements ;

- cela retardera encore une fois l’urgence à réduire les inégalités territoriales alors que c’était précisément un des objectifs premiers de ce grand projet de transports ;

- cela nuira à la reprise économique car les investissements publics sont aujourd’hui un des moteurs essentiels de la création de plusieurs milliers d’emplois ;

L’argument financier ne saurait suffire à remettre en cause ces projets, alors que dans le même temps l’État débloque un prêt de plus d’1 milliards d’euros pour permettre aux acteurs privés de construire et d’exploiter le Charles-de-Gaulle Express qui traversera les territoires sans les desservir. Faut-il rappeler que le métro parisien a mis plus de 100 ans à être payé : pourquoi ce qui fut possible hier pour Paris ne serait pas possible aujourd’hui pour la banlieue ?

Dès le mois de décembre, au Conseil de surveillance de la Société du grand Paris, les représentants des collectivités ont voté pour la première fois contre un projet de budget qui n’était pas à la hauteur. Reculer aujourd’hui sur ce projet emblématique et crucial pour l’avenir de la Seine-Saint-Denis serait un très mauvais signal, totalement à rebours des espoirs que nous mettons dans l’organisation des JO 2024. Je demande donc au gouvernement de ne pas remettre en cause ce grand projet et d’en assumer l’ambition.

Stéphane Troussel, Président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis


Contact presse :
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