Application du Logement d’Abord en Seine-Saint-Denis : l’innovation nécessite des moyens et de la cohérence de la part de l’Etat !

le 1er février 2019

Alors que le 24ème rapport de la Fondation Abbé Pierre rappelle les inégalités révoltantes parmi la population française en matière de logement, la question d’un logement abordable pour toutes et pour tous n’a jamais paru aussi urgente.

En Seine-Saint-Denis, la situation est critique pour une partie de la population. Chaque jour, 9000 personnes sont logées à l’hôtel par le 115-93 par le biais d’un dispositif qui est désormais arrivé à saturation : de 186 000 appels en 2011, la plate-forme en a reçue 1,6 millions en 2016. Aujourd’hui, même les publics les plus fragiles comme les femmes sortantes de maternité ne peuvent plus être prises en charge de manière systématique.

Le Département de la Seine-Saint-Denis, en tant que chef de l’action sociale, porte une vision élargie des politiques sociales et s’emploie à mobiliser toutes ses ressources dans un contexte financier fortement contraint.

Nous portons depuis longtemps des projets innovants afin d’accompagner les habitant.e.s les plus fragiles vers le logement pérenne, à l’instar du Plan départemental d’hébergement alternatif à l’hôtel, la création d’une circonscription de service social dédiée aux publics en errance ou encore la mobilisation du Fonds de Solidarité Logement.

Le gouvernement a donc souhaité apporter une impulsion nouvelle à une politique d’hébergement manifestement à bout de souffle en expérimentant le dispositif « Logement d’abord ». S’il est apparu naturel au Conseil départemental de Seine-Saint-Denis de participer à cette démarche qui consiste à fournir un logement et un accompagnement social aux sans-abris, nous devons aujourd’hui en souligner les limites.

Dans un contexte où le marché du logement est extrêmement tendu, la captation de logements pour alimenter le dispositif relève de la gageure. La pression exercée sur les organismes HLM depuis le début de quinquennat déstabilise le secteur et freine la mise en place de démarches innovantes. De plus, la cohérence de l’action de l’État en Seine-Saint-Denis interroge lorsqu’un d’un côté il propose des voies nouvelles pour loger les sans-abris et de l’autre participe à l’expulsion de plus de 2000 personnes de leurs logements en 2017 ; chiffre sans équivalent en Ile-de-France.

Cette entreprise au long court nécessite un engagement et une cohérence de la part de l’ensemble des acteur.trice.s public.que.s qui fait aujourd’hui grandement défaut.

Stéphane Troussel : « Le succès du Logement d’Abord dans les territoires nécessite un engagement de toutes les parties prenantes et d’une cohérence de l’action de l’État en matière de logement qui manquent cruellement aujourd’hui  »


Contact presse :
Cabinet de la présidence du département de la Seine-Saint-Denis / Antoine Delangre-Marini : adelangremarini@seinesaintdenis.fr

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