Application du Logement d’Abord en Seine-Saint-Denis : l’innovation nécessite des moyens et de la cohérence de la part de l’Etat !

Alors que le 24ème rapport de la Fondation Abbé Pierre rappelle les inégalités révoltantes parmi la population française en matière de logement, la question d’un logement abordable pour toutes et pour tous n’a jamais paru aussi urgente.

En Seine-Saint-Denis, la situation est critique pour une partie de la population. Chaque jour, 9000 personnes sont logées à l’hôtel par le 115-93 par le biais d’un dispositif qui est désormais arrivé à saturation : de 186 000 appels en 2011, la plate-forme en a reçue 1,6 millions en 2016. Aujourd’hui, même les publics les plus fragiles comme les femmes sortantes de maternité ne peuvent plus être prises en charge de manière systématique.

Le Département de la Seine-Saint-Denis, en tant que chef de l’action sociale, porte une vision élargie des politiques sociales et s’emploie à mobiliser toutes ses ressources dans un contexte financier fortement contraint.

Nous portons depuis longtemps des projets innovants afin d’accompagner les habitant.e.s les plus fragiles vers le logement pérenne, à l’instar du Plan départemental d’hébergement alternatif à l’hôtel, la création d’une circonscription de service social dédiée aux publics en errance ou encore la mobilisation du Fonds de Solidarité Logement.

Le gouvernement a donc souhaité apporter une impulsion nouvelle à une politique d’hébergement manifestement à bout de souffle en expérimentant le dispositif « Logement d’abord ». S’il est apparu naturel au Conseil départemental de Seine-Saint-Denis de participer à cette démarche qui consiste à fournir un logement et un accompagnement social aux sans-abris, nous devons aujourd’hui en souligner les limites.

Dans un contexte où le marché du logement est extrêmement tendu, la captation de logements pour alimenter le dispositif relève de la gageure. La pression exercée sur les organismes HLM depuis le début de quinquennat déstabilise le secteur et freine la mise en place de démarches innovantes. De plus, la cohérence de l’action de l’État en Seine-Saint-Denis interroge lorsqu’un d’un côté il propose des voies nouvelles pour loger les sans-abris et de l’autre participe à l’expulsion de plus de 2000 personnes de leurs logements en 2017 ; chiffre sans équivalent en Ile-de-France.

Cette entreprise au long court nécessite un engagement et une cohérence de la part de l’ensemble des acteur.trice.s public.que.s qui fait aujourd’hui grandement défaut.

Stéphane Troussel : « Le succès du Logement d’Abord dans les territoires nécessite un engagement de toutes les parties prenantes et d’une cohérence de l’action de l’État en matière de logement qui manquent cruellement aujourd’hui  »


Contact presse :
Cabinet de la présidence du département de la Seine-Saint-Denis / Antoine Delangre-Marini : adelangremarini@seinesaintdenis.fr

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Stéphane Troussel, Christian Favier, Marie-Christine Cavecchi et Patrick Septiers demandent de vraies garanties pour les transports du quotidien et leur priorisation avant toute décision sur la poursuite du projet du CDG Express.

L’amélioration de la liaison de Paris à ses aéroports ne peut se faire au détriment des transports du quotidien, et elle ne passe pas uniquement par la construction d’un train express. Or, la ministre des transports semble conditionner l’amélioration des conditions de transports des 900 000 usager.e.s quotidiens du RER B à la réalisation de ce transport qui ne concernera hypothétiquement que 20 000 usager.e.s occasionnel.le.s. Si des garanties ne nous sont pas apportées concernant les transports du quotidien, nous le disons : nos collectivités ne participeront à aucune avancée opérationnelle sur le CDG Express.


Le "grand débat national" arrive en banlieue : Empêcher l’"opération de com", mettre le pied dans la porte

Ce soir, Emmanuel Macron réunissait des élu.e.s de banlieue pour leur parler « grand débat national » dans l’Essonne. De ce déplacement du président en banlieue, nous n’attendons à vrai dire pas grand-chose, et nous craignons que cette « opération de reconquête » soit plus à destination des chaînes d’information que des habitant.e.s. De la mobilisation des élu.e.s et acteur.rice.s de terrain, nous attendons bien plus. Mettons le pied dans la porte entrouverte par le gouvernement, pour aborder les vrais sujets qui intéressent les Français.es : justice sociale, égalité territoriale et redistribution des richesses.


Le Seine-Saint-Denis se mobilise pour la Semaine Olympique et Paralympique à l’école

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Fabrique des Jeux en Seine-Saint-Denis : lancement de l’Atelier des Villes en présence de Stéphane Troussel et de Tony Estanguet

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Débat à l’Assemblée nationale sur le revenu de base : Stéphane Troussel présent pour défendre l’expérimentation

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