Anne Hidalgo et Stéphane Troussel demandent la suspension des travaux du CDG Express

le 13 décembre 2018

Anne Hidalgo, Maire de Paris, et Stéphane Troussel, Président du Département de Seine-Saint-Denis, demandent la suspension des travaux du CDG Express tant que des garanties n’auront pas été apportées pour améliorer en parallèle la qualité de service des RER et Transilien.

L’amélioration de la liaison de Paris à ses aéroports est un enjeu pour l’attractivité de la métropole parisienne, mais elle ne peut se faire au détriment des lignes utilisées quotidiennement par les habitants de la région parisienne.

La Ministre des Transports, Elisabeth Borne, l’a souligné plusieurs fois : "Il faut donner la primauté aux transports du quotidien". Or, le rapport réalisé par les services d’Ile-de-France Mobilités et présenté mercredi en conseil d’administration met en évidence de nombreux impacts du projet CDG express sur les RER et Transilien.

Pendant la phase travaux prévue de 2019 à 2024, le CDG Express va impacter l’infrastructure empruntée par les lignes RER B, RER D et le Transilien K ainsi que les lignes P et E lors de l’adaptation de la gare de l’Est. Des impacts sont aussi anticipés après l’ouverture du CDG Express. La ponctualité des lignes K et H pourrait être affectée. Le RER E sera également impacté par la réorientation des trains vers la Gare de l’Est. La capacité d’accueil sera alors réduite par le CDG express ce qui poserait problème non seulement au RER E mais aussi à la ligne P.

Ile-de-France Mobilités a formulé plusieurs demandes pour obtenir des garanties nécessaires au maintien de la qualité de service sur l’ensemble de ces lignes, que ce soit pendant les travaux ou pendant l’exploitation du CDG express. Des adaptations sont indispensables en particulier pour éviter l’effet de « boule de neige » en situation très dégradée. Dans l’attente de telles garanties, Anne Hidalgo et Stéphane Troussel demandent la suspension des travaux du CDG Express.

Pour la Maire de Paris et le Président du Département de Seine-Saint-Denis, il s’agit non seulement que le projet du CDG Express garantisse une meilleure qualité de service sur toutes les lignes du Nord Est parisien, mais aussi que toutes les mesures soient prises pour ne pas affecter les habitants du 18e arrondissement et de Seine-Saint-Denis vivant à proximité de la future ligne.

En effet, celle-ci traversera notamment le futur Parc de Chapelle Charbon puis traversera la porte de la Chapelle par le pont ferroviaire qui doit être rénové. Cette rénovation ne doit pas être faite au rabais et il faut assurer également que les nuisances sonores soient limitées au maximum. Le seul respect de la réglementation ne peut suffire et les mesures phoniques prévues dans le projet actuel doivent être renforcées.

La Ville de Paris et le département de Seine-Saint-Denis demandent également à l’État d’évaluer les solutions de transport alternatives, et en particulier l’utilisation de voies réservées sur les autoroutes reliant Paris, la Seine-Saint-Denis et l’aéroport Charles de Gaulle pour développer des liaisons efficaces qui pourront dans les prochaines années grâce aux technologies de conduite connectée et autonome, apporter une qualité de déplacement qui rivalise avec le transport ferroviaire.

Enfin, ils demandent l’étude de la mise en place d’une voie dédiée au covoiturage et à des lignes de bus express sur l’A1, avant même l’arrivée de véhicules autonomes, réflexion qui devra inclure l’optimisation d’usage de la bande d’arrêt d’urgence.

Ils rappellent par ailleurs que, si leur détermination à faire de Paris et de la Seine-Saint-Denis des territoires attractifs pour les touristes et les investisseurs reste intacte, rien ne vient démontrer aujourd’hui que le CDG Express y contribuerait significativement. Toutes les alternatives doivent donc être mises aujourd’hui sur la table pour éviter que le CGD express ne devienne, dès son inauguration, une liaison obsolète et néfaste pour les transports du quotidien.

$
À LIRE AUSSI

Grand Paris : les départements d’Ile-de-France font front commun contre un big bang institutionnel

Mardi 10 octobre, le président de la Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel a dit aux côtés des présidents des 6 autres départements d’Ile-de-France sa ferme résolution de ne pas laisser la réforme du Grand Paris en approche casser l’outil opérant des Départements.

À LA UNE
Dans  Espace presse

Egalité Femmes-Hommes... Actions !

2019 sera plus que jamais l’année de l’égalité femmes-hommes en Seine-Saint-Denis.


Rencontre avec Adrien Taquet, secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance : Stéphane Troussel appelle à des Etats généraux de la protection de l’enfance

Parfois caricaturée, souvent ignorée, l’aide sociale à l’enfance est pourtant centrale pour protéger les enfants mais aussi pour les accompagner vers l’autonomie. Cette politique publique majeure appelle maintenant des réponses fortes et concrètes qui ne pourront pas faire l’économie d’un engagement et d’un investissement total de la part de l’Etat, mais aussi d’une élaboration commune avec les départements et les acteur.rice.s les plus investi.e.s. C’est ce message responsable et exigeant que j’adresse aujourd’hui même au secrétaire d’État à la protection de l’enfance au cours de notre rendez-vous de travail.







Stéphane Troussel, Christian Favier, Marie-Christine Cavecchi et Patrick Septiers demandent de vraies garanties pour les transports du quotidien et leur priorisation avant toute décision sur la poursuite du projet du CDG Express.

L’amélioration de la liaison de Paris à ses aéroports ne peut se faire au détriment des transports du quotidien, et elle ne passe pas uniquement par la construction d’un train express. Or, la ministre des transports semble conditionner l’amélioration des conditions de transports des 900 000 usager.e.s quotidiens du RER B à la réalisation de ce transport qui ne concernera hypothétiquement que 20 000 usager.e.s occasionnel.le.s. Si des garanties ne nous sont pas apportées concernant les transports du quotidien, nous le disons : nos collectivités ne participeront à aucune avancée opérationnelle sur le CDG Express.


Le "grand débat national" arrive en banlieue : Empêcher l’"opération de com", mettre le pied dans la porte

Ce soir, Emmanuel Macron réunissait des élu.e.s de banlieue pour leur parler « grand débat national » dans l’Essonne. De ce déplacement du président en banlieue, nous n’attendons à vrai dire pas grand-chose, et nous craignons que cette « opération de reconquête » soit plus à destination des chaînes d’information que des habitant.e.s. De la mobilisation des élu.e.s et acteur.rice.s de terrain, nous attendons bien plus. Mettons le pied dans la porte entrouverte par le gouvernement, pour aborder les vrais sujets qui intéressent les Français.es : justice sociale, égalité territoriale et redistribution des richesses.

0 | 10 | 20 | 30 | 40 | 50 | 60 | 70 | 80 | ... | 370